05/02/2016 15:46
28 Mai 2012

Une question se pose, c’est celle du « Centre », longtemps considéré comme le parti des mous ou des indécis.
Dans une logique de continuum, le Centre regrouperait les individus dont l’idéologie personnelle se situerait
entre celle de la gauche et celle de la droite. Encore faut-il cependant apporter des nuances à cette vision, car il n’est nul intérêt de considérer le centre lui aussi comme un bloc monolithique
autonome, n’en déplaise à François Bayrou.
En réalité, ce clivage, au-delà duquel on voudrait nous faire croire qu’il est impossible de penser, n’a d’autres réalités que dans l’esprit de l’électeur. Il existe en fait autant de tendances ou de sensibilités qu’il existe d’individus.
Cela reflète l’esprit français de tout vouloir systématiquement classifier, de
préférence dans une logique binaire et manichéenne. Or, force est d’admettre que ce clivage n’est qu’une construction de l’esprit destinée à faire fonctionner nos institutions politiques
démocratiques basées sur le bipartisme.
Enfin, bien sûr la majorité présidentielle actuelle qui siège sous la
houlette du Président de la République en pratique, même si le Parlement doit reporter au Premier Ministre selon la Constitution.
Cette large majorité de Députés et Sénateurs présente des affinités collectives
et individuelles qui ne sont pas organisées en « courants », mais les profils de carrière et d’étiquettes permettent de rassembler par « groupes » ces solidarités
informelles.
Libéraux
et conservateurs s’y retrouvent mais ils DOIVENT gouverner à la faveur des évènements mondiaux et nationaux.
En réalité, la seule doctrine qui vaille, la seule qui ne souffre pas de clivages, de nuances, c’est l’intérêt de la France et de son peuple qui est défendu de droite à gauche (du moins dans les paroles !).
La crise conceptuelle du
travail
Ce qui est finalement remis en cause, c’est la vision d’une société où tout serait rationnellement délimité. Le travail participe de cette perspective née des Lumières. Parce qu’il répond à certains critères (rémunération, etc.), le travail permet une classification.
Qui dit classification dit forcément exclusion.
Concrètement, elle
aboutit à exclure certaines activités du champ du travail, soit parce que non rémunérées (l’éducation des enfants par les parents), soit parce que difficilement matérialisables (la création de
l’artiste, la cogitation de l’enseignant). Un militant PS ou UMP, un bénévole des Restos du Cœur ou un membre de la LICRA ne travaille pas au sens précis du terme.
Doit-on en déduire que le travail est pour autant inactif ?
Ce serait oublier les
sacrifices dont il fait preuve. Les militants qui lisent ces lignes pourront se reconnaître, eux qui dépassent allègrement les 35 heures, sans être rémunérés…
On comprend mieux les contresens faits sur le travail. Ce qu’on dénonce à travers le refus du travail, c’est davantage l’inactivité que le fait de ne pas travailler. L’individualisme et le refus
de l’effort sont des problèmes généraux qui dépassent la simple question du travail.
Ce qui est finalement remis en cause, c’est la vision d’une société où tout serait rationnellement délimité. Le travail participe de cette perspective née des Lumières. Parce qu’il répond à
certains critères (rémunération, etc.), le travail permet une classification.
Qui dit classification dit forcément exclusion.
Concrètement,
elle aboutit à exclure certaines activités du champ du travail, soit parce que non rémunérées (l’éducation des enfants par les parents), soit parce que difficilement matérialisables (la création
de l’artiste, la cogitation de l’enseignant).
En réalité, la notion d’activité est beaucoup plus large que celle de travail. Il est même paradoxal que la crise du travail ne corresponde pas à celle de l’activité en général.
Malgré un chômage massif, on a vu
proliférer toute sorte d’engagement, allant du militantisme politique classique aux diverses formes de bénévolat, en passant par les engagements associatifs.
Les militants de tous bords qui lisent ces lignes pourront se reconnaître, eux qui dépassent allègrement les 35 heures, sans être rémunérés… On comprend mieux les contresens faits sur le travail. Ce qu’on dénonce à travers le refus du travail, c’est davantage l’inactivité que le fait de ne pas travailler. L’individualisme et le refus de l’effort sont des problèmes généraux qui dépassent la simple question du travail.
A travers ces diverses constations, il existe donc une crise du travail, déclinable sur de multiples plans.
En réalité, la notion d’activité ne travaille pas au sens précis du terme. Doit-on en déduire qu’elle est pour autant inactive ? Ce serait oublier les sacrifices dont elle fait preuve. Les militants qui lisent ces lignes pourront se reconnaître, eux qui dépassent allègrement les 35 heures, sans être rémunérés… est beaucoup plus large que celle de travail. Il est même paradoxal que la crise du travail ne corresponde pas à celle de l’activité en général. Malgré un chômage massif, on a vu proliférer toute sorte d’engagement, allant du militantisme politique classique aux diverses formes de bénévolat, en passant par les engagements associatifs. Les bonnes volontés, elles, ne chôment pas…
Pour ne pas conclure…
La fin du travail ? C’est allé tellement vite que le slogan « travailler plus pour gagner plus », n’attirait pas les « foules »… Mais on pouvait envisager en quelque sorte sa transformation, à l’instar de ce qui arriva au capitalisme « aveugle » lors du siècle dernier. Sans être remis en cause, il fut encadré par l’Etat-Providence. Pas plus que la famille, le travail ne peut disparaître. Par contre, sa réalité est appelée à être modifiée et amodié. Comment ? Il est encore trop tôt pour le savoir, même si, ici et là, des pistes se dessinent… Ainsi, il n’est pas interdit de voir dans les allocations familiales et autres revenus d’assistance (RMI ou RSA, etc.) la préfiguration de ce qui pourrait être un futur revenu universel inconditionnel. Mais il y d’autres circonstances compte tenu de la mondialisation des marchés et des crises politiques, ici ou là.
Les Présidents Charles
de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac ont tous, à un moment ou à un autre voulu remettre en cause ou « dépasser » le clivage
« Gauche/Droite » dans la société française. Nicolas Sarkozy s’était employé quelques jours seulement après son élection à la Présidence de la République.
Etait-ce une manœuvre électorale destinée à renforcer son assise et sa majorité ? Une volonté plus durable de « rassembler » les français au-delà de leurs convictions
? Les deux à la fois ? Il me semble intéressant d'engager une réflexion « rétroactive », un débat sur ce clivage, idéologique et historique que certains jugent archaïque et
dépassé, tandis que d'autres l'estiment indispensable et nécessaire.
La démocratie suppose alternances et
contrepouvoirs, mais aussi capacité de rassemblement et de gouvernement. Dans quelle mesure et sur quelles bases idéologiques ?
La France a longtemps opposé des choix de société, quand d'autres pays se satisfont d'une opposition sur des réformes ou des méthodes sans véritable remise en cause de leur type de société. Qu'en est-il aujourd'hui ? Des alternatives différentes doivent pouvoir être exprimées, débattues et défendues. La République a pour fondement que toutes les voix s'expriment dans un même cadre de valeurs qui doit s'y superposer.
Mais sur quelles valeurs se rassembler ?
Sur quels clivages faire vivre le débat démocratique et l'alternance ?
Sur ce vrai débat politique, de fond, des opinions divergentes doivent pouvoir s'exprimer avec clarté, courage, et respect.
Car toutes participent à notre essentiel :
Le droit de penser, dire, exprimer, celui de la liberté.