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24 Septembre 2009
Le mot de « parité » des sexes a maintenant acquis droit de cité dans notre vocabulaire politique en notant que l’actuel gouvernement compte une Ministre déléguée à la parité !
Pour autant, le contenu de la notion elle-même, tel que le montrent les nombreux débats auxquels il a donné lieu et même le contenu de la réforme opérée pour l’inscrire comme « objectif » dans
notre arsenal juridique, dénotent que le concept est encore insuffisamment pensé et communément mal interprété, ce qui est d’autant plus préjudiciable que l’enjeu est important.
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler, d’entrée de jeu, que la démocratie est un idéal, infiniment perfectible.
En quoi donc le principe de la parité des sexes apporte-t-il sa pierre à la construction de la démocratie.
Essentiellement en ce qu’il donne à la notion de « peuple » qui, nous l’avons vu, constitue le fondement de la démocratie, un contenu nouveau, concret, en phase avec la réalité de la société
contemporaine. Or ces individus ne sont pas les êtres abstraits, asexués, sans visage auxquels se sont référés les textes fondateurs de notre civilisation, il y a plus de deux cents ans. Ils sont
par essence des femmes et des hommes dans leur spécificité sexuelle et leur égalité en valeur et en dignité. Aussi bien la doctrine paritaire implique-t-elle que le peuple soit vu désormais comme
l’ensemble des femmes et des hommes qui concrètement forment la nation.
La notion de parité des sexes implique que l’égalité en droit soit assortie d’une égalité
en valeur et en dignité des deux sexes. Là, l’idée est novatrice : la femme et l’homme sont dans un rapport nécessaire d’égalité non pas parce qu’ils sont des êtres humains, mais parce qu’ils
sont les deux formes de l’être humain incarné, ses deux faces, ses deux versions.
Dès lors les deux sexes ne peuvent être vus que dans un rapport d’équivalence – égalité en valeur et en dignité – exclusif d’une hiérarchisation… il n’y a pas de 2ème sexe – et de partenariat,
c’est-à-dire de parité. Le symbole de référence est l’amour qui consacre à la fois la réalité de la dualité sexuelle de l’être humain, l’incomplétude de chacune de ses deux identités et
l’interactivité de leur relation.

Par ailleurs l’identité sexuelle, à la différence de toutes les autres spécificités qui marquent
chaque individu n’est pas neutre. Elle génère un jeu complexe de rapports de pouvoir entre les deux pôles sexuels, rapports qui sont commandés par la finalité de la dualité des sexes qui est leur
fusion… Il en résulte que l’équilibre entre les deux sexes que postule leur égalité en valeur et en dignité ne peut s’établir de lui-même. Ainsi la dualité sexuelle implique la participation sur
un pied d’égalité des femmes et des hommes dans tous les lieux de débat et de décision, et ce dans tous les secteurs de la société, la vie politique et publique, le domaine juridique, l’éducation
et la culture, la vie économique et sociale et même la vie privée.
Une parité en trompe-l’œil
Les textes adoptés, s’ils peuvent contribuer à une féminisation de la vie politique
conformément à la volonté affichée par les initiateurs de la réforme, n’emportent pas une refondation de la démocratie que la parité suppose.

La loi introduit et favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives
et les partis politiques contribuent à la mise en œuvre de ce principe. Elle a pour objet d’instaurer une égalité femmes-hommes dans les candidatures à ces modes de représentation démocratiques.
Rien de plus. La double identité sexuelle du peuple souverain et son corollaire, l’exercice paritaire de la souveraineté ne sont pas
consacrés.
Le refus dogmatique de la parité homme et femme
ne peut valoir qu’avec des arguments.
Or il ne peut y avoir d’alternatives.
C’est un fait.
Ca mettra du temps, mais il le faut.