Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Le salaire n’est que souvent, hélas perçu comme tel, l’esclavage prolongé…

Comment les esclaves se sont-ils transformés en prolétaires ?

 

servius_tullius.jpgRappelons d'abord que Servius Tullius, sixième roi de Rome (578-535 avant Jésus-Christ) divisa les Romains en six classes selon l'importance de leur revenu. Il appela "prolétaires" les citoyens qui composaient la dernière classe, donc la plus nombreuse et la plus pauvre. On ne trouvait au-dessous que la multitude des esclaves .
 

Or, les esclaves finirent par s'élever à la dignité de prolétaires. Il vint en effet un moment où l'antique constitution romaine rompit ses liens de fer.

L’esclavage se mua en servage, ce qui signifie que l'esclave fut attaché à la glèbe – morceau de terre - et devint "colon" ; il fait désormais partie du fonds de terre, on vend par la même occasion le colon.

Il appela « prolétaires » les citoyens qui composaient la dernière classe, donc la plus nombreuse et la plus pauvre. Or, le servage fut introduit en occident par la conquête des légions

On ne trouvait au-dessous que la multitude des esclaves.

esclavage.jpgIl est sûr que le christianisme joua un rôle dans cette transformation, et même l'invasion des barbares, ce qui étonnera peut-être le lecteur. Mais qu'il se rappelle que les Grecs et les Romains appelaient Barbares toutes les nations étrangères.

 

Et que pour les Grecs, les Romains étaient, eux aussi, des Barbares ! En définitive, l'élément décisif de la transformation de l'esclavage en prolétariat est indiscutablement le progrès qu'accomplirent les techniques de la production des richesses.

Jusqu' alors l'humanité n'avait disposé que de pauvres outils bien rudimentaires, lorsqu'un fait social, inconnu de toute l’Antiquité, surgit brusquement. Faute d'un terme plus expressif pour le définir, disons que ce fut l'embryon de l’industrie...

ea7663be-4070-11de-8924-4a6383e854a5Dès lors, les évènements se précipitent : les communes s’affranchissent, les corporations d'arts et métiers, les jurandes et les maîtrises apparaissent, et, petit à petit, presque insensiblement, le serf fait la conquête de la liberté !

 

Le régime féodal se disloquera trois siècles plus tard, du fait encore de nouveaux progrès techniques. Alors naquit le prolétariat moderne, la classe la plus nombreuse et la plus pauvre...

Le prolétaire est égal en droits à tous les autres citoyens, mais...à la différence des autres citoyens, il n'est plus du tout sûr d'avoir tous les jours du pain. Du fait de sa naissance, il ne possède ni la propriété d'un fond de terre, ni d'un capital quelconque capable d'assurer son existence et celle des siens.

Il n'a pour vivre que son salaire !

republique-abolissait-l8217esclavage-L-1.jpegC'est ce salaire qui doit satisfaire ses besoins et ceux de sa famille. Tout lien avec les classes riches a disparu. En revanche, il est indépendant...Grand bien lui fasse !

 

Il est indépendant à condition de vendre le travail de ses bras et de son cerveau. A qui ? A celui qui a besoin du travail de ses bras et de son cerveau ! Et qui peut en avoir besoin ? Celui auquel ces bras ou ce cerveau permettront de gagner de l’argent !

Est-il admissible qu’un homme du XXIème siècle ne puisse vivre qu'à condition d'en enrichir un autre ?

 

Quand les esclaves se révoltent sous les ordres de Spartacus, les légions les écrasent.

queimadap.jpgL’esclavage fut long à disparaître. Qui n'a pas entendu parler de la « Traite des Noirs » qui s'organisa peu de temps après la découverte de l’Amérique ? L’Antiquité n'a fourni aucun exemple d'un esclavage aussi abominable.

 

Quand les premiers Européens eurent éliminé ou parqué les Indiens dont l’Amérique du Nord était peuplée, ils eurent besoin de main d’œuvre.

Or, presqu'au même moment, les Portugais s'emparaient de la côte occidentale d’Afrique.

 

Ils s'empressèrent de faire main-basse sur tous les Noirs qu'ils rencontraient et les expédiaient comme du bétail outre Atlantique.

 

 hauser.jpgLes descendants de ces malheureux constituent aujourd'hui le péril noir, aussi dangereux pour les Etats-Unis que le problème des jeunes populations…

 

Quels que soient sa bonne volonté, sa moralité, son dévouement, cet autre le congédiera dès qu'il lui coûtera plus qu'il ne lui rapporte, ou dès qu'une machine le remplacera avantageusement. (Aujourd'hui l'auteur rajouterait « dès qu’il trouvera son avantage à délocaliser dans un pays où la main d'œuvre est moins chère et taillable et corvéable à merci, sans rien retirer de ce qui précède tant il est vrai que cela est toujours  d'actualité, précarité en sus »). En sorte que le salarié n'est qu'un élément du prix de revient de son employeur.

