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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

La non-opposition et la non-violence sont fondamentalement liées.

La non-oppositionstop-violence

L'opposition n'est jamais loin de la violence, tout comme, par exemple, la drogue n'est jamais loin de la dépendance.

Et l'opposition, comme la violence, impliquent que l'on considère l'interlocuteur sous l'angle du rapport de force. Il est probable que l'on choisisse la non-violence avant de choisir la non-opposition. Mais je pense que l'une ne va pas sans l'autre.

Et dès lors, je ne pense pas que l'on puisse se poser des questions sur les limites de l'opposition, si l'on ne s'est pas d'abord positionné en faveur de la non-violence. D’autre part, s'y intéresser n'impose en aucune façon de pratiquer.

L'intérêt précède la pratique, mais n'y mène pas forcément.

Petit-Robert-copie-1.jpg

Bien que les deux concepts soient assez différents, ils ont de nombreux points communs et, dans le texte qui suit, il arrive que certains paragraphes mêlent les deux notions au travers de certains exemples.

Avant d'entrer plus avant dans le développement, et bien qu'il s'agisse d'un terme que tout le monde connaît et utilise, il n'est pas inutile de redonner la définition du mot opposition.

Celle du Petit Robert semble assez appropriée. Le dictionnaire en donne plusieurs. J'ai choisi de ne donner que la première, celle qui nous intéresse ici, et qui définit l'opposition entre personnes :

« Opposition : Rapport de choses opposées qui ne peuvent coexister sans se nuire; de personnes que leurs opinions, leurs intérêts dressent l'une contre l'autre; antagonisme, combat, désaccord, heurt, lutte. Opposition de deux adversaires, de deux rivaux.

adiscorde, dissension, dissentiment, hostilité, rivalité.

En opposition : Entrer, être en opposition avec quelqu'un, sur un point particulier => conflit, contestation, dispute. »

La cinquième définition, donnée par le Petit Robert, parle de l'action d'opposition.

Bien qu'elle soit proche de la définition ci-dessus, qui oppose elle, des personnes, je prends pour parti de ne pas intégrer cette partie de définition dans le présent texte, car l'opposition de laquelle nous parlerons concerne bien plus l'opposition entre personnes; et les actions de refus, de non-coopération, de résistance, n'impliquent pas forcément, nous le verrons, de s'opposer à des personnes.

Ce que nous considérerons sera donc surtout l'attitude mentale d'opposition face à des personnes.

balance-a-energie.jpg

Il existe une nuance fondamentale entre être en désaccord et s'opposer.

Dans le désaccord, il y a le constat d'une différence, dans l'opposition, il y a l'inacceptation de cette différence.

Et la solution aux problèmes que nous rencontrons, est plus facile à obtenir ou à découvrir quand on est dans un état d'esprit d'acceptation. En d'autres termes, le comportement d'opposition ne facilite pas la résolution des problèmes.

Nous verrons même que dans la plupart des cas, il est un obstacle ou un frein.

La non acceptation mène au rapport de force, et donc :

°  à l'escalade

° à des comportements d'autorité et de soumission

°  à l'injustice

°  à la violence

°  à l'intolérance, l'irrespect, l'intransigeance

°  à l'incompréhension.

Toutefois, refuser de s'opposer ne consiste pas à renier nos opinions, à être hypocrite ou à se taire et adopter l'inertie.

Etre en désaccord, sans s'opposer, ne signifie pas non plus l'absence de colère, d'indignation ou de peur, en face de certaines situations, ou de certains comportements.

La différence consiste principalement à considérer nos interlocuteurs, non en adversaires, mais en partenaires, ou en partenaires potentiels.

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Cela implique également de lier nos émotions à nous-mêmes et non aux autres, et à lier le déclenchement de ces émotions à des faits ou comportements et non à des personnes.

Par exemple, s'indigner quand le patron submerge de travail implique que la décision d'augmenter la quantité du travail déclenche ma colère et que c'est moi-même qui suis responsable de cette émotion.

En considérant les choses ainsi, je reste capable de considérer mon patron comme interlocuteur potentiel, et non comme ennemi.

Cela va également me permettre, si je ne cède pas aux émotions, d'être capable de tenter de le comprendre, surtout de comprendre les raisons de sa décision, non pas en fonction de ce que je peux interpréter, mais en fonction de ce que je ferai pour les connaître véritablement, en les demandant.

Cela me laissera également la possibilité d'élargir mes choix face à cette décision, voire, de négocier sans me braquer sur le refus ou sur le chantage.

Les désaccords font partie de notre quotidien, mais nous ne sommes pas obligés d'opter quotidiennement pour l'opposition.

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Quelles sont les situations qui éveillent nos envies de nous opposer ?

L'opposition peut se manifester dans tous les domaines de la vie, de façon exprimée ou non-dite, collective ou individuelle.

C'est l'opposition d'une communauté face à un pouvoir institutionnel, d'un employé face à son patron, d'un enfant face à son professeur ou son parent, d'un conjoint dans le couple, d'un voisin.

Cela peut aussi être l'opposition face à un inconnu qui nous vole la priorité au volant, d'un collègue ou ami avec qui nous sommes en désaccord. Etc.

Ce sont toutes les situations qui peuvent mener au conflit : quand on n'est pas d'accord; quand on ne peut pas accepter une situation, ni se laisser faire, quand on veut se défendre, quand nous considérons avoir raison, et que nous voulons imposer nos vues à nos adversaires…

Nous sommes dès lors dans un rapport de force.

