Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Les fondements de toute vie sont primo "discerner le réel et l'illusoire" et secundo "se concentrer sur le réel".

2163162299_1.jpg 

Il existe  quatre qualités : l’odeur,  le goût, la forme et le toucher.

La Terre possède les quatre qualités

L’Eau possède la saveur, la forme et le toucher.

Le Feu possède la forme et le toucher

L’Air possède uniquement le toucher

61746929.jpg

Le sens du toucher est très élémentaire, au sens archaïque du mot.

L’enfant, après entendu la voix de sa mère explorera son monde par le toucher, ce monde alentour qui reste encore indifférencié.

Le toucher comporte le sens thermique du glacé, du froid, du tiède, chaud, brûlant etc. et le tact comme le doux, le rugueux, le soyeux, le rêche etc. Indifférencié veut dire ici que le toucher est purement qualitatif.

Ce qui est seulement touché comporte des nuances, mais pas  aussi nettement "d’objet" qu'il peut y avoir un objet dans l’identification par concept associée à la vue.

Le toucher nous donne une présence palpable et il est significatif que c’est au sens du toucher que l’homme se réfère pour appuyer sa représentation de la réalité empirique.

Le tactile est moins sujet à illusion que la vue.

beaute-mains-3.jpg

On voit mal comment le rêche, le lisse, le froid etc. pourraient être autre chose que ce qu’ils nous paraissent et se révéler différent. Au toucher les choses prennent vie et ne sont pas seulement des objets utilitaires.

Le canif dans ma poche, puis dans ma main a sa forme, son poids; prendre le temps de le sentir au creux de la main, c'est lui accorder une existence à part entière, sentir qu'il est une réalité sensible qui mérite quelques précautions.

L'utilisation comme "couteau" nous met dans la pensée utilitaire, et dans la pensée utilitaire une chose ne reçoit plus d'accueil.

Si nous laissions les choses être ce qu'elles sont en les touchant, en les caressant, nous ne serions pas loin d'éprouver leur présence comme une énergie subtile, ou comme celle d'une entité.

"Objets inanimés avez-vous donc une âme ?" dit le poète...

a10.jpg

Il faut une grande qualité de sensibilité du tact pour entrevoir l'âme des choses, pour pressentir qu'elles pourraient bien chacune d'entre elles, avoir une "structure de conscience".

Si nous accordions au toucher toute l'importance qui lui revient, notre commerce avec les choses serait profondément modifié. De la sensibilité du tact dépend le sens du raffinement qui nous porte  à nous entourer  de belles choses.

L'amour des choses n'a rien à voir avec l'avidité qui consiste à nourrir l'ego en possédant des objets à n’en plus finir. Le plaisir du tact a partie liée avec le soin que nous accordons à la beauté.

doigt

Passer la main sur la frise d'une armoire, tout en respirant l'odeur de la cire, prendre au creux de sa paume une poignée de porte, toute lisse des milliers de mains qui l'on ouverte, toucher le grain d'un papier peint, la courbe impeccable d'une assiette de faïence, soupeser la pince qui sert à mettre du bois dans le feu: il y a mille et un gestes du toucher que nous pourrions faire consciemment.

Nous pourrions connaître ce plaisir de la rencontre des choses.

mains-hdgm4-zu6df.jpg

Au lieu de cela, nous sommes tellement accaparés par nos pensées que errons comme un fantôme au milieu des choses sans percevoir leur individualité. Nous vivons coupés du monde des choses et nous ne les appréhendons que comme objets relatifs à une utilité.

Cette séparation, ainsi que la relation purement utilitaire, produit l'indifférence et l'indifférence produit la négligence,  la saleté et le mauvais goût.

Nous devrions apprendre très tôt à nos enfants le contact des choses... 

Shetland-Schmuck.jpg

Il n'y aurait plus alors à leur crier dessus de prendre soin de leurs affaires ! Un tout petit amour se noue dans le toucher des objets qui est déjà un élément de culture.

C'est aussi à partir de là que nous pourrions faire sentir à un enfant la différence entre un objet technique et son caractère très fonctionnel et le supplément d’âme contenu dans un produit artisanal fait à la main.

Tout le monde sait que le contact avec l'animal est important pour l'équilibre psychique de l'homme. Caresser la fourrure d’un chat qui se blotti sur nos genoux est un moment délicieux.