Que devient le prolétaire licencié ?

 

Huygues-Despointes-BONS-C-T-S-DE-L-ESCLAVAGE-Ce-n-tait-pas-.jpgL'employeur n'en a que cure, ce n'est pas son affaire. Ajoutons que s'il en faisait son affaire, il se ruinerait infailliblement... ! C’est notre système économique qui le veut.

servitude.jpgAprès des années d'un dur combat, les prolétaires obtinrent finalement une allocation de chômage, mais inférieure au salaire qu'ils perdent, en attendant de retrouver le patron qui gagnera de l'argent en achetant le travail de leurs bras ou de leur cerveau...

Aujourd’hui, est-il imaginable de penser caricaturalement que dans les rapports humains qu'exige la production moderne, le prolétariat est aussi désuet que le seraient l'esclavage
ou la servitude féodale ???

Tant que la société moderne portera dans ses flancs des millions d'hommes auxquels les institutions promettent une égalité de droits qu'elle ne leur donne pas, son existence sera aussi précaire que celle du prolétaire d’antan

 

Vive-la-Liberte.jpgOui, bien sûr, Vive la Liberté ! Tout le monde est d'accord ! Mais peut-elle exister encore dans une société humaniste où le sort du plus grand nombre dépend de l'enrichissement du plus petit nombre ?

J'ajoute qu'il ne peut y avoir "contrat relationnel" qu'entre personnes libres et « égales » : il n'y a donc pas de "contrat" possible entre un patron richissime, toutes choses étant égales par ailleurs et un prolétaire appauvrie devant la « différence » puisque le second est subordonné  au premier et que « sa vie », ses « ressources » en dépendent. C’est, en quelque sorte, la règle du « jeu » !
abolition-esclavage.jpg
Chateaubriand l’a dit, bien qu’il fût loin d’être un économiste.


chateaubriand1.jpgIl avait raison, car il est facile de prouver que son raisonnement est vrai. On prétend que la guerre est aussi ancienne que la culture humaine, et que l’esclavage est aussi ancien que la guerre. Ce n’est pas tout à fait vrai, l’orgueilleux guerrier ayant pris d’abord l’habitude d’immoler le vaincu. C’est lorsqu’il considéra le travail comme déshonorant, qu’il fit du vaincu son esclave afin qu’il travaille pour lui. Sous cet angle, l’esclavage fut un tout petit progrès...

 

anniversaire_abolition_esclavage-bc296.jpgIl n’en reste pas moins que l’homme, pendant des millénaires, fut considéré comme la « propriété » d’un autre homme. Si l’esclave a des enfants, ils appartiennent à son maître, comme les veaux appartiennent au propriétaire de la vache. L’esclave n’est donc plus un être humain mais une chose, et cela à toutes les époques, chez tous les peuples, et sous tous les gouvernements.


L’esclavage fut long à disparaître.


carte-esclavage.gifComment les esclaves se sont-ils transformés en prolétaires ? L’évolution fut lente. Le servage fut introduit en occident par la conquête des légions.

 

En définitive, l’élément décisif de la transformation de l’esclavage en prolétariat est indiscutablement le progrès qu’accomplirent les techniques de la production des richesses. Jusqu’alors l’humanité n’avait disposé que de pauvres outils bien rudimentaires, lorsqu’un fait social surgit brusquement. Faute d’un terme plus expressif pour le définir, disons que ce fut l’embryon de l’industrie...


De tout cela, on a le droit de conclure que nous vivons sans doute encore, mais en constatant de bonne foi que mille progrès aient été faits, dans une caricature de civilisation humaine.


 

J'espère vos commentaires réfléchis et argumentés.

  Je vous y invite avec tolérance et plaisir.

 

 

 

 

COPYRIGHT-copie-1

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C

Blog(fermaton.over-blog.com)No.3- THÉORÈME ILLUSOIRE. - Tout est illusion ?
Répondre
A


La vérité est une illusion et l’illusion est une vérité. La plupart du temps...  Merci de votre visite. Bonne journée



M
Très bel article bien documenaisée belles photos mais on ne peut pas raisonner jusqu'à l'extrême à savoir qu'un salarié serait un esclave ...!!! Il est dépendant certes mais heureusement grâce aux
syndicats il a son mot à dire s'il est exploité . !!! Cordialement.
Répondre
A


Hé bien, merci de ce compliment.


Non, en effet un "salarié" n'est pas un esclave....encore que....


Mais je vous invite à relire cet article dans son cursus historique et comment les histoires du Monde se rapporte à notre monde fractalisé d'aujourd'hui.


Cordialement, André