C'est nous ou eux. Et si ce n'est pas nous qui avons le plus de force, ou le plus de pouvoir, il va falloir trouver une autre moyen pour s'opposer et tenter de gagner gain de cause.

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Les choix pour se tirer d'affaire ne manquent pas :

-    L’agressivité,

-    La violence physique,

-    La manipulation sous forme de culpabilisation, de pression, de mensonge, de chantage ou autre.

Que la réaction soit franche ou malhonnête, elle risque de porter ses fruits, mais, ni avec le consentement réel de toutes les personnes concernées, ni de manière stable, durable.

Il existe pourtant d'autres choix, qui, s'ils ne portent pas forcément des fruits dans l'immédiat, ont plus de chances sur le long terme de convaincre nos adversaires/partenaires et de manière très probablement durable ou définitive.

Quelles sont les raisons apparentes ou avouées pour lesquelles on s'oppose ?

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A.   « Pour ne pas »

En apparence, il y a beaucoup de raisons possibles pour lesquelles s'opposer. Mais si on regarde de plus près, elles sont en général plutôt rares, car quand on répond à la question, la réponse qui vient, commence en général par « pour ne pas ».

Pour que quelque chose n'arrive pas, ou pour que quelque chose n'existe plus, est un objectif bien maigre à offrir à la partie adverse.

D'ailleurs, si un objectif alternatif nous était présent à l'esprit, on ne songerait probablement pas à s'opposer, mais à mettre en œuvre cet objectif.

Il arrive parfois que deux objectifs soient en opposition, et qu'il faille contrer l'un pour faire aboutir l'autre, mais bien souvent, l'objectif de l'un, est l'absence de ce que l'autre tente de mettre en place ou de maintenir tel quel, sans proposition alternative.

Et ce n'est pas pour autant que les objectifs consistant à supprimer un obstacle, soient négatifs dans leur essence, loin de là.

Qui pourrait nier les bienfaits de l'abolition de l'esclavage ou de la peine de mort, par exemple ?

Cependant, ils le sont dans les moyens utilisés pour y accéder, et c'est cela qui mène au conflit.

B.   L'esprit de vengeance

Quand nous ne sommes pas d'accord et ne comprenons pas les mobiles de l'adversaire, il est plus facile de le juger, a priori, comme incompétent ou mal intentionné, que de chercher à comprendre les raisons qui l'ont poussé à agir à l'encontre de nos intérêts.

Ne vous est-il jamais arrivé de choisir un comportement de vengeance vis-à-vis de quelqu'un en disant : "comme ça il (elle) comprendra" ?

C'est à dire que vous choisissez de lui faire le tort que vous estimez avoir subi de lui ou elle, dans le but qu'il-elle comprenne ce que c'est que de le subir.

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Or quand quelqu'un se venge d'un tort qu'il prétend avoir subi de vous, que comprenez-vous, sinon : « que c'est un emmerdeur-se », « qu'il (elle) n'a rien compris », « qu'il (elle) est de mauvaise foi », « qu'est-ce qui lui prend ? », etc. ... avec parfois l'envie, une fois encore, de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Je pense que ce genre d'attitude est vraiment très lié au type d'éducation que nous avons reçue, ce qui est expliqué plus loin dans le texte.

Dans le même cadre et par rapport à la violence, Jean-Marie Müller énonce ceci :

“C’est toujours l’autre qui a commencé. La violence est toujours une réponse à la violence de “l’autre-qui-a-commencé”. Dès lors : “Il n’a que ce qu’il mérite”; “Il n’avait qu’à pas commencer.” “C’est bien fait pour lui.”

Et bien ! Non, précisément, ce n’est pas bien fait : faire violence, ce n’est jamais bien faire, ce n’est jamais faire le bien.

Que l’autre ait commencé, ce n’est pas une raison pour continuer. Car si l’autre a eu tort de commencer,

je n’ai certainement pas raison de continuer.”

Dénoncer pour amener d'autres à se rallier à l'opposition : l'exemple des associations militantes

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Souvent, pour s'opposer, on va tenter d'accumuler la force de son côté; soit la force du nombre, soit celle de l'autorité, ou encore celle de la menace, du chantage.

Un moyen de créer la force du nombre consiste à informer pour dénoncer; c'est ce que font énormément d'associations qui travaillent dans le registre de l'opposition pour tenter de faire plier leurs interlocuteurs.

Souvent leurs actions ne se limitent qu'à la tentative de propagation d'information de dénonciation d'un problème, via le lancement de pétitions, via des conférences, des débats, la publication de textes, articles, livres, et parfois aussi via des actions spectacles, dans le but d'être médiatisé et de toucher le public le plus largement possible.

Toutes les associations ne sont pas dans ce registre bien sûr. Certaines agissent « pour » quelque chose, certaines agissent « contre » quelque chose, certaines informent tout court, d'autres informent pour agir « contre ».

Il y a de tout, et cela dépend principalement de l'état d'esprit des membres qui en font partie.

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Je pense aux associations écologistes par exemple.

L'une va informer le citoyen pour le stimuler à calculer son empreinte écologique; l'autre va l'informer dénonçant le nombre de tonnes de CO2 que les pays rejettent chaque année et condamner ces faits.

