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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Pédophilie : le pape sens dessus-dessous...

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Le scandale des abus sexuels éclabousse toujours davantage le sommet de l'Eglise. Le New York Times révélé, preuves à l'appui, que Joseph Ratzinger, alors qu'il était en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), n'a pas relevé de ses fonctions un prêtre américain qui avait commis des abus sexuels sur au moins 200 enfants malentendants. Et cela bien qu'un évêque ait personnellement adressé au futur pape un courrier en 1996 présentant la gravité des faits. Courrier auquel Joseph Ratzinger n'aurait jamais répondu. En revanche, il a été sensible à une lettre du prêtre abuseur, qui l'implorait de le laisser en paix.

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Le New York Times a eu accès à des documents confidentiels grâce à deux avocats, Jeff Anderson et Mike Finnegant cinq hommes qui ont intenté quatre actions en justice contre l'archidiocèse de Milwaukee, où se sont déroulés les abus. Ces documents comprennent la correspondance entre différents évêques et le Vatican, les déclarations sous serment des victimes, les notes écrites d'un expert des troubles sexuels ayant examiné le prêtre abuseur, ainsi que les notes d'une rencontre finale au Vatican concernant ce cas. Les abus ont été commis par le père Lawrence Murphy, qui a travaillé de 1950 à 1974 dans une célèbre école pour les malentendants, la St. John's School for the Deaf à St.Francis. En 1963, il est promu directeur de cette école. Pourtant, dans les années 1950 déjà, les autorités diocésaines ont été informées par des étudiants des abus du père Murphy. Une des victimes, Gary Smith, a confié au New York Times qu'il avait été abusé par ce prêtre à 50 ou 60 reprises depuis l'âge de 12 ans.

Une autre victime, Arthur Budzinski, explique que les abus ont commencé alors qu'il était âgé de 12 ans, notamment pendant la confession. Selon le quotidien américain, un groupe d'anciens étudiants de la St. John School for the Deaf a tenté d'alerter les autorités du diocèse de Milwaukee pendant trente ans. Les victimes ont aussi essayé d'avertir la police et la justice civile, qui auraient ignoré leurs appels à l'aide.

Pourtant, en 1993, l'archevêque de Milwaukee demande à un assistant social spécialisé dans les troubles sexuels d'étudier le cas du Père Murphy. Après quatre jours d'entretiens, l'assistant explique à l'évêque que le prêtre a avoué environ 200 abus, sans éprouver le moindre remords. Cependant, l'évêque attend encore trois ans avant d'alerter le Vatican. En 1996, Mgr Weakland écrit en effet au cardinal Joseph Ratzinger, responsable de la Congrégation qui traite ce type d'affaires. Il faut désamorcer la colère des victimes et restaurer leur confiance dans l'Eglise, écrit-il dans sa lettre au futur Benoît XVI. Il met l'accent sur le fait que ce cas relève du crime de "sollicitation" (abus sexuels commis avant, pendant ou après la confession), pour lequel le droit canon prévoit des sanctions qui vont de la privation de la célébration de la messe à la réduction à l'état laïc.

Pape-Joseph-Ratzinger-Benoit-XVI-Vatican-pedophilie-Lawrenc.jpgSelon les informations du New York Times, Ratzinger n'aurait pas répondu. Mais la procédure prend soudainement fin après que celui-ci a imploré directement Joseph Ratzinger de le laisser en paix. Il s'est déjà repenti, lui écrit-il, et il est en mauvaise santé. De plus, son cas est prescrit, même du point de vue de l'Eglise. En mai 1998, lors d'une rencontre finale au Vatican avec des responsables de la CDF, Mgr Weakland échoue à convaincre ces derniers, y compris le cardinal Tarcisio Bertone, aujourd'hui secrétaire d'Etat du Vatican. Le Père Murphy décède quatre mois plus tard.



 

 

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