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29 Août 2012
L’opposition des sexes n’en n’a pas non plus.
C’est vouloir fragmenter ce qui est intimement lié et intimement lié en chacun de nous. Dire que les hommes viennent de Mars en
cherchant l’opposition pour dire de l’autre côté les femmes viennent de Vénus, c’est installer une division dans l’unité, c’est fragmenter l’unité humaine. Ce n’est pas en fragmentant que
l’essence est mise en valeur.
Les
mots qui en français finissent par « té » désignent souvent une essence (la beauté, la créativité, l’inventivité, la bonté), l’essence de ce qui est beau, de l’acte créatif, de l’acte
inventif, de l’acte bon). Une essence est l’universel qui se réalise dans le particulier.
Dans tout acte courageux, il y a l’essence même du Courage.
Dans toute femme réside l’essence de la Féminité. Ainsi entendue, la féminité n’est pas seulement l’image de la femme selon les mœurs
qui sont les nôtres (ceux de la postmodernité) qui veut qu’elle soit « féminine » selon la mode. Ce n’est pas seulement non plus la représentation culturelle de la femme (celle de
l’Occident, celle de l’Inde, celle du Japon, de la Chine, etc.).
La féminité, ce n’est pas seulement non plus ce qui est un caractère biologique quand à une fonction de la femme par rapport à l’homme : la femme, ce n’est pas seulement une femelle,
comme l’homme ne se réduit pas au mâle.
La
féminité enveloppe dans son essence ce qui est caractéristique de la femme, ce qui implique qu’il doit y avoir des valeurs féminines, une sorte de
direction de la Vie. Il doit y avoir une dimension intérieure de la féminité. C’est en cela qu’il est peut-être possible de parler d’un éternel féminin.
La direction féminine de la Vie, comme l’orientation masculine de la vie, sont des principes qui sont également présent
dans l’âme.
Platon dans le Banquet en donne le symbole sous la figure de l’Androgyne, un être dans lequel féminin et masculin sont réunis.
L'androgyne symbolise la figure de l’unité du Soi. Platon nous raconte que si les androgynes étaient très forts et purent défier les dieux, c’est qu’ils étaient Un et non-divisés.
C’est alors que Zeus prit la résolution de les couper en deux pour les rendre faibles, chacun devant alors retrouver sa moitié, l’homme cherchant la femme, la femme cherchant
l’homme afin de retrouver l’unité primitive. L’idée est donc que "l'âme" et trouverait sa totalité, son intégrité si elle retrouvait l’unité du féminin et du masculin.
S’il y a
déséquilibre dans la vie en faveur des valeurs guerrières du masculin, c’est peut-être justement qu’il est nécessaire de ramener la vie davantage dans sa direction féminine. Renouer avec la
féminité en soi.
Cette essence de la féminité, dans ses valeurs les plus délicates, dans tout ce que la femme peut représenter en terme d’amour, de compassion, de soin universel, de beauté, de délicatesse, dans ce que la femme incarne en tant qu’autorité tendre et ferme à la fois, nous ne pouvons pas ne pas penser que le monde de demain en a un urgent besoin.
André Breton disait « la femme est l’avenir de l’homme », ce n’était peut-être de sa part qu’un jeu de mots.
Nous pourrions en appeler le programme
et souhaiter que d’avantage de féminité descende dans ce monde brutal qui est le nôtre, nous du genre masculin.
Pourquoi ne pas vouloir un monde où les valeurs féminines seront enfin respectées comme des valeurs modèles ? Pourquoi ne pas tenter de reconstruire le monde sur un mode féminin ? Il y a une différence entre être femme et être féminine. Être femme est une caractéristique qui se fonde sur la nature. Être féminine est une caractéristique qui est une acquisition culturelle. Peut-être est-ce un faux débat : tout est naturel et tout est culturel en l’homme, ce n’est qu’une différence de concept, de point de vue qui nous fait privilégier soit ce que la nature a fait, soit ce que la culture reprend, modifie, interprète.
La
féminité est une essence, elle est intemporelle, tandis que l’image culturelle de la femme est, elle, temporelle, de même que le féminisme lui est historique. L’essence ne se laisse rencontrer
que dans la dimension de l’intériorité.
Il est assez remarquable de constater que cette dimension intérieure peut être appréhendée en contradiction avec la nature biologique. Est-ce seulement une question d’image
culturelle ? Non. Le problème ne se pose que parce qu’il y a une question d’identité.
Si je pense être un homme, si je pense que mon identité est masculine, et que la nature a fait de moi une femme, alors cette recherche de l’identité précipite la difficulté d’être dans un corps que je ne reconnais pas mien. Peut-être que je me trompe et que ma véritable identité est au-delà de cette opposition masculin/féminin. Les valeurs de la féminité ne se réduisent pas à en tout cas, à une caricature, telle que la femme-objet, pas plus qu’elles ne sont pleinement éclairées par le militantisme féministe.