Les deux pourront, par exemple, expliquer la conséquence du rejet de CO2 sur le réchauffement climatique, mais l'une le fera pour rendre possible une prise de conscience chez le lecteur/auditeur, qui pourra amener à un changement de comportement, amenant lui-même à une diminution des rejets de CO2; l'autre le fera pour amener le lecteur/auditeur à s'opposer avec elle, et venir grossir les rangs des opposants, dans le but d'amener un gouvernement à légiférer pour une diminution de la pollution, et cela dans un rapport de force (le pouvoir des masses), plutôt que dans le but de proposer au gouvernement les alternatives non polluantes.

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Les deux démarches sont complètement différentes.

Les premières associations sont en général dans l'action solidaire, les autres plutôt dans l'activisme. Et beaucoup d'associations travaillent dans les deux registres.

Je pense aussi, que dans ce cadre, la publicité qui est faite par les associations d'opposition via les mass-médias, n'est que la partie visible de l'iceberg.

Car, ailleurs, d'autres effectuent un travail de fourmi nettement moins spectaculaire, mais nettement plus constructif.

C'est ce que Gandhi exprimait de la façon suivante :« Les arbres qui tombent font beaucoup de bruit, les forêts qui germent ne s'entendent pas. »

Beaucoup d'altermondialistes l'ont compris, et c'est la raison pour laquelle ils ont préféré le terme « alter » à celui d'« anti »-mondialiste.

Car leur but n'est pas de « contrer » la mondialisation, mais bien plus de proposer une autre mondialisation. Mais tous ne sont pas au clair avec ces notions.

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Car si l'on dit qu' « un autre monde est possible » en s'acharnant dans les actions de dénonciation, non seulement on ne change pas d'attitude, c'est à dire qu'on reste dans le même registre d'attitudes que ceux que l'on dénonce, mais de la sorte, on ne propose rien de neuf non plus.

Car même lorsqu'il s'agit d'informer, la plupart du temps, seuls ceux qui recherchent cette information, se sentiront concernés par elle, et écouteront le message, qu'il soit dénonciateur ou constructif.

De plus nous avons tous des croyances de toutes sortes.

Et quand nous cherchons à nous informer, nous n'allons pas forcément chercher l'information la plus objective, mais surtout celle qui va confirmer nos croyances.

Sans compter qu'il est difficile de persuader sur base de l'information uniquement.

Les témoignages et les images peuvent aider à influencer, l'exemple parfois aussi. Mais le plus souvent, nous ne sommes atteints que lorsque nous expérimentons nous-mêmes, lorsque nous vivons les choses, lorsque nous les ressentons profondément, lorsqu'elles nous concernent de près, lorsqu'elles nous imprègnent.

Le discours seul, convainc rarement. Informer a donc ses limites.

Ce que je mets en doute, c'est l'efficacité de la démarche qui se limite à informer et à dénoncer dans le but de faire changer les choses.

Cependant, l'information n'est pas néfaste en soi. En effet, un discours qui ne convainc pas, n'est pas vain pour autant.

S'il ne convainc pas ceux à qui il est adressé, il peut interpeller d'autres qui en ont connaissance, mais aussi, il se pourrait fort bien qu'il fasse écho ultérieurement, quand l'expérience rejoindra le contenu de l'information, et que l'impact n'ait donc pas lieu dans l'immédiat.

Il n'est dès lors jamais vain de s'exprimer maintenant, mais mieux vaut le faire sans attente directe. Mais au-delà, un message constructif sera mieux perçu et mieux entendu qu'un message d'opposition.

Tout simplement car il donne envie d'aller vers quelque chose et révèle déjà les moyens pour agir concrètement, alors que le message d'opposition révèle en filigrane une sorte d'appel à l'aide face à l'impuissance d'être entendu, et cela n'est en général pas très mobilisateur.

Les effets de l'opposition

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L'opposition engendre l'opposition, ou la soumission.....temporaire.

C'est en fait déjà au niveau du mode de pensée qui sous-tend l'attitude d'opposition, que nous biaisons nos objectifs.

Car en nous opposant, nous ralentissons, et parfois même, nous nous empêchons d'arriver à nos fins.

Notre attitude va entraîner des comportements qui, bien souvent, ne pourront pas être acceptés par l'interlocuteur.

Une erreur

Car l'opposition est un sérieux obstacle au dialogue et à la négociation.

Dans le pire des cas, elle peut couper la communication, et faire place aux stratégies de violence, que ce soit entre nations, entre populations, dans l'éducation, au travail, en amitié ou dans le couple; l'opposition se passe dans le registre du rapport de force.

Quand on ne veut pas que l'autre agisse dans un sens et qu'on ne peut l'aider ou l'amener à agir autrement, on ne peut que tenter de le forcer, imposer, empêcher.

bien s'exprimer

Et cela ne peut être que considéré comme inacceptable par l'interlocuteur quel qu'il soit, sauf s'il peut entrer dans le registre de la soumission; ce que font les enfants devant les éducateurs, les employés devant un patron, ou un pays vaincu par la guerre.

Et toute personne ou groupe de personnes qui se soumet, ne comprend, en général, pas véritablement le point de vue de celui qui a le pouvoir, et rien ne l'amènera à le comprendre; ce qui entrainera que le rapport de force doit subsister pour maintenir la soumission, et que la personne au pouvoir, si elle ne maintient pas sa force, sera menacée de le perdre.

En fait, bien souvent, nous nous opposons quand nous n'avons pas défini clairement nos objectifs, de manière consciente et positive, et que nous mettons l'entière responsabilité de la situation sur les épaules de nos adversaires, sans prendre conscience de notre propre part de responsabilité qui est en jeu.

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L'opposition permet d’obtenir gain de cause, parfois.

