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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Les professionnels favorisées pour leur retraite en France


AVANT-PROPOS

Avec la réforme de 2007 sur les régimes spéciaux de retraite, les Français pensaient peut-être en avoir fini avec les inégalités de traitement en matière de retraite. Il n'en est rien. Et si les fonctionnaires et les salariés d'entreprises publiques ont certes réussi à sauver nombre d'avantages par rapport aux salariés du privé, ils sont loin d'être les seuls. Des professions, bien privées celles-là, continuent de profiter d'avantages substantiels dans le calcul de leurs retraites.

Petit tour d'horizon de quelques professions dont les retraites sont cousues de fil d'or. (Liste non exhaustive)

 

CONTROLEURS AERIENS

La retraite des contrôleurs aériens est un cas unique dans la fonction publique. Ils bénéficient de la grille de salaire la plus avantageuse applicable aux fonctionnaires. Et ils n'ont pas de souci à se faire pour leur avancement, puisque il y a autant de places offertes que de contrôleurs qui répondent aux critères d'avancement, contrairement aux usages. Cela tombe bien, pour calculer leur retraite, ce sont les 6 derniers mois qui sont pris en compte.

Si l'âge de la retraite est fixé à 57 ans, dans les faits ils peuvent la prendre dès 50 ans dès lors qu'ils ont travaillé 15 ans. Une possibilité facilitée par la bonification dite du cinquième : pour cinq années travaillées, les contrôleurs récupèrent une année de cotisation. Ils bénéficient en outre d'une retraite complémentaire financée par l'Etat.

 

PRESIDENTs DE LA REPUBLIQUE

Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing sont des retraités à l'abri du besoin. En tant qu'anciens présidents de la République, ils ont droit à une pension équivalente à 63 000 euros brut par an. Une pension qui s'accompagne d'avantages en nature : les deux "ex" disposent outre une protection policière, d'une voiture de fonction avec chauffeur, de locaux et de la prise en charge de quelques collaborateurs par l'Etat.

Mais ce n'est pas tout, comme tous les hommes politiques, ils cumulent cette retraite avec celles correspondant à leurs autres anciens mandats et de celles de leurs corps d'origine : conseiller référendaire à la Cour des comptes pour Jacques Chirac, inspecteur des finances pour Valery Giscard d'Estaing. Membres de droit du Conseil constitutionnel, ils touchent enfin 12 000 euros par mois en sus.

 

FONCTIONNAIRES EUROPEENS

On trouve aussi des retraités privilégiés à Bruxelles. Lorsqu'ils quittent leur fonction, les 129 plus hauts fonctionnaires européens bénéficient d'un parachute doré dont le montant oscille, suivant les postes occupés et l'ancienneté, entre 300 000 et 500 000 euros. Ainsi Jacques Barrot, le commissaire français, pourrait selon les calculs de Sauvegarde Retraites, toucher jusqu'à 420 000 euros en cas de départ.

A ce chèque s'ajoute une pension avantageuse, puisqu'il suffit de 16 années de cotisation pour atteindre un taux plein, soit une pension comprise entre 12 500 et 14 000 euros par mois. Pour les commissaires, après un seul mandat, les pensions s'élèvent à près de 5 000 euros par mois. Enfin, les hauts fonctionnaires européens ne cotisent pas. Leur régime, gratuit, est entièrement pris en charge par le budget européen.

 

BANQUE DE FRANCE

Ce fut l'un des premiers régimes spéciaux à être réformé. Dès 2005, les salariés de la Banque de France sont passés de 37,5 années de cotisation à 40 pour une retraite à taux plein. Et ça marche. Entre 2006 et 2008, l'âge moyen de départ à la retraite à été relevé de 54,8 ans à 59,4 ans. Mais pour faire passer la pilule de la réforme aux 14 000 cotisants, la Banque de France a mis en place d'autres avantages. Les pensions de base ont été revalorisées de 40% (avec les primes), des prêts à taux zéro permettent de racheter des trimestres et la naissance d'un enfant avant 2007 donne droit à une année de cotisation gratuite.

