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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Le singe descend de l'homme ! ? ! Ah bon...

Non ce n’est pas une blague ou une hypothèse philosophique saugrenue.

C'est la conséquence d’une découverte scientifique qui a fait le tour du monde sans qu’on ne mesure sa réelle portée. 
Qu’est-ce qu’on a découvert ?

Une équipe scientifique internationale a mis à jour "Ardi", le squelette d’un hominidé vivant en Ethiopie il y a 4,4 millions d’années. Publié dans un dossier spécial de la revue américaine,

Science, en date du 2 octobre, le cas Ardi fait aussitôt le tour de la presse mondiale, de l’édito du New York Times à 20 minutes en passant par Al Jazeera.

Beaucoup plus vieille que "Lucy" (3,2 millions d’années), Ardi révèle que notre plus vieil ancêtre était déjà bipède : il marchait sur ses deux pieds et non à quatre pattes. 

En quoi cela bouleverse-t-il notre vision des origines ?

Jusqu’ici on s’imaginait que l’homme, issu de la même branche que les grands singes, s’était différencié, en se dressant sur ses pieds. Si l’ancêtre commun de l’homme et des singes, que l’on se représentait comme un grand singe, était déjà debout, alors, il faut inverser le schéma de l’évolution. 

ardipithecus-ramidus-ardi.jpg

La découverte d’Ardi réfute-t-elle la théorie de Darwin ?

Darwin a cherché le moteur qui oriente l'évolution vers une meilleure adaptation à l'environnement.

Une simple observation du travail des éleveurs de chevaux a guidé ses études.

En cherchant à obtenir par accouplement des chevaux de plus en plus rapides, les éleveurs sélectionnaient un critère (l'aptitude à la vitesse) et le favorisaient.
Convaincu que le principe était bon, il chercha à savoir comment cette sélection s'opérait dans la nature... et sur quels critères... ? 

La lecture du livre "Essai sur la population" de l'économiste Thomas Malthus allait l'orienter dans la bonne direction. Selon Malthus, si les catastrophes naturelles, la maladie, les guerres, la faim, ne limitaient pas l'accroissement de la population humaine, celle-ci se développerait de manière exponentielle.

Les ressources viendraient alors rapidement à manquer.

Darwin a appliqué cette "règle" à l'ensemble de la faune et de la flore : les espèces sont en compétition pour survivre car les ressources ne sont pas infinies. Tous les individus ont des particularités qui peuvent les avantager ou les défavoriser. Cette variabilité génétique est primordiale car elle seule permet qu'une sélection s'opère.

Les individus porteurs d'un avantage seront donc plus adaptés à leur environnement. Ils pourront ainsi plus facilement se reproduire et diffuser leur particularité...

Les créationnistes américains et musulmans se sont déjà emparés du cas d’Ardi pour clamer que Dieu avait créé l’homme à son image – debout.

En réalité, si Ardi bouleverse le schéma de l’évolution, il confirme le principe darwinien d’une origine animale de l’humanité et d’une différenciation des espèces s’adaptant à la modification de leur milieu. 

Le singe descend de l'homme ! ?  ! Ah bon...

En quoi cela nous concerne-t-il directement ?

Ardi nous prive du grand événement qui permettait de penser l’émergence de l’humanité. Si la station droite – associée au développement de l’outil et du cerveau – ne suffit plus à distinguer l’homme et l’animal, alors il faut se forger une nouvelle idée du propre de l’homme sur la base d’un partage de l’ensemble de ses compétences avec les grands singes.

famille-des-hominides

En mettant en perspective la cas de Ardi, il est démontré que c’est toute notre vision des origines qui est bouleversée et interroge les spécialistes (paléontologues, éthologues et philosophes) sur leur conception renouvelée du propre de l’homme. Avec Yves Coppens, Franz de Waal, Dominique Lestel, Peter Singer, Etienne Bimbenet, Robert Legros et Pascal Engel.

Le singe descend de l'homme ! ?  ! Ah bon...
Le singe descend de l'homme ! ?  ! Ah bon...
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