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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

La parité des sexes marque un nouvel âge de la démocratie.

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Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que la démocratie est un idéal, infiniment perfectible. Loin d’être un système figé, elle est au contraire un processus dynamique qui constamment corrige ses manques ou ses erreurs, et qu’un de ses avantages par rapport à tous les autres régimes consiste en sa capacité à adapter plus fidèlement et plus rapidement les formes d’exercice du pouvoir aux transformations profondes de la culture et de la vie sociale en général. Notons également que toute démocratie est basée sur l’idéal du peuple souverain.

arton99.jpgC’est ainsi que la Constitution française énonce dans son article 2 que « Le principe de la République est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » et dans son article 3 que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Par ailleurs l’idée d’égalité, valeur fondatrice de notre République y est consacrée dans les termes mêmes de sa formulation dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, à savoir : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (principe d’universalisme). Pour ce qui est de la reconnaissance des sexes, il est stipulé : « Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français, majeurs, des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques », et, depuis 1946 « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ».

En quoi donc le principe de la parité des sexes apporte-t-il sa pierre à la construction de la démocratie ?
Essentiellement en ce qu’il donne à la notion de « peuple » qui, nous l’avons vu, constitue le fondement de la démocratie, un contenu nouveau, concret, en phase avec la réalité de la société contemporaine. Le peuple est défini comme l’ensemble des individus qui forment la nation. Or ces individus ne sont pas les êtres abstraits, asexués, sans visage auxquels se sont référés les textes fondateurs de notre civilisation politique, il y a plus de deux cents ans. Ils sont par essence des femmes et des hommes dans leur spécificité sexuelle et leur égalité en valeur et en dignité. Aussi bien la doctrine paritaire implique-t-elle que le peuple soit vu désormais comme l’ensemble des femmes et des hommes qui concrètement forment la nation. C’est donc dans sa double identité, féminine et masculine, que le peuple est souverain. En cela le principe de la parité des sexes constitue la clef de voûte de la démocratie.

arton236-1698a.jpgLa notion de parité des sexes intègre, bien sûr, l’idée d’égalité, valeur fondatrice de notre République, mais elle va au-delà de l’égalité en droit inscrite dans la Constitution, égalité qui procède du principe d’universalisme. Elle implique que l’égalité en droit soit assortie d’une égalité en valeur et en dignité des deux sexes. Là l’idée est novatrice : la femme et l’homme sont dans un rapport démocratiquement nécessaire d’égalité non pas parce qu’ils sont des êtres humains, mais parce qu’ils sont les deux formes de l’être humain incarné, ses deux faces, ses deux versions.

Dès lors les deux sexes ne peuvent être vus que dans un rapport d’équivalence – égalité en valeur et en dignité – exclusif d’une hiérarchisation… il n’y a pas de 2ème sexe – et de partenariat, c’est-à-dire de parité. Le symbole de référence est l’amour qui consacre à la fois la réalité de la dualité sexuelle de l’être humain, l’incomplétude de chacune de ses deux identités et l’interactivité de leur relation.

aphoto_1250787633957-2-0.jpgPar ailleurs l’identité sexuelle, à la différence de toutes les autres spécificités qui marquent chaque individu n’est pas neutre. Elle génère un jeu complexe de rapports de pouvoir entre les deux pôles sexuels, rapports qui sont commandés par la finalité de la dualité des sexes qui est leur fusion… Il en résulte que l’équilibre entre les deux sexes que postule leur égalité en valeur et en dignité ne peut s’établir de lui-même. La loi démocratique doit intervenir pour garantir cette égalité-là et veiller à ce que la réalité de la mixité de la société humaine soit reflétée dans ses structures et son fonctionnement. La démocratie sera alors dite, ainsi que je l’ai appelée, « paritaire ».

Hors cette analyse, me semble-t-il, il n’y a pas de fondement valable à une vision démocratique de la société humaine.

 

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Ainsi la dualité sexuelle implique la participation sur un pied d’égalité des femmes et des hommes dans tous les lieux de débat et de décision démocratiques, et ce dans tous les secteurs de la société, la vie politique et publique, le domaine juridique, l’éducation et la culture, la vie économique et sociale.

Mais c’est bien évidemment dans la vie politique et publique que le principe de la parité, vu comme un impératif démocratique au même titre que le suffrage universel ou la séparation des pouvoirs, doit trouver sa pleine et entière application.


 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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