Mais ce n'est pas toujours durablement, et rarement en faveur d'une amélioration des relations entre protagonistes, ce qui n'augure pas la résolution facile de problèmes futurs entre eux.

Une attitude négative, violente, injurieuse, face à ceux auxquels on s'oppose (quelle que soit la nature de l'enjeu), ne va jamais aller dans le sens de la compréhension mutuelle.

Quand nous réagissons en opposition à d'autres, nous le faisons en général en présupposant que l'autre est : soit de mauvaise foi; soit n'est pas capable de comprendre.

Mais les autres ne sont pas plus de mauvaise foi que nous ne pouvons prétendre l'être nous-mêmes.

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Etes-vous conscient régulièrement d'agir en toute mauvaise foi ?

Je ne pense pas qu'il y ait grand monde qui puisse répondre par l'affirmative.

Notre cohérence subjective intérieure nous en empêche.

Et s'opposer à quelqu'un en subodorant sa mauvaise foi, va être compris comme injuste par la personne concernée, et ne peut que la stimuler à maintenir sa propre position, à se sentir mal comprise, ou injustement attaquée ou blâmée, etc.

Et, non seulement elle va maintenir sa position, mais cela va la renforcer pour la défendre, et donc, à s'opposer à son interlocuteur.

Et une fois cette situation installée, il est difficile de se comprendre, de négocier, et de faire évoluer les points de vue.

Par contre, cette situation favorisera le campement sur les positions, voire l'adoption d'une attitude encore plus rigide, la surenchère, l'agressivité.

Quand on « défend » une cause, on reste sur la défensive.

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Quelqu'un qui explique quelque chose en étant sur la défensive est nettement moins convaincant.

De plus, si on défend sa cause devant des gens qui défendent la cause inverse, on est presque sûr de ne pas convaincre, car en étant chacun sur la défensive, on n'est pas du tout à l'écoute de l'autre, et dans ce cas, les opinions, non seulement ne peuvent pas se rapprocher, mais elles vont de surcroît probablement se figer, et provoquer le blocage dans l'évolution des discussions, négociations etc.

En parallèle au fait que l'opposition stimule plutôt l'incompréhension mutuelle et favorise la stagnation des positions; elle a tendance à déresponsabiliser.

On pense que l'autre est responsable, voire coupable.

Nous, nous avons raison, nous sommes dans notre bon droit, du côté de la justice, et nous sommes tout simplement des victimes.

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Nous pensons comprendre le point de vue de l'autre (à partir du nôtre), en pensant tout simplement que s'il n'est pas de mauvaise foi, c'est qu'il n'a pas compris, et du reste, qu'il n'est pas capable de comprendre !

Ce que l'on prouve, à force de ne pas lui expliquer ce qui compte vraiment pour nous dans la situation.

Or nous ne sommes pas plus capables de le comprendre, car si nous le comprenions, nous changerions d'attitude et ne choisirions pas de nous opposer.

Dans ce contexte, bien souvent, l'opposition mène à l'inverse de ce que nous recherchons.

Car quand nous nous opposons à quelqu'un ou à un groupe, cela fonctionne comme un château de cartes.

Les cartes placées en opposition se maintiennent debout.

En s'opposant, nous maintenons debout ce qui nous oppose.

En nous opposant à quelqu'un, à quelque chose, nous maintenons le problème, nous aidons nos adversaires à camper dans leurs positions, à les rendre plus rigides, nous stimulons l'incompréhension mutuelle, et nous nous aidons nous-mêmes à rester dans l'opposition et à ne pas avancer, ou si peu.

S'opposer est aussi souvent un mode de fonctionnement qui nous fait croire que nous agissons pour nos objectifs, et qui nous donne pas mal de fil à retordre pour maintenir cette opposition, et pour dénoncer le problème autour de nous, sans finalement rien obtenir.

Cette opposition consiste dès lors à agir (et perdre pas mal de temps et d'énergie), …pour faire du vent, pour faire du bruit en même temps.

Mais souvent, nous n'en sommes pas nous-mêmes conscients.

Et de la sorte, elle nous empêche d'agir réellement là où quelque chose est possible.

Quand l'opposition perdure, elle mène forcément à une détérioration de la situation, quelle que soit l'échelle du problème rencontré, et peut dans certains cas bloquer la situation pour des années, des décennies.

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Le fait que l'opposition nous maintienne dans le problème, peut engendrer pas mal de souffrance.

En nous opposant, nous nourrissons les émotions les sentiments et les pensées négatives, liés à la colère, à l'indignation, parfois au mépris ou à la culpabilité.

Il n'est pas facile d'accepter ce qui est, quand cela ne fait pas sens pour nous, quand cela ne répond pas à notre besoin de cohérence, d'intégrité ou de justice.

Cependant, si cette acceptation est possible, elle va permettre d'évoluer dans la situation et bien souvent d'en sortir bien moins meurtri ou affaibli.

Se laisser porter par le courant, même si celui-ci ne nous paraît pas favorable, permet de diminuer la souffrance, et de mobiliser l'énergie ailleurs. I

l ne s'agit pas de se laisser engloutir par des problèmes sans lever le petit doigt, mais bien plus d'arrêter de ruer dans les brancards, afin d'être capable de voir émerger des solutions.

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Se laisser porter par le courant face à un problème, ne signifie pas forcément abdiquer face à nos objectifs ou ne pas être fidèle à nos opinions.

Cela permet par contre de diminuer la souffrance, et de prendre la distance face à la situation, et c'est cette distance qui permettra de changer la perspective et de résoudre les choses par une autre voie.

