"Dormir en chien de
fusil"
Dormir sur le côté, les jambes ramenées vers le menton.
Selon Rey et Chantreau, l'expression serait un jeu de mot élaboré à partir des deux sens du terme chien. Ils n'en disent pas plus.
Alors réfléchissons...
Côté 1, nous
avons le chien, pièce d'armurerie déclenchant le départ du projectile (la balle) placé dans le canon d'une arme à feu.
Bien que la pièce en elle-même soit courbée et puisse, en stylisant à
l'extrême le trait de crayon, ressembler vaguement à une silhouette humaine en position latérale, il me paraît plus logique d'imaginer que le parallèle ait pu se faire avec l'idée de "repos" de
l'arme, sachant qu'on parle d'arme "au repos" lorsqu'elle n'est pas utilisée.

Côté 2, nous avons l'animal domestique, adoré ou détesté. Mammifère quadrupède qui,
dans la majorité des cas, dort sur le flanc.
Attention, j'ai bien précisé, pour les esprits tatillons, que les chiens dormaient
"dans la majorité des cas" sur le flanc.
Car, tout comme vous probablement, il m'est arrivé de
voir certains d'entre eux étendre leurs pattes arrières de telle manière qu'ils étaient totalement sur le ventre, les quatre pattes
parfaitement étendues, et de dormir ainsi.
Mais les expressions généralisent, donc généralisons le sommeil du chien à sa position
latérale. Position qui peut alors être comparée à celle d'un Homme allongé sur le côté, les jambes ramenées vers le
haut.
C'est ainsi qu'un seul terme semble regrouper à la fois une image physique du
sommeil, et l'idée même de repos, et que nous pouvons rejoindre Rey et Chantreau dans leur conclusion, puisque on peut être d'accord avec les mêmes chemins
analytiques...