05/02/2016 15:46
28 Novembre 2012
Oui, la vie est un cadeau magnifique, mais l'amour peut menacer de se noyer tout au long !
La mort ne vient-elle pas comme le dernier mot d'une longue, parfois belle, histoire. Peut-on croire qu'elle soit vraiment le terme de notre vie ?
Il me semble que de mort naturelle ou non, nous y sommes contraints. La quête pour l'homme de l'immortalité est
un vieux fantasme, et la plus grande menace pour l'humanité !
« La mort ôte (à la vie), par principe, toute signification » dit un jour l'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre.
Dans le dernier entretien accordé à un célèbre journaliste un mois avant sa mort, il déclara : « Je me suis trompé, j'aurais dû, avant, introduire la catégorie d'espérance. »
Julien a 56 ans.
Il est condamné. Atteint d'un cancer généralisé, il se retrouve dans une unité de soins palliatifs. Il y a six mois, il était encore directeur d'une agence de voyages en banlieue parisienne.
Ce qui l'intéressait : la réussite et l'ambition.
Sa femme
va prendre en main l'agence en suivant les conseils journaliers de Julien. Chaque jour, elle vient le voir pour passer de longs moments avec son mari. Son amour est beau à voir.
Je m'apprête à quitter sa chambre.
Julien me demande alors de téléphoner à sa femme :
« Là, prenez dans le tiroir, le petit carnet… Cherchez le numéro de téléphone de l'agence, appelez ma femme. Dites-lui de venir. Qu'elle se dépêche, c'est la fin »
Je
cherche dans le tiroir : des tickets de loto, une carte postale de Provence, un briquet et une photo de sa femme.
Je trouve le répertoire
et le numéro :
-
Julien voudrait que vous veniez très vite, dis-je à sa femme.
- J'ai encore du travail…réplique-t-elle. Je lui avais dit que je viendrai après le déjeuner.
Julien me regarde d'un air implorant :
- Tout de suite, qu'elle vienne tout de suite. J'insiste.
- Vous pensez que c'est la fin ? Articule-t-elle à mi-voix.
- Oui, je le pense.
Elle raccroche. A-t-elle saisi l'urgence ?
Pendant
ce temps, Julien respire de moins en moins bien. Il jette sa tête sur l'oreiller : « Que c'est dur de mourir ! ».
La femme de Julien arrive… Julien ouvre les yeux dès son arrivée.
« Tu ne t'es pas pressée », reproche-t-il à sa femme.
Puis son ton s'adoucit : « Je t'attendais pour mourir ».
Elle demeure maîtresse d'elle-même, s'assoit tranquillement tout près de lui et, joue contre joue, lui murmure des mots tendres.
« Mon chaton, mon chaton, je suis là, je t'aime… »
Je les laisse pudiquement tous les deux seuls, dans ce duo de tendresse. Ils resteront enlacés une vingtaine de minutes, unis dans un même dialogue. L'amour était-elle plus forte que la
mort…
Ne l'entendant plus respirer, elle ne sourit plus…
La respiration de Julien, son compagnon de vie, devient imperceptible…Il ne se réveillera plus...
Son désir, au fond, c’était ce qu’il possédait ou au moins…ce qui lui sert à tenter d’oublier qu’il ne possède plus rien ! Pour illuminer enfin la vie de sa femme totale.
L’homme n’est qu’un jour de misère.
Juste un peu…
Entre deux « néants » n’est-ce pas ?
(Rassurez-vous, ce n’est qu’une fable…)