En d'autres termes, en lâchant prise par rapport à l'idée de solution qui nous vient a priori face à un problème, nous nous donnons plus de chances de trouver une solution véritablement satisfaisante.

A l'inverse, résister au courant peut épuiser.

S'opposer va amplifier la souffrance engendrée par le problème et nous aveugler face aux sorties de secours.

Probablement que souffrir quand on est dans le courant et dans l'acceptation, n'empêche pas d'être heureux, alors que souffrir quand on n'accepte pas, devient insupportable et fait notre malheur

On peut se représenter la situation à l'image d'une balance à énergie .

Quand un problème existe quelque part, on peut le représenter comme une quantité d'énergie d'un côté de la balance, le côté problématique.

Plus on investit son énergie par rapport au problème, plus le côté problématique aura de poids, même si l'énergie consiste à combattre le problème.

Et si la solution est bien ailleurs que dans le problème, elle se trouve de l'autre côté de la balance.

Et donc, une fois qu'on investit son énergie du côté solution de la balance, c'est de l'énergie qui à la fois donne du poids à la solution, et, comme elle n'est pas investie dans le problème, c'est de l'énergie qui disparaît du poids du problème.

C'est en quelque sorte un double gain.

Plus on investit dans les solutions, moins on donne de poids au problème, et de la sorte, on finit par inverser le rapport des poids, et à un moment, le problème finit par disparaître de lui-même, vidé de toute son énergie, vidé de tout son poids, pour laisser émerger la solution.

Et cela rejoint l'image du verre à demi plein  qui se remplit quand on ne regarde pas la partie vide !

Le tout n'est pas de chercher à ne plus s'opposer à 100% ou à être 100% non violent, mais de faire le choix dans cette direction, et de poser des pas dès qu'on en a l'occasion, dans cette direction.

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La peur est la première des raisons qui nous entraînent dans des comportements d'opposition, et elle est parfois tout à fait légitime. Mais pas toujours.

Notre ignorance peut nous amener à éviter la communication et la négociation par peur d'échouer, et parfois aussi par notre incapacité à essuyer un refus lorsque nous faisons une demande. L'ignorance va nous mener vers la peur et le choix de l'opposition.

Un autre moteur de l'opposition peut être la colère.

solution totalement satisfaisante

Plutôt que gérer nos pulsions ou attendre de reprendre notre calme, nous nous opposons de manière abrupte, plus menés par l'urgence de nos émotions que par celle de la situation en général.

Que ce soit la peur, la colère, ou l'ignorance, nos actions ne sont souvent pas tant orientées « pour » mener quelque chose à bien, que « contre » ce que l'autre veut mener à bien.

Et tant que nous serons dans ces attitudes-là, nous serons incapables de changer le processus.

Il est nécessaire de d'abord devenir conscient de ce qui nous pousse à nous opposer.

Car ce sont bien la peur, la colère et, en moindre mesure, l'ignorance, qui vont paralyser : notre créativité (pour trouver des solutions alternatives), notre bienveillance, notre générosité, notre souplesse, notre empathie; et ainsi, nous figer dans l'attitude d'opposition « contre » tout ce qui ne nous convient pas.

Un autre moteur de l'opposition est la victimisation.

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Si l'on se considère comme victime d'une injustice, sans possibilité d'adopter un autre regard sur la situation, l'attitude est de chercher un coupable, et c'est bien à lui que l'on va s'opposer, car c'est sur lui que nous mettons toute la responsabilité de la situation, du problème que nous vivons.

Mais en évacuant toute notre responsabilité de la situation, nous évacuons dans le même temps toute possibilité d'initier nous-mêmes une solution.

Cette déresponsabilisation nous rend soumis à la situation, nous remet dans la situation de l'enfant qui obéît, ou se rebelle, sans choisir la voie de la communication, de la créativité, de l'alternative.

Cela fige les rôles et empêche de trouver une solution satisfaisante pour tous.

Se considérer comme victime c'est prendre le rôle qui justifie celui du bourreau, c'est entrer ou rester dans le scénario duquel on voudrait à tout prix sortir.

Car prendre un rôle de victime, c'est participer à un jeu.

Pour ne plus participer, mieux vaut accepter de prendre ses responsabilités, plutôt que de les mettre toutes sur le dos du bourreau; ce qui signifie, dans la plupart des cas : sortir du jeu, ou ne plus en accepter les règles et créer nos propres règles.

« Pour perpétuer un problème, rien de plus sûr que le reproche. Porter la faute sur les autres revient à nier son propre pouvoir, alors que la prise de conscience permet de dépasser le problème et de contrôler l'avenir. »

Changement de cadre de référence

Je pense qu'avant de pouvoir changer nos schémas de comportement il importe de pouvoir être capable de reconnaître les schémas dans lesquels nous sommes jusqu'à présent, et je pense que c'est là que le bât blesse en général.

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Car qui est capable de s'avouer tout de go (sans avoir fait un travail sur soi au préalable) que sa tendance, devant une injustice, par exemple, est : la violence, la manipulation, la plainte ?

Or, sauf rare exception, nous fonctionnons tous (parfois, souvent ou tout le temps) dans ce registre.

Et ceux qui le réfutent le plus souvent sont sans doute ceux qui ont le plus de chemin à faire.

A moins que ce ne soient ceux pour qui les comportements de violence, de manipulation et de plainte sont perçus comme tout à fait corrects, à surtout ne pas remettre en question.

