05/02/2016 15:46
12 Janvier 2010
Le débat sur le port de la burqa passionne. Thierry Ardisson a créé la sensation en confrontant, samedi, sur le plateau de Salut les Terriens ! (Canal +) une jeune femme entièrement voilée, prénommée Dalila, face à Jean-François Copé, le chef du groupe UMP à l'Assemblée, et Roland Dumas, l'ancien président du Conseil constitutionnel. La joute entre ces trois personnes a été vue par plus de 2 millions de téléspectateurs.

À ce moment de l'émission, avec 8,2 % de part d'audience, Canal + devance M6 (8,1 %). Roland Dumas a pris
fait et cause pour le port du voile intégral, qualifiant de "vichyste" la législation anti-burqa que Jean-François Copé entend faire voter à l'Assemblée. Une attaque qui a beaucoup affecté le
leader du groupe UMP, incrédule face au terme de "vichyste" employé par l'ancien compagnon de route de François Mitterrand...
Dalila, dont on ne pouvait apercevoir que les yeux, est originaire de Chenôve, une banlieue populaire au sud
de Dijon et étudie à la faculté de droit de Dijon. "Nous cherchons un témoignage depuis la rentrée de septembre, explique Stéphane Simon, le producteur de l'émission. Toutes les jeunes femmes que
nous avons contactées ont refusé. Vers Noël, une personne pressentie a finalement renoncé face à la perspective d'être confrontée à un homme politique. Dalila a, quant à elle, donné son accord en
toute connaissance de cause. Elle a demandé un délai de réflexion de 24 heures. Nous lui avons garanti qu'elle pourrait raconter son histoire, c'est-à-dire qu'elle serait traitée à l'égal des
témoins que Thierry Ardisson reçoit dans la troisième partie de l'émission." Il fallait éviter que l'émission tourne au tribunal. Elle a pu rencontrer Thierry Ardisson deux heures avant le début
de l'enregistrement (le jeudi 7 janvier).

La jeune femme fond en larmes
Stéphane Simon a, par ailleurs, vérifié que Dalila n'était pas une simulatrice. Des reporters ont été envoyés sur le terrain, à Chenôve, afin de mener une enquête de voisinage. Tous témoignent
que Dalila et sa soeur jumelle portent la burqa depuis quelques années. Du reste, sa soeur avait accompagné Dalila et se tenait en régie lors de l'interview. À la sortie de l'entretien, la jeune
femme, peu habituée à la pression, s'est effondrée en larmes.
La jeune Bourguignonne a expliqué que le port de la burqa n'était nullement pour elle un signe de soumission
à une quelconque autorité masculine. Son choix est, selon ses dires, dicté par des considérations d'exégèse religieuse. Une interprétation aussitôt contestée par Jean-François Copé qui se fonde,
pour sa part, sur l'avis du Président du Conseil Français du culte musulman (CFCM), Mohamed Moussaoui. Peine perdue, Dalila a nié les compétences religieuses des représentants français du culte
musulman.
Selon Jean-François Copé, le voile intégral pose deux types de problème : le premier tient au fait que le
visage humain participe du "vivre ensemble" dans une société démocratique. D'autre part, le visage découvert est une condition nécessaire afin que la sécurité des personnes puisse être assurée.
Le leader de la majorité parlementaire à l'Assemblée a pris l'exemple des enfants à la sortie de l'école : "Un enseignant doit pouvoir reconnaître la personne à qui il remet les enfants." La
jeune femme a admis se dévoiler le visage pour répondre à des besoins de sécurité ou d'identification spécifique. Par exemple, lorsqu'elle passe des examens à la fac, elle retire sa burqa. Elle
s'est dite également opposée à l'asservissement des femmes tel qu'on le constate dans certains pays musulmans, citant l'Arabie saoudite.
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