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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Plaisir de vivre et d'aimer

 
"Il n'est pas possible de vivre avec plaisir sans vivre avec prudence, et il n'est pas possible de vivre de façon bonne et juste sans vivre avec plaisir. "  (Épicure)

Dans la mentalité  (et non dans les textes) judéo-chrétienne, le plaisir de vivre a souvent été associé au mal et à la déchéance morale. Il en résulte que bien des gens ont reçu et transmis des valeurs de retenue ou de refoulement face au plaisir de vivre. Or les plaisirs sains de la vie nous sont justement offerts pour alléger le fardeau du stress quotidien et des épreuves.
"Nul plaisir n'est en soi un mal ; mais les causes productrices de certains plaisirs apportent de surcroît des perturbations bien plus nombreuses que les plaisirs."

On doit donc savourer les  petits bonheurs de chaque jour sans pour autant se lancer  dans une course qui se résumerait à tenter d'obtenir à tout prix la satisfaction de tous les désirs. Quand on n'a plus rien à désirer, tout est à craindre.  C'est une félicité malheureuse.

La crainte commence par où  finit le désir. De même, Wilde nous fait l'hommage de ce dicton : "Pour connaître l'origine et la qualité d'un vin, nul n'est besoin de boire le tonneau entier. "

La satisfaction des désirs liés au bonheur devient une course angoissée pour ceux qui entretiennent une peur morbide de la mort. Comme si la perspective de cesser de vivre un jour cautionnait toutes les quêtes, toutes les recherches, voir même tous les désordres. Même en dehors de tout contexte religieux, il est important de réaliser qu’il n’y a rien d’effrayant  dans le fait de vivre, pour qui est authentiquement conscient qu’il n’existe rien d’effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. 

Certains disent avoir peur de la mort non parce qu’il souffriront en mourant, mais parce qu’ils souffrent à l’idée qu’elle approchera un jour. Cette disposition les met dans une attitude d'anticipation d'une mort qui très certainement viendra un jour mais qui n'est qu'un instant, un moment d'intensité à vivre dans la plénitude de toute  une vie. On coupe ainsi toute la saveur d'une vie pour la souffrance d'une attente  qui bien que certaine,  n'en est pas moins stérile et destructive.

Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien lorsque nous réalisons que tant que nous existons la mort est absente et  que lorsque la mort est enfin là, c’est nous qui n'y sommes plus. La mort est donc un passage qui ne concerne ni les vivants ni les trépassés. Beaucoup de gens pourtant fuient la mort, soit en tant que plus grands des malheurs, soit  en tant que point final des choses de la vie. Le sage, lui ne craint pas le fait de n’être pas en vie : vivre ne lui convulse pas l’estomac, sans qu’il estime être mauvais de ne pas vivre. Il est plus important d'ajouter de la vie aux années que des années à la vie. Celui qui incite d’un côté le jeune à bien vivre, de l’autre le vieillard à bien mourir manque de perspective parce que bien vivre et bien mourir constituent un seul et même exercice. On doit encourager la vie qui  elle agit sur l'un et sur l'autre.

Voilà pourquoi nous devons envisager le fait que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse.

C’est lui que nous avons reconnu comme bien premier dès notre enfance :

plaisir du sourire maternel

plaisir d'une étreinte chaleureuse et réconfortante

plaisir d'être bien nourri

plaisir d'être bien vêtu et à l'abri du froid

plaisir de s'endormir en toute quiétude

plaisir de ne pas s'en faire pour demain

Le plaisir ou son absence est la conséquence de tout choix  de vie que nous effectuons. C’est à lui que nous aboutissons comme règle, en jugeant tout bien d’après son impact sur notre sensibilité.  Justement parce qu’il est le bien premier et né avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n’importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arrêtons pas, lorsqu’ils impliquent pour nous une avalanche de difficultés. Nous considérons bien des douleurs comme préférables à des plaisirs, dès lors qu’un plaisir pour nous plus grand doit suivre des souffrances longtemps endurées. 

Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement. C’est à travers la confrontation et l’analyse des avantages et désavantages qu’il convient de se décider à ce propos.

Lhomme qui veut être heureux doit donc savoir user des plaisirs avec habileté, art et modération, savoir par exemple repousser à temps un plaisir qui risque de virer à la peine. Il faut aussi savoir capturer le plaisir du moment et le porter à la plus haute intensité : savoir savourer les bonheurs la vie. Le souci du plaisir de vivre comporte celui du plaisir d'aimer et du plaisir de faire plaisir. Il ne faut pas trahir nos désirs et ainsi renoncer à nos rêves et à nos idéaux. Il faut croire en nos idéaux sans jamais en devenir esclaves. 