Tant qu'on n'a pas compris dans quel registre on a l'habitude de fonctionner, on ne peut voir qu'il existe d'autres cadres de pensée.

Un peu comme il me paraît utile d'apprendre à mentir, pour devenir véritablement capable de choisir consciemment de ne pas mentir, et pour en comprendre l'utilité morale.

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Et il n'est pas simple de comprendre le cadre de référence dans lequel on est, ni de savoir qu'il y a d'autres cadres de références possible.

On peut se le représenter via l'exemple du poisson qui ignore ce qu'est l'eau,…tant qu'il n'a pas fait l'expérience de l'air !!!

Tout comme nous ignorons a priori la présence de l'air tant que nous ne connaissons pas le vent, l'eau ou l'étouffement.

Et tant qu'on n'est pas conscient de ce qu'est réellement l'opposition, parce que nous baignons dedans, on ne la considère pas comme un problème, et on se demande pourquoi s'y attarder, acceptant souvent ses conséquences, comme inéluctables, et souvent incapables de voir son inefficacité.

Le changement ?

Observer – intégrer ! Une fois qu'on a compris en quoi consiste réellement l'opposition et ses conséquences; ce qui n'est que le tout début d'une prise de conscience, il devient possible de l'observer partout.

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C'est alors nettement plus convainquant que toute explication.

Ce qu'on a compris intellectuellement prend du relief lorsque c'est observé dans la réalité. C'est là que s'opère réellement le changement du cadre de référence (de pensée).

Il suffit de se prendre au jeu, même sans y croire, pour les détails comme pour les choses importantes : tenter de l'observer : et ça devient presque évident assez rapidement.

Et une fois qu'on a accès au nouveau cadre de référence, on est toujours capable de raisonner dans l'ancien, on le comprend toujours, mais il ne satisfait plus, car il ne fait plus autant sens que le nouveau.

C'est ce qu'on appelle un changement de paradigme.

Et apprendre à fonctionner selon ce nouveau cadre de référence, ne sera que le résultat d'un long chemin d'apprentissage ultérieur.

La prise de conscience opère avec le temps.

Car une fois qu'on est informé, qu'on prend conscience (ce qui sont deux étapes différentes) : on commence à mesurer le problème, à connaître ses conséquences, on commence à être capable de l'observer plus clairement, autour de soi d'abord, sur soi ensuite.

Car il est nettement plus facile d'observer les erreurs des autres que de s'avouer les siennes propres.

Pourtant cela fait partie de l'apprentissage, car sans ce regard lucide sur soi-même, on ne pourra que poursuivre la quête des changements à l'extérieur, alors que c'est sur soi-même que le travail peut avant tout être effectué.

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Cela vaut la peine d'analyser ce qui, en nous, nous pousse à nous opposer.

Bien souvent ce sont nos peurs qui guident nos pensées et nos actions.

Car il ne s'agit pas tant de pointer la faute ailleurs, que de voir qu'on est soi-même dans quelque chose que finalement on ne désire pas.

Et pour ne pas le désirer, il faut d'abord le voir.

Et comme il s'agit surtout de quelque chose par rapport à soi-même, il n'y a pas de faute, de coupable, mais il y a des choix possible.

Une autre tendance que l'on peut faire évoluer, c'est la souplesse dans le changement même.

Beaucoup de gens sont rétifs à quitter les comportements d'opposition, d'agressivité, voire de violence, car ils veulent arriver au but dans l'immédiat, et faute d'y parvenir, ils estiment alors que c'est tout simplement inaccessible.

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D'une certaine manière, ils pensent que si on n'est pas capable de ne pas s'opposer dans toutes les circonstances, c'est que l'opposition reste la meilleure solution.

Bien sûr, quand on commence à changer, on trouve rarement l'attitude adéquate, alternative à l'opposition, du premier coup.

En se préoccupant de l'objectif, et en trouvant au fur et à mesure les moyens, on peut voir jusqu'où on peut aller.

Rien ne sert de dire à l'avance qu'on ne pourra jamais aller assez loin.

Juste, nous ne sommes pas encore capables de voir assez loin pour savoir jusqu'où on ira. Toujours est-il que le changement est un travail que l'on fait sur soi, et qu'il ne s'agit pas de techniques à appliquer.

Avant d'agir

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Poser le problème correctement 

  • ·         Une erreur très courante, dans une situation qui ne nous satisfait pas, consiste à chercher des solutions avant même d'avoir posé correctement le problème.

Et nous sommes très souvent dans ce mode de fonctionnement.

C'est celui dans lequel on ne cesse de parler du problème, croyant entre autre, que le dénoncer est une manière de le résoudre.

·        Or on ne peut pas sortir d'un problème si on ignore qu'il existe, ou si ce problème est mal circonscrit.

Il faut donc en premier le connaître et bien le poser.

Savoir que ce n'est pas en se regardant comme victime, ou en observant les autres comme victimes ou bourreaux; mais en étant capable de voir notre propre responsabilité dans l'enjeu (la responsabilité n'impliquant pas la notion de culpabilité).

·         Et de la même manière, le fait de s'attarder au problème sans arriver à passer aux solutions est intrinsèque au fait qu'on n'a pas encore bien assimilé en quoi consiste le problème, car le désir d'en sortir est assez naturel ensuite. Reste alors à choisir les vraies solutions.

Résoudre un problème, ce n'est pas le rendre inexistant

·         Un changement important également, consiste à ne plus considérer qu'il faille annuler ce qu'on ne veut pas, pour obtenir ce qu'on veut.

