05/02/2016 15:46
14 Mars 2012
Une écriture adéquate au rythme d'Elena, avant et après la prise de son second cachet, « Elena transforma ses mouvements en ébauches indignes ». Deux autres cachets durant cette journée de déplacement, de recherche et de quête. Dérisoires mais utiles cachets contre un Parkinson.
Elena n'accepte pas le suicide de sa fille Rita, n'accepte pas que cela soit un suicide, surtout par jour de pluie dans le clocher d'une église.
Incapable d’enquêter, elle ira voir Isabel. Cette Isabel qu'elle et sa fille ont sauvée, qui lui doit comme un service inversé pour cet hier d'il y a vingt ans.
Durant ce terrible voyage, au gré de la maîtrise de ses organes ou de leur non contrôle, « son temps qui n'a rien à voir avec les aiguilles », des bribes de passé, Rita, Elena, Isabel, des réflexions sur soi, sur les relations avec sa fille, sur les chats, sur cette salope de maladie...
Derrière les histoires remémorées, la relation à l'autre, aux autres.
Un autre récit, une autre mémoire. La discordance brutale des situations, la mise à nue d'une violence, celle des bons sentiments qui dépouillent autrement mais tout aussi efficacement que la maladie.
L'écriture nous plonge dans cette obstination à avancer, malgré Elle, malgré la salope. Et sous la lenteur des déplacements, de la pensée errante, une violence multiforme...
Ne pas accepter...
(Claudia Pineiro : « Elena et le roi détrôné », Traduit de l'espagnol Argentine par Claude Bleton, édité par « Actes sud »)
