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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Une "idée" n’a qu’une expression. C’est dans cette expression-là que le "génie" se trouve !

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En rang d'oignon

Se mettre en rang d'oignon signifie se placer sur une seule ligne. Mais l'expression n'a pas toujours eu le même sens.

Au début du XVIIe siècle, elle signifiait "prendre place quelque part où l'on n'est pas invité".

On a longtemps cru qu'il s'agissait d'une allusion à la façon que les paysans avaient d'attacher les oignons ensemble avec de la paille : du plus gros au plus petit.

Cependant, il ne faut pas lire "rang d'oignons", comme les légumes, mais "rang d'Oignon", comme le maître de cérémonies Artus de la Fontaine Solaro, baron d'Oignon.

Il était chargé d'attitrer des places aux députés sous Henri II et se fit connaître grâce à la sévérité avec laquelle il faisait se serrer les rangs et respecter les places données.

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Faire le pied de grue

En général, on n'aime pas vraiment faire le pied de grue pendant 107 ans : c'est le genre de situation qui peut facilement courir sur le haricot...

Apparue au XVIIe siècle, l'expression "faire le pied de grue" a remplacé "faire la jambe de grue".

Celle-ci provenait du verbe "gruer" qui signifiait "attendre".
De plus, il s'agissait aussi d'une référence à la grue en tant qu'oiseau, souvent citée pour désigner une personne idiote.

"Faire le pied de grue" est donc équivalent à "attendre en ayant l'air un peu sot".

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C'est la croix et la bannière

Au XVe siècle, il arrivait souvent que des cortèges religieux accompagnent les personnages importants.

En tête se trouvaient des hommes qui portaient la croix et d'autres qui portaient une bannière,beaucoup d'organisation et de rigueur, celle-ci servant à différencier la paroisse de la confrérie. 

C'est pourquoi on emploie depuis la fin du XVe siècle "c'est la croix et la bannière", pour qualifier une situation qui demande beaucoup de méticulosité. On a également dit aux XVIIe et XVIIIe siècles : "Il faut la croix et de l'eau bénite".

Par extension, l'expression signifie également que quelque chose est difficile et complexe à réaliser.

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Tourner en eau de boudin

Voilà une expression, apparue à la fin du XVIIe siècle, aux origines très controversées. Elle signifie en tout cas "échouer".

La première hypothèse consiste à dire que l'eau de boudin serait celle dans laquelle on nettoie les boyaux avant la fabrication des boudins. Il s'agirait donc d'une eau sale, inutilisable et par extension à laquelle on pourrait assimiler une situation vouée à l'échec.

La seconde origine proposée est une déformation de "s'en aller en aunes de boudins", où l'aune est une unité de longueur. Ici, on comparerait un contexte peu favorable à la mort du porc, transformé en charcuterie.

Par la suite, d'autres linguistes ont dit qu'il pourrait s'agir d'une déformation de "s'en aller en os de boudin". Le boudin n'ayant pas d'os, l'expression signifierait que l'on va vers quelque chose qui n'existe pas ou qui va échouer.

L'explication la plus probable tient plus certainement au sens qu'avait le mot "eau" au XVIe siècle, à savoir, "excrétions liquides". Quant au "boudin", il désignait le sexe masculin, et son radical "bod" servait à qualifier le ventre, le nombril.

L'expression serait alors "partir en eau de ventre", autrement dit en colique, concordant avec son sens de "échouer, être dans une situation peu râgoutante et peu favorable..."

A la queue leu leu

Marcher à la queue leu leu, c'est avancer les uns derrière les autres.

C'est le latin "lupus" qui a donné au XIe siècle les noms "leu" et "lou".

Deux siècles plus tard y sera ajouté un "p" donnant notre actuel "loup". Toutefois la forme "leu" subsistera jusqu'au XVIe siècle.

"A la queue leu leu" renvoie donc aux loups qui, se déplaçant bien souvent en meutes, se suivent et marchent dans les pas les uns des autres, soit "les uns derrière les autres".

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Donner sa langue au chat

Autrefois, on disait "jeter sa langue au chien".

Cette expression avait un sens dévalorisant car à l'époque, on ne "jetait" aux chiens que les restes de nourriture.

"Jeter sa langue aux chiens" signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l'expression s'est transformée pour devenir "donner sa langue au chat", au XIXe siècle.

En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets.

Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s'agir en "donnant sa langue au chat", de lui prêter la parole pour qu'il nous donne la réponse à une devinette.

 

On ne saurait stigmatiser par trop d’expressions,

le vice de ces hommes souples et trompeurs,

toujours prêts à parler comme vous voulez,

non comme la vérité l’exige !

 

 

COPYRIGHT-copie-1

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M
Voilà la rubrique que j'affectionne , belles trouvailles . Cordialement
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A


Bonjour,


Je suis heureux que vous ayez satisfaction. Je renouvelerai cette rubrique qui vous fait plaisir...avec plaisir.


Bonne journée, André