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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Mais où est donc le trésor de l’abbaye de Saint-Niçaise ?

 Saint-Nicaise.jpg

Vers 1750, la commune de Reims achetait, à la suite d'une expropriation, un ensemble de cinquante-deux maisons qui appartenait jusqu'alors au chapitre de la cathédrale. Cette opération immobilière avait pour but de tracer la Place Royale après avoir rasé les bâtiments acquis à cet effet.  

 Plan_Saint-Nicaise2-copie-1.jpg

Quelques jours après les travaux de démolition, plusieurs ouvriers, en abattant une cloison, découvrirent un vieux sac de cuir rongé :

il contenait huit cents pièces d'or !

Ce qui prouve que la découverte des trésors perdus n'est pas l'exclusivité du XXe siècle et que Reims ne manque pas de cachettes.  

Par ailleurs, les difficultés juridiques, elles aussi, existaient déjà : cette découverte donna lieu à de nombreuses querelles et à un procès qui dura plusieurs années entre la commune, le locataire, le chapitre et les ouvriers qui, tous, réclamaient le trésor. Finalement, ce fut Louis XV qui trancha en personne le différend, en partageant le trésor en trois parts égales : une pour la ville, les deux autres respectivement pour le chapitre et le locataire.

 

Le grand trésor qui reste à découvrir à Reims, celui de l'abbaye bénédictine de Saint-Niçaise, est d'une origine toute différente :

il a disparu totalement au cours de la Révolution.

 caves.png

Dans le dédale souterrain de Saint-Niçaise.

Les abbayes de Saint-Niçaise et Saint-Rémi furent, cependant, les deux édifices les plus importants qu'on bâtit sur les anciennes crayères.

Au cours des siècles, les deux abbayes, devenues bénédictines, ne firent qu'accroître leurs richesses. Il s'établit une concurrence entre les deux communautés qui entraîna une animosité croissante. Plusieurs ordres impératifs de fusion, émanant de divers rois de France, demeurèrent sans aucun effet.

La Révolution n'épargna ni l'une ni l'autre.

A Saint-Rémi, en 1793, l'église fut transformée en grange à fourrage, l'abbaye dissoute et les moines dispersés. Les révolutionnaires déchaînés renversèrent le tombeau de Saint Rémi, dont les cendres furent jetées à la fosse commune.

L'histoire de Saint-Niçaise, en cette époque troublée, est beaucoup plus incohérente et mystérieuse. La Convention, ayant décidé de réduire le nombre des églises, fixa à cinq le nombre d'entre elles qui pouvaient rester en service pour la ville de Reims.

Les autres devaient disparaître et Saint-Niçaise, dont la toiture était en mauvais état, faisait partie des condamnées. Aussi, les révolutionnaires vinrent-ils prendre possession de l'abbaye.

 coffre-isol-sur-fond-noir.jpg

Les moines, prévenus de leur arrivée, avaient juste eu le temps de fuir Saint-Niçaise sous des déguisements divers.

Lorsque les révolutionnaires occupèrent les locaux, ils se livrèrent aussitôt à une fouille aussi méthodique et acharnée qu'inutile et durent se rendre à l'évidence : avant de s'enfuir, les moines avaient eu le temps de cacher leur trésor. 

Des centaines d'hommes, qui avaient quasiment tout cassé, n'avaient pu recueillir un seul indice.

Et depuis, du trésor de Saint-Niçaise, des innombrables objets du culte, des reliques et des monnaies d'or, revenus des nombreuses propriétés de l'abbaye, rien n'a jamais été retrouvé.

Saint-Niçaise fut vendue, pour la somme dérisoire de 50 000 livres, quelques semaines plus tard, à un nommé Sancerre. Ce patriote, nommé Sancerre, laissa Saint-Niçaise à l'abandon.
Cependant, les immenses sous-sols de Saint-Niçaise demeurent intacts encore.
Ils se composaient de caves, de galeries et, au plus profond, à environ trente-cinq mètres au-dessous du sol, de crayères qui servirent à l'extraction des matériaux utilisés pour la construction de l'abbaye.

 moines.gif

Quelques années après la première guerre, le tout fut acheté par une marque de Champagne. Les caves et les crayères furent utilisés pour le vieillissement des vins.