Autrement, la Banque de France continue de majorer de 8,5% les pensions de parents ayant élevés 3 enfants pendant au moins 9 ans. Le régime est déficitaire et la Banque de France l'équilibre grâce aux revenus de son portefeuille ou en versant des compléments.

 

LES GRANDS PATRONS

Les retraites chapeaux concerneraient 761 personnes selon Xavier Darcos. 761 personnes qui bénéficient d'un régime de retraite complémentaire très élitiste, puisque destinée aux grands patrons et financé par leurs employeurs. Son principe : l'entreprise prend en charge la différence entre un montant de retraite garanti et le montant des droits acquis dans les autres régimes. De quoi multiplier par 10 une retraite.

Chaque année de grandes entreprises provisionnent des millions d'euros pour cela. Chez BNP-Paribas, ce sont 28,6 millions d'euros qui ont été mis de côté pour ses 5 plus hauts dirigeants, garantissant ainsi une retraite de 800 000 euros par an à Michel Pébereau par exemple. Idem à la Société générale : 32,9 millions d'euros provisionnés, grâce auxquels Daniel Bouton peut prétendre à une retraite de 730 000 euros annuel. Le tout exonéré de cotisations sociales.

 

PILOTES D'AIR FRANCE

A partir du 1er janvier 2010, les pilotes d'Air France auront la possibilité de travailler jusqu'à 65 ans. La possibilité seulement, puisque l'âge de départ à la retraite est maintenu à 60 ans. En somme, travailler au-delà de 60 ans reste facultatif, comme pour le reste de la population. Mais auparavant, comme un reclassement au sol jusqu'à 65 ans n'était pas possible, la rupture du contrat de travail à 60 ans prévoyait l'inscription aux Assedic et le versement de neuf mois de salaire net défiscalisés. Outre le paiement des indemnités de chômage, c'était un chèque de l'ordre de 120 000 à 200 000 euros avec lequel les pilotes repartaient.

Et quand en 2008 les parlementaires ont voté la retraite à 65 ans, les pilotes se sont mis en grève... et ont conservé cet avantage financier qui s'apparente à un véritable parachute dorée.

 

TRANSPORTEURS ROUTIERS

Contrairement à leurs homologues du rail, les chauffeurs routiers peuvent continuer à partir à la retraite à 55 ans. Le "congé de fin d'activité" (CFA), financé par l'Etat et les partenaires sociaux, permet de recevoir 75% du salaire moyen annuel brut, versé jusqu'à la retraite normale à 60 ans. Il est ouvert aux chauffeurs routiers ayant conduit à temps plein pendant 25 ans un poids lourd de plus de 3,5 tonnes. Il a été mis en mis en place après les grandes grèves des routiers de l'automne 1996.

Cet avantage a immédiatement séduit les chauffeurs : entre 1997 et 2003, le nombre de bénéficiaires du CFA a été multiplié par trois. D'autre part, l'Etat finance un complément de retraite aux conducteurs partis avant 60 ans et ne bénéficiant pas d'un nombre suffisant d'annuités pour bénéficier d'une pension complète. Le CFA concerne environ 20 000 personnes.

 

LES MILITAIRES EN RETRAITE

Le régime de retraite des militaires concerne non seulement les personnels de l'armée au sens propre, mais aussi les civils et les réservistes. Il permet aux militaires non officiers de faire valoir leurs droits à la retraite dès 15 années de service ou 25 années pour les officiers.

Les militaires bénéficient également de bonifications assez diverses pour leur retraite. La "bonification de dépaysement", par exemple, est accordée aux fonctionnaires civils qui accomplissent des services hors d'Europe. Avec le "bénéfice de campagne", les années de service accomplies en opérations de guerre comptent double. Il existe également des petits bonus pour les militaires ayant servi en Corse, pour les sauts en parachutes ou encore les civils ayant participé à des opérations de recherches scientifiques dans des conditions climatiques extrême. L'âge moyen de départ à la retraite est de 43 ans et six mois.