·         Il n'est pas toujours nécessaire de détruire une maison pour en construire une autre, la rénovation répond parfois mieux aux besoins.

Il n'est pas nécessaire d'interdire l'agriculture non biologique pour pouvoir cultiver biologiquement.

Il n'est pas nécessaire de bannir la voiture pour pouvoir marcher, faire du vélo, prendre les transports en commun.

·         Bien sûr, détruire ou interdire, peuvent être des possibilités à envisager, mais elles sont souvent difficiles à faire admettre à ceux qui tiennent au maintien de ce qui est déjà.

Et cela vaut, à plus forte raison, quand on navigue dans le domaine des relations, non basées sur des constructions matérielles.

En effet il n'est pas nécessaire d'évincer quelqu'un ou de le faire taire, de le forcer, ou de le convaincre; pour satisfaire nos propres désirs ou besoins.

Il existe souvent d'autres chemins qui respectent les besoins de tous.

Si l'on fixe clairement les besoins auxquels répondre, et les objectifs à atteindre, on aura plus facilement accès à des idées innovantes et satisfaisantes pour tous.

Chercher la solution ailleurs que dans le problème

·         Si s'opposer fait bien partie du type de raisonnement problématique, ce serait alors ailleurs qu'il faut chercher.

Pour moi il reste aussi pas mal de cas où je ne vois pas comment faire autrement que m'opposer, et pourtant, je pense que c'est bien là notre handicap : tant qu'on n'est pas capable de voir qu'on peut agir autrement, on reste dans nos problèmes.

On les perpétue, on les reproduit, on les multiplie

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Quand il n'y a pas d'alternative à l'opposition : l'urgence

·         Il y a des situations où la non-violence, la négociation, la médiation, la patience, l'acceptation, le compromis, la compassion, la compréhension, l'abnégation, etc., n'ont pas leur place, car l'urgence est là.

Le débat sur l'opposition n'est plus alors à l'ordre du jour.

En particulier, lorsqu'on assiste à quelque chose de violent sur lequel on peut agir, soit par la force (force physique ou ascendant psychologique), soit pour détourner l'attention du ou des auteurs de cette violence.

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C'est le cas lorsqu'on est spectateur d'une scène de violence entre deux personnes, et en particulier sur des enfants, et que l'on juge pouvoir avoir un ascendant sur l'auteur de violence.

Et ce n'est sûrement pas facile d'intervenir en toute conscience (et non sous l'emprise de l'impulsion), car il est presque évident que la violence sera en retour dirigée contre nous.

·         A ce titre la citation de Gandhi ci-dessous, est des plus explicites : « S’il fallait absolument choisir entre la violence et la lâcheté, je conseillerais la violence (…) mais je crois que la non-violence est infiniment supérieure à la violence. »

·         C'est sans doute tout un apprentissage à effectuer pour y arriver. Car dans l'urgence, il n'est pas toujours facile de faire la part des choses.

Tout un débat intérieur se met en route, et on n'est jamais sûr de faire le bon choix. Quand réagir et s'opposer s'avère être le mauvais choix, il peut y avoir des conséquences pires que de ne rien faire.

Car, la question qui se pose souvent est : « Qui suis-je, pour intervenir auprès de gens que je ne connais pas, ou pas assez ? ».

C'est un peu le même débat que lors de violences entre deux pays, ou inter-ethniques, inter-religieuses, quand on parle du droit d'ingérence.

A titre individuel, je pense que le principal est d'agir en âme et conscience, et en étant relié à notre bienveillance plutôt qu'à nos impulsions, notre colère, ou notre indignation.

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Refuser l'urgence "apparente"

·         Un piège fréquent consiste à ne pas faire la différence entre l'urgence réelle de la situation, telle que montrée ci-dessus, et l'impression d'urgence que créent nos impulsions via les émotions de peur, de colère ou autre.

S'il n'y a pas danger de mort, de destruction, ou de choc imminent, s'il n'y a pas un délai extrêmement court à respecter (pour une décision ou une action); rien n'empêche de prendre le temps, de se poser.

90 à 99% des situations ne nécessiteraient pas l'opposition

·         Devant toute situation problématique, la question de l'opposition se pose toujours.

Plus on apprend et plus la proportion de résolution sans opposition peut augmenter.

Et je pense que 90 à 99% des situations que nous rencontrons, peuvent se passer d'une attitude d'opposition.

Je n'exclus pas que 100% soient concernées.

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Ne pas chercher à avoir le dernier mot

·         Une des premiers apprentissages est celui de ne plus jamais chercher à avoir le dernier mot dans une discussion, quitter l'attitude de vouloir avoir raison.

Et cela n'implique pas tant le fait de laisser dire, que celui de lâcher prise face à nos propres impulsions pour rétorquer.

Une bonne école à ce jeu-là c'est d'apprendre à se taire face à de la provocation.

C'est l'exemple le plus clair qui montre à quel point s'opposer peut-être néfaste. Si quelqu'un provoque, le mieux c'est d'ignorer, de laisser faire, de s'en aller.

Car en ripostant, on le stimule à 500% et on reçoit en retour 5 fois plus de provocation.

Agir quand on est dans le bon état d'esprit

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·         Quand on se sent agressé, ou qu'on fulmine de colère face à une situation jugée injuste, et où la première réaction serait de réagir violemment en exprimant de la colère; s'il n'y a pas urgence, il est possible de se replier sur soi et de chercher d'autres solutions, de calmer sa colère (ça prend parfois pas mal de temps, surtout au début de l'apprentissage).

