05/02/2016 15:46
6 Avril 2012
Un mur se dresse devant le Président sortant.
Selon cette enquête, Sarkozy serait largement battu par François Hollande le 6 mai : 44% contre 56% !!!
Voilà plus d’un an que les sondages le donnent perdant. Elle n’en est pas moins préoccupante pour le candidat de l’UMP. Car, après s’être resserré, l’écart qui le
sépare de son rival se creuse de nouveau.
Sarkozy comptait sur sa campagne éclair pour faire la différence. Les résultats du premier tour le placent au coude-à-coude avec
Hollande. Hollande baisse certes, mais c’est un autre homme qui en profite : Jean-Luc Mélenchon. Le leader du Front de gauche, qui talonne la Le Pen, prend des voix à son ancien « camarade »,
mais mobilise aussi chez les abstentionnistes. Il est donc un concurrent de premier tour pour le socialiste, mais un renfort de poids au second.
Le chef de l’Etat, qui mise, lui, sur les voix des électeurs de François Bayrou et de Marine Le Pen pour combler son retard, a encore du chemin à
faire. Notre sondage montre que même de bons reports ne suffiraient pas à sa réélection. Depuis quelques semaines, il répète comme pour s’en convaincre qu’un scrutin n’est jamais joué d’avance.
Vrai, mais sa victoire sur le fil constituerait à coup sûr un cas d’école.
Crédité de 4% d’intentions de vote au premier tour en juillet, Jean-Luc Mélenchon n’a
cessé de voir sa courbe grimper, pour se stabiliser autour de 14%. Au coude-à-coude avec la Le Pen, le tribun qui appelle à la « révolution citoyenne » séduit au-delà de l’électorat du Front de
gauche.
Il siphonne l’extrême gauche, pioche des écologistes, charme des socialistes et réveille même des abstentionnistes. Son entourage se prend à rêver d’une accession au second tour. « Nous n’avons plus de limites! » s’enflamme Pierre Laurent leader du PCF. « Notre intention est d’être en tête de la gauche », assure Mélenchon lui-même. (On peut toujours rêvé ! L’écart est abyssal !). Mais si tel n’était pas le cas, il n’a pas fait mystère de ses intentions : il appellera à « battre Sarkozy ».
Sans attendre les préconisations du candidat, d’après ce sondage, 80% des électeurs de Mélenchon se reportent naturellement sur le candidat
socialiste.
Ces consignes de vote
n’auront pas de contrepartie puisque Mélenchon assure qu’il ne sera pas ministre d’un gouvernement socialiste.
Il n’entend pas non plus négocier des « dessous de table » avec ses anciens camarades du PS, dont la stratégie tangue entre appels du pied et tacles acerbes. Gérard Collomb, a ainsi qualifié d’« inapplicable » le programme de Mélenchon.
Arnaud Montebourg le comparait à un « Georges Marchais des temps modernes », avant d’évoquer la possibilité de négocier avec lui. « Sur les bases du projet Hollande, la
réponse est non », rétorque Eric Coquerel, conseiller spécial du candidat du Front de gauche, pour qui la bataille suivante aura lieu au moment des législatives. Il y a dix jours, Mélenchon a
assuré qu’il n’était pas candidat à une circonscription : ni député ni ministre. « Je suis une institution à moi tout seul », conclut-il sans excès de modestie !!!
