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21 Novembre 2012
La vie artificielle, un spectacle de mensonges et d’apparences.
Le spectacle se présente comme une
énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue par sa
manière d’apparaître sans réplique, par son monopole de l’apparence et la toxicomanie...
En tant qu'indispensable parure des objets produits maintenant, en tant
qu'exposé général de la rationalité des systèmes, et en tant que secteur économique avancé qui façonne directement une multitude croissante d'images-objets, le spectacle est la principale
« production » de la société mondiale mais actuelle.
Le spectacle se soumet les hommes vivants dans la mesure où l'économie les a totalement soumis.
Il n'est rien que l'économie se développant pour elle-même.
Il est le reflet fidèle de la production des choses, et l'objectivation infidèle des producteurs et des politiques générales.
La première phase de la domination de l'Argent-Roi sur la vie sociétale avait entraîné dans la
définition de toute réalisation humaine une évidente dégradation de l'être.
La phase présente de l'occupation totale de la vie sociale par les résultats accumulés de l'économie conduit à un glissement généralisé de l'être au paraître, dont tout «avoir» effectif doit
tirer son prestige immédiat et sa fonction dernière.
En même temps toute réalité individuelle est devenue sociale, directement dépendante de la puissance, façonnée par elle.
En ceci seulement qu'elle n'est pas, il lui est permis d'apparaître.
La discussion creuse sur le spectacle, c’est-à-dire sur ce que font les propriétaires du monde, est ainsi organisé par lui-même : on insiste sur les grands moyens du spectacle, afin de ne
rien dire de leur « grand emploi ».
On préfère souvent l’appeler le médiatique.
La nouvelle richesse de la communication de tous par les mass-médias, communication enfin parvenue à la pureté unilatérale, où se fait paisiblement admirer la décision déjà prise.
Ce qui est communiqué, ce sont les ordres ; et, fort opportunément, ceux qui les ont donnés sont également ceux qui diront ce qu’ils en pensent.
De même que la logique de la marchandise prime sur les diverses ambitions concurrentielles de tous les commerçants, ou que la logique de la guerre domine toujours les fréquentes modifications de
l’armement, de même la logique sévère du spectacle apeuré des Citoyens du monde commande partout la foisonnante diversité des extravagances médiatiques.
La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux, qui sont : le renouvellement technologique incessant, la fusion économico-étatique, le secret généralisé, le faux sans réplique, un présent perpétuel.
L'ineptie qui se fait respecter partout, il n'est plus permis d'en rire. En tout cas, il est devenu presqu'impossible de faire savoir qu'on en rit ! Jaune, pour ma part !
Le choix de la liberté n’est pas aisé à faire
lorsque l’on est soi-même
sous l’emprise de faux-semblants
