05/02/2016 15:46
20 Avril 2016

Une grande partie de la vie s'écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie tout entière à faire autre chose.

Sur les dangers de la mode : la fréquentation du grand nombre
est notre ennemie :
il y a toujours quelqu'un pour nous faire valoir quelque vice,
ou l'imprimer en nous, ou, à notre insu, nous en imprégner.
Sur l'essence de nos nécessités : Les besoins naturels sont bornés;
ceux qui naissent d'une opinion fausse n'ont pas où s'arrêter;
le faux, en effet, n'a pas de limites.

Sur la nécessité de préparer l'avenir : Selon l'avis de nos ancêtres,
il est trop tard pour épargner quand on arrive au fond ;
ce n'est pas seulement, en effet, la part la plus petite
qui subsiste à la fin, mais la plus mauvaise.

Sur la meilleure manière de se comporter face aux menaces :
Si tu veux dépouiller toute inquiétude,
quelque événement que tu redoutes,
envisage sa venue de toute façon ;
et ce mal, quel qu'il soit, mesure-le toi-même
par rapport à toi et évalue ta propre crainte :
tu comprendras assurément que ce dont tu as peur est ou bien
sans importance ou bien sans durée.

Sur la cohérence nécessaire entre la morale et la loi :
Vis avec les hommes comme si les dieux te voyaient,
parle avec les dieux comme si les hommes t'entendaient. 
Sur l'urgence de vivre pleinement chaque instant,
sans artifice, sans leurre, sans virtualité :
Chaque jour nous mourons un peu plus

Chaque jour, en effet, nous est ôtée une part de la vie…
Alors même que notre âge s'accroît, la vie décroît... 
Comme ce n'est pas la dernière goutte qui vide une clepsydre ,
mais tout ce qui s'est écoulé auparavant,
de même l'heure ultime à laquelle nous cessons d'être
ne nous tue pas à elle seule : si c'est alors que nous parvenons à elle,
nous avons mis longtemps à y parvenir.
En ces temps d'artifice et d'injustice, il faut méditer longuement.