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17 Mars 2012
Pendant la campagne des primaires socialistes, autour de François Hollande, elles étaient tout simplement introuvables : les femmes. Entouré de ses amis, ceux de
l'ENA - Michel Sapin en tête ou Jean-Pierre Jouyet dans l'ombre - et ceux de la traversée du désert - Faouzi Lamdaoui, Stéphane Le Foll, ou encore Bruno Le Roux -, le candidat à l'investiture
présidentielle laissait à Martine Aubry
le monopole des propositions en direction des femmes. Elle le jurait : sa première mesure serait l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Mais c'est
François Hollande et sa priorité à la jeunesse qui l'ont emporté.
Une fois désigné pour représenter le PS dans la mère des batailles, il a tout de même dû combler cette faille. Le jeu du rassemblement l'y a aidé. Le 16 novembre,
il dévoile son organigramme de campagne à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Tous les courants du PS sont représentés. Deux des quatre porte-parole qui l'entourent sont de jeunes élues
:
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, et Najat Vallaud Belkacem,
adjointe du maire de Lyon, Gérard Collomb. Seuls huit pôles thématiques sur vingt-deux sont dirigés par des femmes, mais certaines peuvent espérer un ministère en cas de victoire.
Ministère du Droit des femmes
Parmi
celles qui s'expriment depuis le début de la campagne : Marisol Touraine, ancienne strauss-kahnienne, en charge du pôle santé, est souvent évoquée pour obtenir ce maroquin.
Aurélie Filippetti en charge de la culture et
Fleur Pellerin en charge de l'économie numérique, chacune
empiétant sur le territoire de l'autre, ne s'entendent guère, mais elles auront sans
doute des fonctions importantes.
Tout comme Valérie
Fourneyron, maire de Rouen, ville natale du candidat, dont le nom circule pour le ministère des Sports.
Surtout, François Hollande ne tarit plus d'éloges sur son ancienne meilleure ennemie Martine Aubry, sur « sa présence et sa loyauté ». La première secrétaire semble aujourd'hui en tête de la course à Matignon, ce qui, en termes de symbole, serait un très bon point pour le député de Corrèze. Quant à son ancienne compagne, et ex-candidate à la présidentielle, le cas est si épineux que le candidat a souhaité le régler avant même son élection : il a promis à Ségolène Royal la présidence de l'Assemblée nationale.
Du côté des
propositions, François Hollande a repris celle de Martine Aubry sur l'égalité salariale, ou plus exactement l'application de sanctions aux entreprises n'appliquant pas la loi existante. Il veut
créer un ministère du Droit des femmes, dont il n'a pas précisé s'il devait revenir forcément à une femme. En revanche, il a promis la parité dans son gouvernement. Un beau défi. Le rassemblement
avec les partenaires de gauche lui permettra peut-être de compléter sa liste.
