05/02/2016 15:46
4 Septembre 2012
Trois fonds, LuxAlpha, LuxInvest et
Thema, ont été siphonnés par M. Madoff. Les deux premiers sont gérés par la banque suisse UBS au Luxembourg et le troisième par la britannique HSBC en Irlande. La "valeur nette d'inventaire" de
ces fonds est aujourd'hui égale à zéro. Aujourd'hui, UBS et HSBC nient toute responsabilité.
L'établissement
britannique déclare sur son site Internet qu'elle "ne croit pas que les techniques (custodial arrangements)" qui ont permis à des particuliers d'investir chez M. Madoff
"représentent un risque pour le groupe".
UBS, de son côté, affirme qu'elle n'a jamais recommandé à personne d'investir chez M. Madoff. Elle a fourni une assistance technique à des clients qui avaient des demandes spécifiques.
Un responsable de la communication confie : "Les gens riches dînent ensemble et se repassent les bons tuyaux. LuxAlpha, nous l'avons créé à la demande de clients qui voulaient du Madoff."
La résistance s'organise.
Isabelle Wekstein, avocate
d'affaires, regroupe un ensemble de clients institutionnels et particuliers qui ont perdu 50 millions d'euros dans l'affaire. Deminor, qui défend les minoritaires, gère les cas d'une trentaine
d'investisseurs qui ont perdu 80 millions d'euros. En partenariat avec des avocats suisses et luxembourgeois, le cabinet Lecoq Vallon & Associés défend des personnes qui disposaient "d'une
épargne conséquente", supérieure à la centaine de milliers d'euros, et qui ont perdu en proportion, jusqu'à 3 millions d'euros pour les plus malchanceux.
Ces clients avaient investi dans de l'assurance-vie ou confié leur argent à des sociétés de gestion. "Nous préparons des assignations en justice, sans cette pression-là, les établissements financiers n'indemniseront pas !".
Les stratégies juridiques varient mais se
focalisent toutes autour de la transparence du marché des capitaux européens et des obligations des établissements financiers. "LuxAlpha et Thema jouissaient d'un passeport européen "Ucits
III", indique Fabrive Rémon, patron de Déminor, il s'agit d'une norme qui garantit la sécurité des investissements partout dans l'Union européenne (UE)." En réalité, le passeport
européen soulève des questions d'interprétation qui n'ont pas encore été réglées.
Colette Neuville, présidente de
l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), paraît révoltée par le silence des institutions. " L'UE a institué la liberté de circulation des capitaux, des directives fixant
les responsabilités des gestionnaires d'OPCVM ont été émises et ces directives ont ensuite été transposées dans le droit des Etats membres. En principe, il n'y a pas d'échappatoire : un
investisseur de l'UE doit recevoir la même protection dans tous les Etats membres. Je suis stupéfaite que la Commission ne dise rien."
La finance est l’art de faire passer l’argent de mains en mains, jusqu’à ce qu’il ait disparu !
