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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Comme le langage, la musique nécessite une écriture…

 

 

C'est Guido d'Arezzo, théoricien de la musique qui, en 1028, s'inspira d'un hymne des vêpres pour trouver un nom à chaque note de l'octave.
C'est tout simplement qu'il a détaché la première syllabe au début de chaque verset :

      Utqueant laxis
      Resonare fibris
      Mira gestorum
      Famuli tuorum
      Solve polluti
      Labii reatum
      Sancte Ionaes  

"Pour que puissent
résonner des cordes
détendues de nos lèvres
les merveilles de tes actions,
enlève le péché
de ton impur serviteur,
ô Saint Jean"


partition-musique2

 

Dans un premier temps, la gamme utilisée par Guido d'Arezzo ne comportait que 6 notes. On a donc obtenu : ut, ré, mi, fa, sol, la.

  • - Le « si » n'est nommé qu'à la fin du 16ème siècle grâce au moine français Anselme de Flandres.
  • - Le « ut » deviendra « do » au 17ème siècle, sans doute pour une plus grande facilité de prononciation dans le chant.

A savoir : la notation alphabétique était en usage avant la trouvaille de Guido d'Arezzo, mais elle montrait des limites en matière de mémorisation et de chant. Elle est pourtant encore d'actualité dans les pays anglo-saxons et en Allemagne notamment :

 

          A     B     C     D     E     F     G
          La   Si    Do    Ré   Mi   Fa   Sol

 

Guido_dArezzo.pngGuido d'Arezzo (990/1050) est un moine bénédictin.

 

Dans sa communauté religieuse de Pomposa (Italie), il forme les jeunes chanteurs et poursuit ses études de musique liturgique.
Il deviendra théoricien de la musique en inventant la solmisation, ancêtre de notre solfège. Il s'agit en fait de l'aboutissement de sa démarche d'enseignant. Car pour faciliter et accélérer l'apprentissage du chant à ses élèves, il a voulu mettre au point une méthode plus simple et efficace que ce qui existait.

Avant la solmisation, c'était plutôt le règne de la mémorisation pure à partir de l'écoute et la répétition de mélodies des années durant pour que tout finisse par rentrer. Un jeune moine mettait ainsi près de 10 ans à acquérir l'ensemble du répertoire de son ordre ou abbaye ! Il faut également rappeler qu'aux débuts de la musique liturgique, le chant se devait d'être aussi simple et dépouillé que les moines qui le chantaient. Parce que seules comptaient alors vraiment les paroles et l'on se devait de rester modeste pour s'adresser à Dieu. C'est ce qui explique le dépouillement des chants, au moyen âge, et la lente évolution des manuscrits de musique et du besoin de notation : plus la mélodie était sobre, comprenant peu de volutes et ornements, moins les indications étaient nécessaires.

 

C'est avec le chant grégorien que les choses vont vraiment évoluer.

 

Guido d'Arezzo va changer la donne :

  • Il rend systématique le principe de la ligne pour la transcription de la notation musicale et en ajoute deux à l'existant (4 en tout). Il fixe ainsi l'utilisation de la portée.
  • Les notes prennent donc une place précise sur les lignes et non plus en marge du texte
  • Les notes étant désormais fixées, elles peuvent facilement être repérées par le chanteur et donc identifiées. Il ne reste plus qu'à leur donner un nom....
  • Il décide donc de nommer les notes et trouve un moyen mnémotechnique (Hymne à St Jean) pour que ses élèves s'en souviennent).

Il fallait juste y penser......


 

 

COPYRIGHT-copie-1

 

 

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Samuel 03/09/2012 11:47


Bonjour André, je me suis longtemps demandé comment le solfège avait pris naissance . Merci de cet article qui m'apporte tant de réponses à mes questions. Musicien depuis longtemps, je n'ai plus
le temps de pratiquer un instrument. Quel dommage.... Mais je ne perds pas espoir... Cela détend de faire de la musique.


Amicalement

AD 03/09/2012 16:02



Nous ferons, si les circonstances géographiques le décident, une symphonie à quatre mains sur un piano !


Cordialement, André



Claire 31/08/2012 18:06


Article très instructif ... Effectivement il fallait y penser ...et trouver un système de référenciation. Merci d'avoir posté en début d'article
ce petit encart dans lequel il suffit de cliquer pour écouter de la musique. Ca aussi il fallait y penser ...! Ecouter du Vivaldi pendant qu'on fait un commentaire c'est très
ingénieux et très reposant ... Amicalement. 

AD 01/09/2012 05:45



Bonjour Claire,


Hé oui, les grands Maîtres du monde la musique - Mozart, Haydn, Shubert, Beethoven, etc...et j'en passe - ne peuvent occulter l'expectionnelle "Quatre
Saisons" du Maître Vivaldi...Un plaisir musical hautement "épicurien", un caractère symphonique empathique, une partition impossible de se défaire tant la lecture - donc l'ouïe sensitive
- que l'interprétation symphonique et donc l'émotion sont flattées. On en redemande à satiété sans se "gaver". Je suis quant à moi un "goinfre" de Vivalidi !


Amicalement,


André



Hélène 31/08/2012 18:01


Fantastique ...!


Moi qui ait si souvent lu et écrit des notes de musique ( piano et guitare) , j'ignorais tout cela. C'est une découverte pour moi.! La
première grande découverte pour moi avait été le jour où mon professeur d'orgue électronique m'avait révélé que j'avais "l'oreille parfaite" à savoir que je n'entends
pas des sons comme tout le monde mais que j'entends des notes. JE croyais que tout le monde en entendait !!!, mais non. Ceci est ma deuxième grande découverte , à savoir que les
notes portent le nom du début  de vers latins afférents à la musique ! . Grand merci ...
Bisessss

AD 01/09/2012 05:38



Oh !!!! Merci de cette intervention, surtout venant de la musicienne que tu es...


Beaucoup de pratiquants ayant bénéficié de l'enseignement de la musique, classique ou moderne, commence par le piano, puis "vire" vers d'autres
instruments. Tous ces adeptes dans leurs débuts découvrent la qualité formidable du SENS de l'écoute fusionnelle d'un language découvert, celui des notes "alphabétiques", par les gammes, les
notes et les partitions. Au début de l'initiation à la musique, le rituel au début est aussi brutal que l'apprenrissage d'une langue étrangère, mais c'est la pugnacité que se découvre la valeur
et le sens émouvant de l'association des notes, des improvisations, des découvertes de sons inconnus, de chants inconnus, symphoniques, gospels, jazz ou autres. La musique est UNE et
INDIVISIBLE.


Mon concertiste éminémment connu, et mondialement, restera longtemps Lang Lang. Mais il ne peut pas
échapper à mes souvenirs des illustres génies dans des univers de jazz gérant les claviers en virtuose émérites comme Petrucciani,  - hélas décédé aujourd'hui - capable de Tout sur un clavier.


Ayant commencé à être enseigné sur un piano à l'âge de 6 ans, il m'a fallu tellement d'efforts (obligés par ma douce Maman partie la-haut), pour que
je déploie mes remerciements indestructibles. J'ai adopté cet attavisme pour mes trois garçons, et hop, ils sont entrés en musique comme dans les "ordres". Un vrai
bonheur...


Merci encore.


Bises


ANDRE