Cela permet d'interpréter l'attitude de l'opposant de différentes autres manières (que la première qui vient à l'esprit, et qui paraît évidente si on n'y prend pas garde), en tentant de comprendre ses propres raisons possibles d'agir ainsi.

·         Il est donc possible de prendre le temps pour ne pas réagir dans l'immédiat, et voir s'il y a moyen de réagir du mieux que l'on peut, pour calmer la tension, voire s'il y a moyen de se parler, d'exprimer nos positions réciproques, de tenter de comprendre, de rassurer la personne qui nous a agressé si nécessaire (car souvent on agresse quand on se sent menacé), de faire comprendre les raisons de notre colère, tout en exprimant que ce n'est pas pour autant que nous lui en voulons.

Et pour cela il faut que cela soit sincère. Cela demande souvent du temps pour y arriver.

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·         De plus, il faut savoir que si nous attendons de ne plus être sous le coup de l'émotion, notre réaction sera différente.

Notre état d'esprit, notre humeur peut changer en nous concentrant sur d'autres préoccupations, en laissant passer du temps, et de manière plus importante encore, après une nuit de sommeil.

Si nous sommes d'humeur à râler, nous plaindre, geindre, nous opposer, critiquer, nous indigner, mépriser, etc., nous ne serons bons à rien.

·         La difficulté, en général, est d'une part, de se rendre compte que tel est notre état d'esprit.

Car en général, nous sommes plus à même de voir quand nous sommes sereins et de bonne humeur que l'inverse, et surtout, nous serons plus incliné à le reconnaître, ce qui est bien plus difficile dans le cas de la mauvaise humeur.

Or quand nous sommes dans le versant négatif de l'humeur, non seulement nous sommes incapables de voir des solutions créatives à nos préoccupations, mais nous sommes surtout enclins à nous opposer, agresser et ruer dans les brancards.

·         Et il suffit parfois de quelques heures de sommeil pour que la solution s'impose à nous au réveil, apparaissant alors comme évidente.

Elle n'a rien à voir avec l'opposition, elle est de l'ordre de la créativité, de l'alternative, de l'inattendu, du truc auquel on n'aurait pas pu penser tant qu'on était dans l'état d'esprit précédent.

Parfois même, le problème ne nous apparaît même plus comme un problème, et la solution consiste à abandonner le sujet.

·         Lorsqu'on a envie d'imposer sa solution à l'autre, car on estime la sienne totalement inacceptable, s'il n'y a pas urgence, on peut se retenir de réagir dans un premier temps pour voir comment réagir autrement dans un deuxième temps.

Et si vous vous piégez à répondre agressivement dans l'immédiat, impulsivement, vous pourrez observer les dégâts occasionnés, soit sur la personne, soit sur vous-mêmes (le retour de flamme qui ne manque jamais d'arriver).

La nuance

·         Un autre changement d'attitude possible est celui de pouvoir alléger sa position, nuancer, relativiser, être capable de regarder ce qui nous heurte, avec d'autres lunettes, comme si nous étions quelqu'un d'autre.

Cela permet de se montrer moins intangible, moins intransigeant.

Que le, ou les besoins, qui sont à l'origine de notre position, soient intangibles, oui, mais pas forcément la position, car il existe des milliers de manières de répondre à nos besoins.

Enquêter sur la position de l'adversaire

·         Ensuite, qu'est-ce qui, chez l'autre, nous paraît si menaçant ou si injuste dans son attitude. Et qu'est-ce qui pourrait faire que je ne le regarde plus comme menaçant ?

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·         Cela nécessite de comprendre son point de vue, soit en le devinant, soit en le cherchant, soit en le lui demandant.

Mais cela nécessite également de pouvoir accéder au point de vue qui se trouve au-delà de ce qui est exprimé. Car ce qui est exprimé, dans la discussion, dans la négociation, est bien souvent coloré par l'attitude défensive (autoritaire, agressive soumise, ...), sans compter les aspects inconscients de son attitude.

C'est un apprentissage qui prend énormément de temps.

Il exige d'être, au préalable, au clair avec soi-même, nos propres sentiments, émotions, pensées, besoins; d'être capable de s'en distancier, et être capable de se distancier des émotions déclenchées lors de la confrontation avec l'autre, de manière à vraiment pouvoir l'écouter.

Encore une fois, la Communication Non Violente, ainsi que d'autres méthodes d'apprentissage de la communication relationnelle, peuvent nous permettre d'y arriver.

Changer la manière de s'exprimer (être moins menaçant) 

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·         Il existe des manières d'exprimer ses opinions sans que cela puisse être ressenti comme menaçant pour la personne qui pense l'inverse.

Se défendre devant quelqu'un qui a peur, fait grossir le problème. La bienveillance peut le faire diminuer. Mais c'est un art qu'il faut apprendre à maîtriser. A

dmettre le bien-fondé de l'opinion de l'autre, exprimer parfois nos propres doutes, nos peurs, peuvent nous mettre finalement moins en danger que décréter nos vérités de manière indiscutable.

De même, quand nous parlons aussi à la première personne, sans exprimer nos arguments comme « la vérité », mais comme notre conviction.

En montrant par là notre acceptation de l'opinion divergente de l'autre.

L'idéal est de donner plus d'énergie à l'écoute et la compréhension qu'à l'expression, sans être soumis ou poli pour autant. Le faire de manière authentique et bienveillante.

 

Très peu de gens sont capables de cela.

 

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