05/02/2016 15:46
2 Février 2010

Le moteur de recherche a menacé le 12 janvier dernier de se retirer de Chine, après des actions de piratage visant des militants des droits de l'homme chinois. Si beaucoup voient dans ce geste une opération de communication, le quotidien américain de la Silicon Valley salue une première qui pourrait inspirer d'autres multinationales.
Parmi les nombreuses implications que peut avoir la décision de Google de ne plus
censurer les résultats des requêtes sur son moteur en Chine, il y en a une qui est claire : cela permet à l'entreprise de se remettre en conformité avec sa devise "Don't be evil"
["Conduis-toi bien", devise largement tournée en dérision lorsque Google avait décidé de s'implanter en Chine en 2006].
Cette décision est peut-être davantage motivée par des raisons financières que par la volonté d’accomplir une bonne action. Google risque de perdre des milliards de dollars en se retirant de
Chine, mais, au bout du compte, le tort causé à son image par les failles de son système de sécurité et sa collaboration avec la censure chinoise peut lui coûter beaucoup plus cher encore. Quelle
qu’en soit la raison, l'entreprise prend résolument position dans la lutte pour les droits de l’homme et contre la censure en Chine. Bravo, Google !
Cela pourrait signifier un tournant dans les relations entre les autorités chinoises et
les entreprises qui souhaitent s’implanter dans le pays. Longtemps, les multinationales ont considéré qu’elles devaient à tout prix commercer avec la Chine, même s’il fallait pour cela se
soumettre à des réglementations oppressives, voire immorales. Peu étaient disposées à se passer d'un marché affichant une croissance annuelle d’environ 10 %. Mais la décision de Google pourrait
en pousser d’autres à se demander si ce jeu-là en vaut la chandelle. D’ores et déjà, elle relance un débat de longue date sur la censure en Chine, ce qui est forcément une bonne chose.
Personne ne s’attend à ce que le régime chinois change brutalement de comportement. A court terme, ces événements risquent de conforter les autorités dans leur volonté de contrôle. Mais, avec le
temps, l'initiative de Google peut encourager des réformes que la pression des seules organisations de défense des droits de l’homme n’aurait jamais suffi à déclencher.