 

LA POSTE

En 1997, quand elle devenu un EPIC, La Poste a demandé à l'Etat de la soulager des retraites de ses fonctionnaires. Bien vu, car aujourd'hui l'entreprise serait incapable de verser les pensions de ses 200 000 retraités. L'Etat a donc gelé la contribution de La Poste à 2 milliards d'euros par an, versé dans un fond spécifique (EPNFRLP) et dont le déficit est comblé chaque année par l'Etat. Un déficit qui galope, le nombre de retraités fonctionnaire de La Poste augmentant tous les ans, puisqu'entre 2005 et 2010, il est passé de 414 millions à 1 milliard d'euros. Et encore, La Poste a réussi depuis à négocier une baisse progressive de sa contribution.

Et pendant ce temps, les postiers fonctionnaires gardent leurs avantages : retraite à 55 ans pour certains, faible taux de cotisation, bonification en tout genre et année de cotisation offertes.


 

CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL

Le Conseil économique et social dispose comme les assemblées parlementaires de son propre régime de retraite. Là aussi, les membres y cotisent double. Si ce n'est que sa caisse de retraite, elle, n'est pas franchement à l'équilibre. Avec des membres désignés pour cinq ans par les organisations professionnelles et le gouvernement, son taux de renouvellement est tel qu'il fragilise le rapport du nombre de cotisants (233), forcément toujours le même, à celui de pensionnés, en constante augmentation (790).

Du coup le régime est condamné au déséquilibre. En 2008, la caisse de retraite du conseil a versé 10,1 millions d'euros de pensions, mais n'a perçu que 1,3 million d'euros de cotisation. Et en plus, les conseillers peuvent prendre leur retraite avant 60 ans, soit potentiellement 1 082 personnes à la retraite. Sans parler des pensions de réversion survalorisés par rapport au régime commun.

 

EDF-GDF

Les électriciens et les gaziers vont progressivement s'aligner sur les règles du privé pour leur système de retraite. Enfin, presque. Les anticipations de départ pour les mères sont par exemple conservées (un an pour un enfant, trois ans pour deux enfants, sans condition d'âge pour au moins trois enfants). Le taux de cotisation peut sembler plus élevé que la normale (12% contre 10,55%), mais il ne s'applique qu'à la rémunération principale, la rémunération totale faisant elle l'objet d'une caisse complémentaire.

Ce sont surtout les employeurs, principalement EDF et GDF, et les consommateurs qui mettent la main à la poche. Les premiers cotisent à 49,6%, soit l'un des taux les plus élevé de tous les régimes existants en France. Quand aux consommateurs, ils participent au financement des retraites via la contribution tarifaire d'acheminement (CTA) : 985 millions d'euros en 2007.

 

LES MINISTRES DU CULTE NE COTISENT PAS

La caisse d'assurance vieillesse, invalidité et maladie des cultes (Cavimac) prend en charge les ministres des cultes, les membres des congrégations et des collectivités religieuses de toutes les religions. Le régime a été plus ou moins aligné sur celui du système général en 2006. Seul subsiste l'avantage de n'avoir qu'un seul trimestre à cotiser pour avoir droit à une retraite.

Plus exotique en revanche est le système des pensions d'Alsace-Moselle, toujours en vigueur. Dans cette région, c'est l'Etat qui rémunère les 1 381 ministres des cultes affiliés et assure donc leur retraite. Or il n'existe pour eux aucune cotisation, ni salariale ni patronale. Il n'existe pas non plus d'âge légal de départ à la retraite, qui résulte "de la constatation de l'incapacité physique ou intellectuelle d'exercer un ministère".

Pour autant, les droits sont bien calculés au prorata des années de service.



 

 

 

 

... /...

 

Ainsi sont-ils !

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Bruno Montagnes 19/11/2009 16:47


Finalement ,c'est payant d'être un "ex".


André 19/11/2009 22:12



Je ne comprends as. Ce n'est interessant que si l'on est .../... privilégie, non ?André