05/02/2016 15:46
4 Octobre 2014
Mais les voix que l’on donne à entendre s’expriment pour la plupart des États-Unis ou d’Europe occidentale. Un rapide tour du monde, certes subjectif, permettrait cependant de mesurer les effets contrastés de l’écroulement de Wall-Street, et un certain raidissement nationaliste un peu partout.
On nous apprend que le pire est à venir, non plus sur la planète financière quelque peu virtuelle, mais sur l’économie réelle. Malgré un système bancaire beaucoup plus solide qu’aux États-Unis, le quotidien juge que "la distorsion entre l’économie dite réelle et la crise financière (…) ne pourra persister".
Ce pays estime que Washington réussira rapidement à enrayer la chute avec son plan de sauvetage, mais que s’il était un contribuable américain, il serait certainement très fâché d’avoir à payer les pots cassés. Par ailleurs, le gouvernement travailliste australien vient de prendre de nouvelles mesures de régulation de la finance en même temps qu’un dispositif d’incitation à la construction écologique comme si réchauffement climatique et surchauffe boursière étaient liés…
Elle a même plongé aussi vers les abysses, et que le seul moyen de surnager est de réaliser une sorte d’union nationale de combat, entre les grandes compagnies et le gouvernement. D’autant plus que les liquidités dans ce pays viennent à manquer, de nombreux citoyens exigeant de plus en plus souvent de la monnaie sonnante et trébuchante lors des transactions.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie de l’Inde a tranquillement affirmé que "l’atmosphère sombre planant sur l’économie mondiale, ne touchait pas l’économie indienne, parce que celle-ci n’est pas exposée au marché du crédit hypothécaire".
Il a invité les investisseurs de la planète à gagner cet endroit si miraculeusement stable.
Les relations avec les États-Unis n’étant pas au meilleur de leur histoire, la tête bicéphale du pays Poutine/Medvedev, obligée de secourir la jeune bourse de Moscou, s’est quelque peu énervée contre la mauvaise gouvernance de George W. Bush.
Le quotidien pro-gouvernemental Izvestia se gausse des titans sombrant en Titanique, et remarque que le malheur des uns fait le bonheur de la résurgence patriotique et nostalgique au sein de la société russe.
Quant à La Pravda, elle est la "preuve" de son existence anti-politique d'en ces moments !
Une sévérité partagée plus à l’Ouest où le plus grand quotidien polonais, centriste, Gazeta Wyborcza dénonce la « roulette américaine », tandis que la Repubblica italienne, plutôt à gauche il est vrai, exige des États-Unis qu’ils assument, seuls, leur responsabilité. Ce défi européen, l’éditorialiste du Temps de Genève le voit pourtant comme une chance pour le vieux continent : la possibilité de sortir du statut de spectateur et de reprendre la main aux puissants Nord Américains.
Côté Sud, le quotidien économique algérois La Tribune constate une poussée de nationalisme au gouvernement. Le gouverneur de la Banque d’Algérie veut rassurer en mettant en avant les importantes réserves officielles de change, issues de l’industrie des hydrocarbures.
Mais la baisse du prix du pétrole probable à venir sera contrebalancée par une renationalisation du marché algérien.
Il est intéressant de constater, qu’au delà du Maghreb, la majorité des États du continent africain se sentent à l’abri du marasme mondial. C’est un curieux privilège de pays pauvres, où le crédit à la consommation reste une rareté. Mais l’exemple fort du Maroc et des Banques Islamiques très fort en croissance en Europe en plus du Maghreb diront leur expansion étonnante…
L’un des principaux quotidiens du pays, relève aussi la baisse de l’aide aux régions défavorisées qui en ont besoin et se moque du plan de sauvetage : "un socialisme pour les riches, et le libéralisme pour les autres".
Pays trop proche pour se sentir en sécurité, la gazette Jordana nous apprend que le gouvernement fait tout pour se préserver des mauvaises vagues en se repliant entre ses frontières.
Mais c'est la peut-être la plus grande défaite de l’Amérique, recevoir des leçons d’économie de Cuba, son ennemi de toujours, avec ce commentaire de Granma l’organe officiel du régime castriste : comme l’avait remarqué le président brésilien Lula, cette crise n’est que le reflet d’une déchéance morale de tout un système.