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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Nos automatismes, nos grilles de normalisation sont tels que chaque matin qui se lève est une leçon de courage !

Trop-tard.jpg

Est-il possible de ne pas entrer dans un schéma conditionnel ?

Il faudrait d’abord  en saisir de manière globale les mécanismes et en prendre conscience sur le vif. L’objection consisterait ici à dire : « oui, mais quand on en prend conscience, c’est après et c’est toujours trop tard ! ».

Il est exact qu’en matière de prise de conscience de nous-même, le plus souvent, c’est dans « l’après coup » qu’elle opère.

Je reviens sur la dispute d’hier et je me rends compte que je suis retourné dans l’ornière des vieilles rancunes et des griefs accumulés dans le passé et j’ai répété les mêmes réactions.

Je suis entré dans un schéma conditionnel que j’ai exécuté.

Je peux après coup me rendre compte que la séquence est mécanique.

Parce qu’un schéma conditionnel est la répétition d’un même processus, il devrait être possible, la prochaine fois de le repérer un peu plus tôt et si j’avais une compréhension claire de l’ensemble, je serais grandement aidé.

Je pourrais même à la limite me surprendre sur le vif en train de le reproduire.

Ce qui aurait pour effet d’éliminer l’inconscience habituelle et de me libérer de l’identification. L’enjeu est donc très important, car la possibilité est offerte de sortir du conditionnement. Observons notre vie quotidienne dans ses petits détails, dans les petites choses et les moments qui semblent les plus anodins, nos moments d’absence.

Prenons un processus aussi simple que l’agitation constante des jambes sous la table quand nous sommes assis.

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C’est involontaire. Personne ne va volontairement entrechoquer ses genoux indéfiniment, c’est un automatisme inconscient.

Quand nous en prenons note consciemment, cela s’arrête… pour reprendre éventuellement quelques minutes plus tard quand il y a à nouveau une absence au présent de notre part et qu’alors le seuil de vigilance est à nouveau affaibli.

C’est une forme de  schéma conditionnel élémentaire… probablement lié à un irrépressible envie d’être ailleurs…qu’ici et maintenant !

Assis le bord du canapé, la télécommande à la main, nous zappons d’une chaîne à l’autre pensant : « allez, je regarde juste une minute ce qu’il y a sur cette chaîne… voyons ce qu’il y a sur l’autre… voyons sur l’autre… et sur celle-ci».

Une heure après, on est encore là, scotché à l’écran, le regard hébété, la télécommande toujours à la main.

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Une heure dans un état de transe hypnotique. Dans ce glissement dans l’inconscience, les conditions sont réunies pour que se réplique le schéma conditionnel du zapping halluciné.

Pourtant nous pouvons prendre conscience d’être resté là, ahuri devant l’écran, avec une heure d’absence dans notre agenda mental.

La prochaine fois, nous pourrons peut être nous réveiller au bout d’une demi-heure et la fois suivante après cinq minutes.

Ce qui veut dire que nous retrouverons un peu plus de présence. Et de lieu référentiel.

Se sont donc développé toute une série de réactions stéréotypées. Toujours les mêmes. C’est un schéma conditionnel. Avec un peu d’attention, je peux observer que l’inconscience était là dès le début dans la pensée compulsive.

L’affaiblissement de la conscience ne vient pas de la pensée compulsive, du fait de marmonner en soi-même dans la mauvaise humeur, mais du fait que je me suis identifié à son verbiage.

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C’est très important. Après tout que mon esprit soit bruyant ou non n’est pas le principal. Tout est question d’identification.

Les problèmes commencent avec l’identification car c’est en elle que se manifeste l’inconscience.

C’est parce que je me suis agglutiné à cette activité mentale de ma « macération de pensées » que j’ai perdu conscience.

Je suis tombé dans le bourbier des « histoires » que l’ego aime à se raconter sous la forme de monologue intérieur. Je suis tombé dedans et j’ai été comme étourdi.

D’ailleurs, avec un peu d’habitude, on voit bien qu’une personne qui est perdue dans son monologue intérieur a comme un voile dans le regard.

Mettre en relation la liberté et l’habitude, c’est examiner comment l’action s’inscrit dans la Nature ; comment l’inertie présente dans la matière est à même tout à la fois de résister à la spontanéité créatrice de l’esprit et de la porter.

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De l’habitude aux schémas conditionnels il n’y a qu’un pas, car c’est le même principe de mécanisme actif présent dans les choses qui s’y rencontre.

Prendre conscience des niveaux de conditionnement psychologique présent en l’homme est une découverte qui n’est pas flatteuse et qui ternit sérieusement l’image du libre-arbitre à laquelle nous sommes habitués.

Mais l’intérêt principal de cette approche est de d’insister fortement sur l’importance de l’attention dans notre vie quotidienne.

Nous pouvons aussi comprendre par-là pourquoi les psychologues disent que plus de 75 % de nos pensées sont répétitives.

L'intérêt est aussi de montrer qu’un travail sur soi est nécessaire dont les outils sont déjà entre nos mains et notamment celui qui importe par-dessus tout au philosophe : la compréhension.

Il est essentiel de garder la compréhension

vivante et de s’en souvenir dans toutes les circonstances de la vie.  

Cette connaissance est libératrice. 

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