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16 Mars 2012
Entre pudeur et esquive, le candidat socialiste évite certains sujets, qu'il s'agisse de sa vie privée ou de son
programme. Une stratégie pour éviter les conflits, tenter d'être insaisissable et se concentrer sur un seul adversaire : Nicolas Sarkozy.
Et pourtant jusque là, François Hollande n'aimait pas se dévoiler. Il appartient à la race des grands pudiques. Sous la pression de ses conseillers, à l'approche de la campagne présidentielle, il s'est fait violence en parlant de sa vie privée. Encore ses confidences sont-elles rares, pesées, soupesées.
On sait maintenant que Valérie Trierweiler (journaliste très connue et appréciée de son milieu) est la
« femme de sa vie », que sa mère travaillait comme assistante sociale et était d'une « infinie gentillesse ». Elle lui a « transmis l'ambition d'être utile ». Les
rapports entre père et fils étaient plus complexes, marqués par des divergences politiques.
Dans
« Changer de destin » (Robert Laffont), le candidat consacre une page, une seule, à ses parents. Il assure pourtant, en
préambule de l'ouvrage, vouloir raconter « franchement » son parcours: « Comme écrivait Montaigne dans ses Essais, je veux qu'on m'y voie dans ma façon d'être, simple, naturelle et
ordinaire, sans recherche ni artifice : car c'est moi que je peins. « Noble entreprise ! »
François Hollande n'est pas homme à exhiber ses parts d'ombre. Il ne s'épanche pas. Il évite les sujets qui fâchent. Comme sa rupture, aux conséquences si
politiques, d'avec Ségolène Royal. Les cicatrices du passé, il les suture grossièrement. Au Bourget, il revenait brièvement son enfance à
Rouen, dans une famille « plutôt conservatrice ». Plutôt ?
Si sa mère était de gauche, son père milita à l'extrême droite, dans la mouvance de l'avocat Jean-Louis
Tixier-Vignancour et des organisations proches de l'OAS.
Il n'aime pas davantage se dévoiler sur le plan politique. Il a des convictions sociale-démocrates et farouchement européennes, mais c'est aussi un pragmatique, qui avance prudemment sur le terrain des idées. Face au gros temps, il essaie de ne pas subir les bourrasques, fait marche arrière s'il le faut…
Il s’apprête à être Président de la République, même s’il ne cesse à chaque fois de répéter « Si le peuple français me choisit », ou des locutions synonymes…Très bon coaching de ses « Hommes de l’Ombre ».
