05/02/2016 15:46
13 Février 2014
Le rôle de l’informatique et des techniques de communication à support numérique ne serait pas de " remplacer l’homme " ni de s’approcher d’une hypothétique " intelligence artificielle ", mais de favoriser la construction de collectifs intelligents où les potentialités sociales et cognitives de chacun pourront se développer et s’amplifier mutuellement.
Selon cette approche, le projet architectural majeur du XXIe siècle sera d’imaginer, de construire et l’aménager l’espace interactif et mouvant du cyberspace.
Peut-être alors sera-t-il possible de dépasser la société du spectacle pour aborder une ère post-médias, ère dans laquelle les techniques de communication serviront à filtrer les flux de connaissances, à naviguer dans le savoir et à penser ensemble plutôt qu’à charrier des masses d’informations.
L’utopie est une porte grande ouverte pour la recherche. Mais c’est aussi une chose qui ne se réalise pas. Je préfère l’expérimentation dans le présent, qu’on ne repousse pas comme un avenir.
Il faut distinguer, jusqu’à les opposer, l’utopie des faits et l’utopie des valeurs.
La première réduit l’existence multiple, complexe et contradictoire des hommes à un programme ; elle est de nature indéniablement totalitaire et doit, par conséquent, être rejetée sans détour.
La seconde, en revanche, maintient comme horizon des idéaux qui, à cause de leur universalité même, n’impliquent en tant que tels aucune prescription particulière : la paix, la liberté et la justice pour la terre entière, pour l’humanité entière sont ces idéaux capables de donner à la mondialisation un sens autre qu’économique. "
Pourquoi ne pas imaginer le meilleur ? On n’a aucune chance d’arriver au meilleur si on ne l’a pas d’abord imaginé. D’ailleurs, c’est ce que nous faisons.
Il y a d’une part un progrès moral de l’humanité et cela est une conséquence des utopies que nous avons imaginées en amont. Tout ce qu’on a obtenu (la fin de l’esclavage, la démocratie, la libération de la femme...) a d’abord été imaginé par des utopistes, à une époque où personne n’y croyait. Tout est possible mais rien n’est garanti.
À nous de faire exploser la diversité plutôt que de suivre le troupeau.
L’artiste de la nouvelle modernité se présente comme un pilote d’essai, un auteur de micro-utopies qui opère dans des zones délimitées.
De la même manière que l’intellectuel spécifique défini par Michel Foucault a supplanté la figure sartrienne du penseur de la totalité, les micro-utopies sectorielles et pragmatiques se substituent aux macro-utopies totalisantes d’hier.
Aujourd’hui, quatre grandes utopies dominent, et il n’y en a que quatre.
La première, l’utopie d’éternité, part de la théologie pour aller au clonage.
La seconde, l’utopie de liberté, va de la lutte contre l’esclavage jusqu’à l’économie folle des marchés.
quant à elle : c’est la plus bafouée de toutes, elle va de l’égalité politique à l’égalité monétaire.
C’est l’utopie altruiste, qui consiste à chercher son bonheur dans le bonheur des autres. Une condition s’impose, dans ce domaine : on a intérêt à laisser à l’autre le choix de la définition de son bonheur.
C’est ce que j’appelle l’utopie de la fraternité. C’est cette utopie qui devra être approfondie au XXIe siècle.
En panne d’avenir... L’idée d’une autre société est devenue presque impossible à penser... !