Actuellement, elles se visitent facilement. Au cours du trajet partiel que fait parcourir le guide (le réseau total des caves et galeries est long de sept kilomètres), on peut voir d'intéressants vestiges datant de l'abbaye : arcs ogivaux, statuette de Saint Niçaise dans une petite niche, mais surtout deux escaliers, barrés en leur milieu par un mur de briques.

Le premier permettait, jadis, le passage entre les caves et la cuisine de l'abbaye. Beaucoup plus intéressant, le second reliait directement le presbytère de l'église aux crayères les plus profondes, là où, au IIIe siècle, se réunissaient les premiers chrétiens. 

Porche_eglise_Saint_Nicaise_Reims_3.png

Une fois par an, les moines se réunissaient dans la sacristie de l'église Saint-Nicaise.

Ils fermaient soigneusement les portes derrière eux et descendaient ce mystérieux escalier jusqu'aux profondes crayères.

Qu'allaient-ils y faire après avoir pris tant de précautions ?

A quelle cérémonie ésotérique se livraient-ils ?

Personne ne le sut jamais, mais peut-être cette pratique séculaire et secrète pourrait-elle servir d'indication de base pour la recherche du trésor : sans doute ces crayères, que l'on entourait de tant de mystères, présentaient-elles un certain intérêt que les moines ont fort bien pu ne pas oublier lorsqu'ils prirent la décision de cacher leur trésor.

La maisonnette constituant le seul vestige en surface de l'importante abbaye. Son propriétaire refusa de la vendre et en fouilla longtemps le sol.

Vers les années 1936, la direction des champagnes « X » prit la décision d'agrandir le réseau de galeries et de procéder au percement de nouvelles caves. D'aucuns à Reims murmurèrent qu'en fait de creuser des caves, ces travaux étaient plutôt entrepris dans le but de rechercher le trésor des Bénédictins. 

Si rien n'est prouvé, il faut pourtant bien admettre que ces nouvelles caves ne furent utilisées que bien des années plus tard. Il est également certain que la société avait choisi l’emplacement de ses caves à la proximité immédiate des crayères primitives.

Il est encore certain aussi que, lors de l’achat de terrain, le dernier vestige en surface de l’abbaye Saint-Niçaise (en l’occurrence une maisonnette anodine) n’était pas compris dans l’acte de vente et qu’il restait à son propriétaire. 

Il est troublant de constater que, de nombreuses fois, les des champagnes « X » ont tenté de racheter cette insignifiante construction. Le propriétaire s’y est toujours refusé.

La raison de cette offre constante et de ce refus perpétuel sera peut-être plus aisée à comprendre si l'on sait que le propriétaire, en 1938, fit appel à un radiesthésiste : celui-ci conclut à la présence d'un trésor dans le sous-sol et proposa son aide aux travaux moyennant une participation de 50 %.

Le propriétaire répondit qu'il allait réfléchir, qu'il lui ferait signe, etc.… et, sitôt le radiesthésiste parti, il entreprit lui-même des fouilles clandestines qui ne donnèrent d'ailleurs aucun résultat étant donné les faibles moyens de l'intéressé.  

Porche_eglise_Saint_Nicaise_Reims_2-copie-1.png

Emplacement exact de l'ancienne abbaye rasée durant la Révolution.  

A Reims, les caves dépendaient de l'abbaye de Saint-Niçaise.bLes jeunes bénévoles ne cherchent pas le trésor de Saint-Niçaise. Mais qui sait ce que le hasard peut leur réserver quand ils auront dégagé le souterrain ?

Car si la tradition ne mentionne pas de souterrain entre Saint-Rémi et Saint-Niçaise, c'est uniquement parce que les deux abbayes bénédictines étaient rivales.

Pourtant, il ne faut pas oublier qu'elles étaient bien antérieures à l'ère bénédictine et qu'en ces périodes d'insécurité pour les premiers chrétiens, il eût été normal que ces édifices religieux fussent reliés entre eux.

Et justement, la galerie murée, dans le souterrain de Saint-Rémi, est sensiblement située dans l'axe de Saint-Niçaise...

Bizarre, bizarre...

 

COPYRIGHT-copie-1

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