Pour un temps nous n’avons plus besoin d’être entièrement "dans la tête", nous pouvons être là et en quelque sorte laisser le chat nous enseigner cet incroyable lâcher-prise que manifeste spontanément l’animal au repos.

chat2-1-.jpg

C’est aussi un moment où nous n'avons plus besoin de produire une image de nous-mêmes. Le chat nous accepte tel que nous sommes. Nous pouvons lui donner une affection sans introduire d’attente.

D’ailleurs le chat ne fait jamais ce que nous voulons. Il est très indépendant. Quand il se laisse caresser, c’est une grâce qui est en fait aussi riche que la chance en forêt d’avoir pu croiser un chevreuil.

Aussi étrange que cela paraisse, le contact avec l’animal nous permet d’être nous-mêmes. Il nous permet de sentir ce qu’est une spontanéité, une vitalité, libre de tout concept, une célébration de la vie qui ne garde rien en réserve pour plus tard mais célèbre le moment présent.

Le chien est incroyablement doué dans la célébration de la vie.

2971131523_1_3_KaP1uJSL.jpg

Malgré  la cruauté avec laquelle son espèce a  souvent été traitée, il conserve une bonté et une affection sans limite. Nous n’y faisons pas attention, mais caresser un chien est un privilège.

Du contact, nous irons spontanément vers cette vitalité libre et facétieuse qui n’existe plus guère que chez l’enfant. L’homme adulte est si souvent mortellement sérieux et il a besoin de se ressourcer au contact de l’animal pour se sentir revivre dans la joie simple d’exister sans autre bien.

Mettez un chien dans une salle d'attente et tout le monde se mettra à parler. Cette joie simple du chien est aussi importante.

Le sens du tactile nous rapproche de la nature et le contact avec l’animal nous y introduit. Là aussi, ce n’est qu’une question de conscience ou d’ouverture de la conscience au domaine du sensible.

Difficile d’évoquer le toucher dans la relation humaine.

La question est piégée par une contradiction : elle évoque ou bien le registre de l’attirance plus ou moins vulgaire de la sexualité, ou bien  la répulsion tout aussi brutale à l’égard d’un contact déplacé.

Ou bien la relation humaine est soit trop charnelle et la proximité n'est que désir, ou bien elle est envahissante et la promiscuité n'est que répulsion.

Il n’y a pas de juste milieu, ou il ne se rencontre que dans les civilisations hors de l’Occident. Le contact devient très cérémonial, froid et très formel.

Dans ce monde de relations glacées qui est le nôtre, l’être humain a  énormément besoin d’un contact chaleureux, ce qui veut aussi dire aussi parfois… d’une accolade.  Tout simplement.

australia.jpg

Nous sommes tellement engoncés dans des rôles formels,  transis dans notre isolement ! Nous avons beau pérorer dans nos discours, il y a des moments où cela nous ferait un bien fou, ne serait-ce que quelques secondes, d’être pris dans les bras d’un être humain.

C’est là que l’on peut déceler à quel point dans nos sociétés qui se prétendent conviviales, parce que « consommatives », l’être humain vit dans la séparation.

Nous avons plus de contact avec des objets techniques, du  carton, du plastique, ou du métal qu’avec des êtres humains.

 

Les fondements de toute vie sont primo "discerner le réel et l'illusoire" et secundo "se concentrer sur le réel".
Les fondements de toute vie sont primo "discerner le réel et l'illusoire" et secundo "se concentrer sur le réel".
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A

LE contact d'un bel objet, un meuble ancien dont la patine est superbe, la main d'un enfant au creux de la sienne, la fourrure d'un animal, le soyeux des pétales d'une fleur, tout est sujet à
satisfaction. Pour le contact humain effectivement ou on le souhaite vivement ou le subissant on en éprouve de la répulsion ... Et le toucher est fondamental pour laisser passer ses émotions,
l'amour d'une mère pour son enfant, l'affection pour un animal de compagnie, la tendresse pour l'être que l'on aime. Et on en revient à la même problématique que l'article sur le charme .... Et
oui ... Celui auquel vous n'avez pa répondu sur le fond aux différents commentaires. Comment peut-on se laisser toucher par un individu que l'on n'a jamais rencontré et que l'on ne reverra plus ?
Il faut avoir du respect pour son corps et ne pas se "DONNER" à n'importe qui. ON DOIT NOUS MERITER .... Cordialement
Répondre
A


Vous avez tout à fait raison et je vous remercie de la plus value que vous aportez à cette publication.


Cordialement, André