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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

L'art sublime rend accessible les plus hautes conceptions de l'amour


L'art et la science
C'est par le truchement de l'expression artistique que les valeurs les plus hautes acquièrent une signification éternelle et une force capables d'émouvoir l'humanité. L'art possède la faculté illimitée de transformer l'âme humaine — faculté que les Grecs appelaient psychagogia. Seul, en effet, il dispose des deux éléments essentiels à l'influence éducative: une signification universelle et un appel immédiat.
Parce qu'il combine ces deux moyens susceptibles de faire autorité sur l'esprit, il surpasse à la fois la réflexion philosophique et la vie réelle.
La vie recèle un appel immédiat, mais les événements qui la composent manquent de portée générale: ils s'accompagnent de trop de hasards pour pouvoir déclencher dans l'âme une vérité profonde et une impression durable.
La philosophie et la pensée abstraite participent à la signification universelle; mais si elles participent à l'essence même des choses, encore n'agissent-elles que sur l'homme capable d'user de son expérience personnelle pour leur insuffler la passion et la force de son existence propre.
Ainsi la poésie (et l'art) garde l'avantage à la fois sur les enseignements généraux de la raison abstraite et sur les événements contingents de l'expérience individuelle.
Elle est plus philosophique que la vie, mais d'autre part, vu la vérité spirituelle qu'elle concentre, elle est aussi plus proche de la vie que la philosophie.
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Si l'art a pour fonction de créer une oeuvre et sa beauté, l'esthétique, discipline qui réfléchit sur l'art, ne peut éviter la question: qu'est-ce que le beau ?
Cela revient à demander: y-a-t-il un critère, un instrument de reconnaissance du beau? L'esthétique se comporte en discipline philosophique chaque fois qu'elle cherche ainsi la vérité, en s'efforçant d'ajuster un discours à son objet et de trouver un concept qui permettrait, en déterminant une intuition sensible, de porter un jugement de connaissance sur un objet.

Mais cette tentative de réduction du beau au vrai se révèle vite une impasse du point de vue de la beauté naturelle, ce qui n'étonne pas puisque l'homme n'a pas créé la nature, comme du point de vue de la beauté artistique ce qui est plus étonnant puisque l'artiste semble bien le créateur de l'œuvre belle.
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La beauté naturelle
Si on admet qu'un critère (ou un concept) est universel dans son domaine d'application tous les critères de beauté naturelle (forêt, montagne, rocher, mer fleuve...) proposés se révèlent, tous, particuliers: or un instrument de mesure qui ne mesurerait qu'une fois sur deux devrait être abandonné: ainsi la puissance, la grandeur, la petitesse, l'harmonie elle-même ne sauraient avoir rang de critère universel car la puissance peut effrayer (on est loin de la satisfaction esthétique) la grandeur décourage et éloigne parfois, la petitesse ne retient pas toujours le regard et jusqu'à l'harmonie d'un paysage qui peut lasser par sa fadeur.
 


Même l'accord de la nature et de nos sentiments loin de nous satisfaire peut nous désoler et nous amener à clore les volets sur ce coucher de soleil, qui évoque la cruauté d'un deuil. Ce ne serait d'ailleurs qu'un critère subjectif.

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Quant à ceux qui veulent faire de l'adaptation d'un corps à sa fonction un critère de beauté du corps biologique, ils confondent la beauté et l'utilité, l'art et la technique, soumettant le beau à bien des variations culturelles en fonction de l'égoïsme humain: on passera des formes généreuses et fécondes propres à la reproduction à la forme unisexe où le semblable aime le semblable.

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La beauté artistique

Se demander si l'art imite la nature, c'est se donner la réponse dans la question, puisque l'art est une production et que la nature est donnée dans l'intentionnalité d'une conscience extatique.

 

Si quelque chose de l'œuvre est souvent emprunté à la nature, le beau est dans l'écart que l'œuvre instaure entre une nature donnée et un monde où l'esprit est chez lui : de la forêt aux piliers des cathédrales, du trèfle des champs au trilobé gothique, du corps humain à celui de l'athlète, du corps de femme à l'origine du monde de Courbet,.../...

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.../...il y a cette distance dans laquelle jaillit le beau comme une surprise.

 

 


 

 

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