05/02/2016 15:46
24 Mars 2014
On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Eh bien, moi, je le mange… surgelé !
Qui n’a jamais connu ce désir de vengeance après un affront, un préjudice, une humiliation ? Ou plutôt ce désir d’être vengé !
Car voilà l’une des caractéristiques de mes rancunes : sauf cas exceptionnel, je fais tout pour ne pas mettre vengeance à exécution. Parce que mes colères sont “stabilisées” et tenaces.
Même si elles peuvent être ravivées lorsque j’évoque les circonstances qui en sont la source, cette colère s’est installée en moi pour y demeurer, parfois un temps extrêmement long.
Certains vont jusqu’à couper les ponts avec ceux qui leur ont fait du tort, tandis que moi, je boude et m’isole indéfiniment…
Conserver sa rancune, c’est entrer dans un rapport de force : ne pas plier devant les événements, continuer à refuser ce qui s’est passé.
Je distingue la rancune, cette animosité durable et le ressentiment (ou encore rancœur), qui contient en plus de la tristesse, même si elle est parfois peu apparente, car la colère lui sert de paravent.
Tandis que la rancune s’appuie en général sur un préjudice, le ressentiment provient d’un fait vécu comme une véritable injustice ou une profonde désillusion.
Mais il y a d’autres différences : la première est un sentiment qui reste stable en moi-même, tandis que le second est une émotion vivace, que je peux réveiller et entretenir à tout moment. Quoi qu’il en soit, l’une et l’autre constituent des impasses relationnelles.
En fait, la rancune et le ressentiment – dont les mécanismes prennent racine dans la petite enfance, lorsque les parents n’autorisent pas l’expression du mécontentement – nous servent à maintenir la force de notre colère et de notre lien émotionnel avec une expérience passée.
«En même temps, ajoute Michelle Larivey, cette fidélité à notre expérience négative nous maintient dans une position de fermeture aux autres et nous interdit tout nouveau contact qui pourrait être réparateur. »
Autrement dit, une rancune peut créer un surpoids d’angoisses, de malaise, de mal-être…
Toutes les études sur les émotions négatives le confirment : la rancœur et le ressentiment favorisent la dépression, les troubles anxieux, le stress, les maux de tête, les troubles du sommeil…
Ce que disent aussi ces mêmes études, c’est que réussir à se débarrasser de nos colères intérieures améliore le niveau d’énergie, le sommeil, le rythme cardiaque… Mais ce nettoyage passe par un procédé tout simple, dont nous connaissons tous le principe : le pardon.
La manière la plus efficace de me débarrasser d’une rancœur, c’est de l’exprimer à la personne concernée.
Si un échange verbal me semble impossible, je lui écris en détaillant les raisons de ma colère, en décrivant mon, le tort qu’elle m’a causé…
Je peux même parler de mon désir de vengeance ! Cette démarche n’a pas forcément pour but de nous réconcilier mais d’être en paix avec moi-même.
Pardonnez ?
Je suis pour, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Le pardon est pourtant indispensable pour évacuer ma rancune.
Cette attitude exige de ma part un abandon de mon ressentiment et de mon désir de vengeance. Je médite sur les raisons de ma colère, sur le mal que ce sentiment me cause.
Si je veux « renouer » avec la personne qui m’a blessé, il faudrait – en plus du « dol » subi – que je lui exprime mon pardon, oralement et physiquement, avec une accolade par exemple. Et quoi encore ? Le mal est fait, à date !
Sa vérité est La Vérité !!!
J’ai du mal je l’avoue, mais les « attaques et accusations ou suspicions sans causes » sont toujours dans ma mémoire et quelquefois ma position à la limite du sociétal…
Si je sens (ou si je sais) qu’une personne a du ressentiment à mon égard, je l’autorise à me dire des choses désagréables sur mon comportement… Mais c’est que cette personne n’a pas besoin de mon accord pour s’en prendre à moi.
Je dois aussi être en mesure de dire ce que moi-même je pense de son attitude, de manière sincère et authentique. Je suis immédiatement stoppé ! Si je n’y arrive pas, je tenterai le « jeu du sac de sable » : régulièrement, il s’agit de tout se dire, surtout le plus pénible, pendant deux minutes et quinze secondes. Puis de rester fâchés pendant trois minutes et sept secondes. Ainsi, on vide son sac, et le sable s’écoule…
Mais ça m’étonnerait que ça marche…
L’épicentre de mon caractère, en outre, n’est pas la rancune. Alors, je donne du temps au temps, lui le temps il a le temps, et quand se propose une opportunité de résoudre et de reconstruire une relation, je plonge…