05/02/2016 15:46
14 Avril 2012
Quand le « Financial Times » se fait publiquement prendre pour cible par un chef d’Etat, il réplique, et rapidement. En publiant un éditorial favorable à un plan de relance par la croissance de la zone euro, le prestigieux journal de la City ne s’attendait sûrement pas à ce que Sarkozy lui consacre ne serait-ce que quelques secondes de son précieux temps de parole dans l’émission de France 2 « Des Paroles et des Actes » jeudi 12 avril.
L’article ne cite pas le nom de Sarkozy, mais constate que les politiques économiques d’austérité menées jusqu’ici ont échoué, et voit dans l’appel du candidat François
Hollande pour une « stratégie de la croissance européenne » un signe encourageant. Interrogé à ce sujet, le
« Président-candidat-sortant-("sorti ?") tient à répondre :
« Ils ne sont pas d'accord avec moi, ça me réjouit beaucoup figurez-vous parce que je ne suis pas d'accord avec eux. Le
« Financial Times », comme on dit dans les milieux informés, a toujours défendu le modèle anglo-saxon considérant que les Français étaient incorrigibles et que nous ferions bien mieux
de nous aligner sur le modèle anglo-saxon.
Le « Financial Times » estime depuis des années que la solution pour le monde, c'est qu'il n'y ait pas de loi (...) je pense exactement le contraire. Le Financial Times nous explique qu'il faut faire exactement comme la Grande-Bretagne, qui est dans une situation économique bien pire que la France. Donc moi, j'accepte bien volontiers qu'on nous donne des leçons, mais pas eux, et pas comme ça ! »
Une attaque insistante qui n’est pas restée inaperçue outre-manche, où le Financial Times a publié : « Eh bien, nous ne t’aimons pas non plus, Sarko » se moquant de la tentative du Président français de récupérer « les voix cruciales » anti « Financial Times ».
« L’économie française est si forte aux yeux du président qu’il a mis en garde la semaine dernière contre une « crise comparable à la
Grèce » si son rival Hollande gagne les élections. Pas un seul sondage n’a donné Sarkozy gagnant face à François Hollande. Nous doutons qu’il oserait critiquer le modèle
allemand. Le débat télévisé s’appelait Des Paroles et des Actes.
Sarko excelle depuis longtemps dans le premier de ces deux exercices. »
Le mois dernier, le quotidien de la City avait comparé la France de Sarkozy à la Russie de Poutine (!) comparé la France de Sarkozy à la Russie de Poutine à cause de la proximité entre les milliardaires et le monde des médias français, estimant que « les liens de Sarkozy avec les patrons de presse sont presque hilarants » et que « l'étreinte médiatico-politique de la France a atteint son apogée sous le président Nicolas Sarkozy ».