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19 Octobre 2009

Rumeurs et pénombre se recouvrent, se croisent, dans l'intensité
aride de la canicule.
L'interstice est l'âme du dispositif.
Il projette les raies fantasques de la nuit solaire sur la fraîcheur
du carrelage encore humide.
Des effluves d'anis hantent l'excitante obscurité des chambres
et dehors le silence épuisé raconte des étreintes impossibles.
Persiennes.
Le trouble de la nuit violenté par le jour, la déraison d'un soleil
sans fin heurté par des cieux presque blancs.
Persiennes.
Heures des siestes et de l'immobile pulsation.
Les persiennes estompent et révèlent. Complices de l'intérieur,
elles donnent à penser, à rêver souvent.
Dans cet intervalle du temps alenti et pesant les fragments
qu'elles composent de lumière et d'ignorance remplacent
le déroulement.
Les parallèles équivoques sur les murs ou les tentures, disent
la soif quand elles l'étanchent.
Seules dans le silence des villes étouffées, elles raniment par
leurs faisceaux brisés le rythme de l'écoulement.
Les persiennes enclosent des destins au repos pour ouvrir
leurs regards vers des lointains sans nom.
Elles scellent des prisons à rêves, des cages de liberté,
qui le soir venu les laisseront fuir avec le vent d'été.