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13 Novembre 2009
Pour sa conférence de presse, Charles Pasqua avait annoncé le grand jeu. Cette fois-ci, il allait ébranler la République, il nous promettait même du
sang et des larmes. Malheureusement, pour reprendre l’expression de son ancien ami corrèzien, l’évènement a fait « Pschitt ! »…
Mais après tout, on aurait pu s’en douter, ce n’est pas la
première fois que Charles Pasqua, grand bluffeur devant l’éternel, agite le chiffon rouge. Nicolas Domenach le définit d’ailleurs comme un matamore, un « tueur de théâtre dont la lame se
rétracte quand il s’agit de poignarder ».
Bien sûr, il en veut toujours bougrement au couple Chirac-Villepin, coupable selon lui de
ne pas l’avoir sorti d’affaire mais cela suffit-il à les incriminer ? Le 27 Octobre, il a été à trois ans de prison fermecondamné dont deux avec sursis pour trafic d’influence passif dans
l'affaire de "l(Anglagate". Il aurait décerné l’ordre national du mérite à Arcadi Gaydamak contre le paiement de 1,5 million de francs.
L’ancien Ministre de l’Intérieur s’en défend et aurait souhaité que Jacques Chirac fasse
de même. Selon Charles Pasqua, cette distinction était méritée puisque Gaydamak avait apporté son aide à la libération des deux pilotes français détenus en Bosnie en 1995. Et clame à qui veut
l’entendre, qu’il n’est pas homme à se « prostituer pour la vente d’une décoration ».
Charles Pasqua ne souhaite en tout cas pas plonger tout
seul et passe donc à l’offensive. Au cours d’un réquisitoire long et redondant, il a invoqué à plusieurs reprises une note déclassifiée de la DGSE du 6 Décembre 1995 qui apporterait la preuve que
les plus « hautes autorités de l’époque » (Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Bertrand Landrieu, Jacques Foccart, Hervé de Charette, Charles Million) étaient au courant de la vente
d’armes en Angola. Mais cet élément était déjà dans le dossier d’instruction et ne modifie en rien son sort puisqu’il n’est pas condamné pour trafic d’armes mais bien pour trafic
d’influence. De plus, Jacques Chirac ne peut guère être inquiété par cette affaire puisqu’il pourra légitimement invoquer la raison d’Etat.
Charles Pasqua n’a pas épargné non plus le juge d’instruction Phillipe Courroye pour
lequel il n’a pas eu de mots assez durs. Il l’accuse d’avoir dirigé une « une instruction uniquement conduite à charge » et sous entend que l’objectif de la manœuvre était d’empêcher sa
candidature aux élections présidentielles de 2002.
Aujourd’hui Charles Pasqua cherchait à passer pour le grand chantre de la transparence.
Il annonça même son intention de lancer une pétition auprès des parlementaires afin d’obtenir la levée du secret défense dans toutes les affaires de ventes d’armes depuis 2002. Mais ça n’inquiète
visiblement pas Jacques Chirac qui s’y est déclaré le soir même.
L’ancien Ministre de l’Intérieur a également réclamé avec malice, la constitution d’une commission parlementaire « qui pourrait être présidée par le
président de la Cour des comptes », c’est-à-dire par son vieil ami Philippe Séguin.
Mais lorsqu’en fin d’allocution, il a du répondre aux questions des journalistes, il fut beaucoup moins prolixe et ne cessa de botter en touche. Avec son verbe truculent et sa gouaille légendaire
(Pffff), on avait parfois l’impression de revoir l’ancien Directeur de Ricard plutôt que le Ministre d’Etat.
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