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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

La plus grande des séductions, c’est peut-être d’être aimé !

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La séduction est une expression du 18ème siècle qui est une forme dérivée d’un verbe plus ancien : embéguiner (se mettre dans la tête, se coiffer de…).

Le "Dictionnaire étymologique de la langue françoise" nous explique que le béguin était une coiffe de toile utilisée pour se couvrir la tête, au 13ème siècle, par les béguines (femmes pieuses menant une vie semi religieuse en communauté mais sans prononcer de vœux, mouvement spirituel qui se multiplia du nord de la France aux Pays-bas principalement).

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Nos aïeux en ont fait dériver le verbe embéguiner.

 

Une façon de se moquer de ces jeunes filles que l’on jugeait trop faciles à convaincre, par persuasion et cajoleries, de se consacrer à la religion et prendre le béguin.
"L’histoire des Evêques de Liège" rapporte encore plus précisément que c’est avec un certain Lambert le Bègue (un "homme de bien" comme on disait à l’époque) que tout avait commencé : Il laissa mémoire de ses facultés presque miraculeuses à éveiller chez de très nombreuses femmes l’appel de Dieu... et donc du béguin (enfin de la coiffe !).

Dans "Le Trésor de la Langue Française Informatisé", on suit la transformation de ce verbe par le biais de l’argot, au 18ème siècle, pour donner l’expression "Avoir le béguin"…

Ainsi, du terrain religieux le sens a glissé (en pente douce ? Nul dictionnaire ne nous le dit) sur le terrain des amours pour exp rimer l’aveuglement et la faiblesse de qui se laisse trop vite prendre par la passion.

 

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Il est vrai qu’un bonnet, ça glisse facilement sur les yeux et que l’on y voit plus guère…

Le débat sur l’origine étymologique de béguin/embéguiner prend toute sa saveur quand on découvre que certains l’interprètent un peu (ou beaucoup) autrement :


- "Le Dictionnaire Historique et biographique de la Suisse" nous rapporte que la mot Béguina apparaît en 1223 dans les registres de Cologne. Il s’agissait d’un synonyme de pinzochera/pinzochero , terme italien désignant les pénitents mariés et qui finit par s’appliquer aux femmes célibataires ou veuves (celles qui seront habilitées à faire parties de ces communautés semi religieuses).

- "Le Dictionnaire Historique de la Langue française" nous parle des verbes néerlandais : begart et beggen signifiant bavarder. Ces femmes n’étant imposées ni aux vœux ni aux règles de silence, on leur aurait vite attribué un surnom moqueur, béguines dont l’équivalent serait aujourd’hui celui de bigotes bavardes.

- Dès le 13ème siècle, l’Eglise et notamment les franciscains se sont inquiétés des prétentions d’indépendance théologique et communautaire de ces femmes dont certaines furent même brûlées comme hérétiques. Le mépris du Clergé à l’égard de leurs prétentions intellectuelles sur les textes saints va gagner la population qui raillera leur façon (proche du bégayement) de marmonner sans cesse les prières en les nommant béguines. Ce terme dériverait donc alors du radical begg à la base du verbe français bégayer.

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Il faut laisser l’eau se calmer avant de s’y baigner !

 

 

 

 

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S

Bonjour André . Que voilà un article intéressant, bien documenté comme d'habitude et bien illustré et qui redonne du baume au coeur. Les articles
optimistes font toujours du bien à l'âme ... ! Amicalement
Répondre
A


Cher Samuel,


La "séduction" n'à que faire d'une Table de Loi ou de "Mode d'Emploi".


La seule recette, si j'ose dire, c'est de donner à l'échange et l'adéquation conséquente, des regards potentiels foudroyants souvent mais pérenne, pour instaurer la beauté de l'amour. En
tout cas, authentiques, sincères et...si la foudre est "absente", fair-play...


Bien à vous, André