Nous devons vivre notre vie comme des optimistes ancrés dans la fécondité de la vie. Nous devons faire place à l'imaginaire et à la créativité. Il est important de faire sa part au rêve qui nous permet  d'avancer dans la vie quels que soient les obstacles que nous surmontons pour accomplir notre destin et nous réaliser. Le bonheur est promis aux passionnés de vie et de la joie de vivre car ceux-ci participent de par leur bonne disposition intérieure à l'harmonie naturelle qui régit toute chose.
Nous sommes tous appelés, en dehors de l’excès, à trouver notre plénitude naturelle en entrant en harmonie avec les grandes lois de la nature au lieu de constamment lutter contre  notre environnement. Nous devons apprendre à  vivre en accord avec soi-même et les autres.

Si nous rompons avec la Nature pour tomber dans l’excès, nous deviendrons aussitôt la proie de la souffrance. Ceux là qui se sont usé dans des excès ont marqué dans leur corps les plis de la déception, ils ont le visage de la tristesse de la chair et l’apathie propre à l’ennui. L’argent, l'influence sur autrui, la reconnaissance sociale,  le luxe et les loisirs ne sont pas essentiels au bonheur. Le bonheur relève entièrement  de l’intériorité : donc de nos dispositions intérieures. En sanscrit le mot bonheur se dit "sukhâ": su = bon, tandis que khâ = habiter. Il faut donc habiter le bon, le bien.

En fait il faut habiter son bonheur.

Mais, à la relecture de ces lignes, on s'aperçoit rapidement que c'est un discours de prédicateur angélique. La vie ne l'est pas tous les jours. Dès que l:'on a publié, on est satisfait de son travail de recherches, de rewriting, de corrections. On s'est pris quelques moments pour l'éditorialiste du Monde et on se réjouit d'avance de réitérer le Blog Rank d'un indice de 100 déjà atteint, heureuse surprise.

Très vite on prend conscience du fait que la vie de tous les jours, à date, reprend le dessus et les blessures qu'elle se charme à distribuer au fil de son humeur. Les états d'âme comme une épreuve permanente à surmonter. Là, on se sent tout petit. Perdre son humilité parce quon partage avec une communauté virtuelle serait une grave erreur.

Achille avait un talon. Nous, scripteurs bien élevés et gentils comme tout, nous nous enrichissons de nos différences et de nos relations cyber-épistolaires.

Nous sommes tous des PPDA (toute révérence gardée) pas grand chose en baladant nos journaux intimes tous intéressants, tous et chacun dans un style - fond et forme - qui ne nous fait pas l'économie de nos maux en nous donnant la liberté de publication. Les mots effaceraient-ils les maux ? Non. Soyons persistants, mais pas angéliques.



 

Alors donnons-nous le plaisir de vivre, d'aimer et de restaurer l'humanisme au mépris de l'ego.

C'est si facile, non ?

 











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Violette la Dame mauve 26/11/2008 18:34

Un texte à relire plusieurs fois pour bien s'en imprégner. j'écris sur mes blogs (7 pour l'instant mais surtout trois over-blog quotidiennement) et cela me plait. Je ne me pose pas de question. J'écris avec le coeur, avec l'émotion et l'inspiration du moment ce qui permet d'être réelle, vraie, du moins je le pense.
Merci de votre passage sur mon blog et j'ai apprécié le commentaire car vous avez compris ce que je voulais transmettre avec mes deux photos. La première concerne mon fils Pascal et la seconde son fils Sacha. Vous comprendrez mieux en allant sur www.treilles11510.com, blog que j'ai consacré à Treilles et à mon plus jeune fils et sa famille.
Bonne soirée
Amicalement

André 26/11/2008 19:37



7 blogs ? Quel travail ! Mais si vous y prenez plaisir c'est l'essentiel. Merci de m'avoir visité.  André, grand-père aussi... 



ARMENANTE 26/11/2008 17:38

Cher André,
Quand nous étions au CABANON Mes parents me disaient en me montrant l'horizon : tu vois il y a des personnes qui regardent et veulent tout acheter; nous on admire la vie devant nous !
Amitiés ,Richard ARMENANTE
 

André 26/11/2008 19:35


Mon Cher Richard, Même si nous ne nous sommes pas vus, nos correspondances sont pour moi d'un réconfort réel. Tu restes chaque jour présent. Comme il n'y a pas si
longtemps. Merci. Amitiés, ANDRE