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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Il n'y a pas d'autre amour que celui qui consiste à donner sa vie pour ceux qu'on aime.

Il n'y a pas d'autre amour que celui qui consiste à donner sa vie pour ceux qu'on aime.

D'abord, on peut facilement montrer que l'amour est une illusion.

En effet, comme l'a montré Stendhal dans De l'Amour, l'amour nous trompe.

Erreur sur la réalité : nous ne voyons plus le réel tel qu'il est; nous ne voyons pas non plus notre bien-aimée tel qu'il (elle) est réellement...

Nous croyons aimer quelqu'un pour ce qu'il est réellement, mais en fait, nous n'aimons, à travers lui, que l'idée qu'on se fait de l'amour. Il faut donc bien se méfier de l'amour.

Préciser que cet amour dont il s'agit ici est la passion au sens strict du terme : une attirance exagérée et dominante, exclusive, pour quelqu'un (ou quelque chose, mais c'est moins pertinent).

Obligation morale ? 

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L'amour s'oppose à la vérité, puisqu'il déguise son objet. Ce que nous aimons dans l'amour ce n'est pas ce que nous croyons. Mais est-ce néfaste pour la morale ?

Si nous devons nous méfier de l'amour, est-ce parce qu'il contredit la morale ?

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On peut répondre que la condition qui fait de nous des êtres moraux, c'est que l'on soit libre.

Celui qui est "victime" d'un amour fou se moque de la morale, il emploiera un moyen moralement condamnable s'il lui paraît nécessaire à la réalisation de sa passion.

Ainsi l'amour concupiscent envers quelqu'un est un amour qui nie autrui, qui ne le respecte pas. Pour reprendre la formule de Kant, cet amour traite autrui seulement comme un moyen, mais pas en même temps comme une fin en soi.

Il faut donc se méfier de l'amour, au sens éthique cette fois.

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L'amour étant une passion, il empêche toute réflexion, tout usage normal de la raison. Celui qui est amoureux fou n'est plus en mesure d'écouter sa raison.

Dès lors, comment pourrait-il être moral, mener à accomplir une action morale ?

En effet, qu'est-ce qu'une action morale ? C'est une action qui est accomplie seulement par pur respect de la loi morale.

Elle a pour origine la raison, mais la raison en son sens pratique. Il faut savoir se placer du point de vue de tout homme pour savoir si mon acte est moral. Le savoir faire usage de la raison, raisonner.

Mais n'avons-nous pas restreint, ci-dessus, l'amour à la passion ?

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Tout amour est-il passion, et faut-il donc se méfier de tout amour ?

Tout amour mène-t-il nécessairement à la mort, au malheur, et au vice, à la perte de maîtrise de soi ?

Après tout, la vie est-elle possible sans amour ?

N'est-ce pas une nécessité vitale ? Et l'amour n'est-il pas parfois source de bien ?

En effet, l'amour n'est pas seulement synonyme de passion au sens d'attachement exclusif et unique envers quelqu'un ou quelque chose. Descartes, dans le Traité des passions, rattache ainsi l'amour au sens plus général du terme de passion.

La passion, c'est le domaine de l'affectif. Est passion tout phénomène qui a pour origine le corps, mais qui est ressenti comme en l'âme même.

Le lieu originaire de la passion, c'est le corps. Mais elle est vécue comme psychologique. Ce qui nous intéresse pour cette analyse, c'est que tout ce qui est de l'ordre de la passion, est de l'ordre de l'affectif, c'est un sentiment.

L'amour étant une passion, est donc un sentiment.

Or, le sentiment, nous dit Descartes, est ce qui fait que nous avons un rapport au monde; ce qui fait, par conséquent, que nous voyons les dangers ou les bienfaits des choses de ce monde. Sans lui, je ne serais pas averti qu'il faut s'échapper lorsque je vois un danger (peur); ou que la nourriture m'est néfaste...

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Ainsi, sans l'amour, on est incapable de savoir ce qui est "convenable", et de s'unir à cette chose. Donc : incapable d'être heureux, puisque la "moitié" resterait inconnue !

On a  donc besoin de l'amour car il est de l'ordre de la nécessité vitale.

Il n'est pas nécessaire de se méfier de l'amour, car il n'est pas cause de souffrance ni mortel en soi.

Les passions, nous dit encore Descartes, sont toutes bonnes de leur nature. C'est leur mauvais usage seulement qui peut nous être néfaste.

Mais alors, s'il y a un mauvais usage de l'amour, on doit quand même faire attention, et donc se méfier de l'amour ! Ce dont on ne doit pas se méfier, c'est de l'amour modéré (comme sentiment non excessif).

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Ainsi, on ne dira pas qu'il faut se méfier de l'amour modéré envers sa fille, sa mère, ou son fiancé. S'il est accompagné de réflexion, alors, il est modéré et je ne risque pas de me tromper sur les qualités réelles de la réalité et a fortiori de l'objet de mon amour.

Mais est-il pour autant moral ? N'est-il source que de bien, de vertu ?

Certes, il n'est pas toujours source de bien, mais il est susceptible d'être la source de la plus grande des vertus humaines comme la générosité.

Vertu consistant à savoir ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas.

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Ainsi, je m'efforcerai de savoir ce qu'il est convenable d'aimer et ce qui ne l'est pas. Il y a des amours négatifs et des amours positifs. Certains sont sources de vertu et d'autres de vice.

Il n'est donc pas moralement nécessaire de se méfier de l'amour, étant donné qu'il ne s'oppose pas toujours à la morale, qu'il ne nous déséquilibre pas nécessairement, qu'il ne nous aliène pas toujours, etc.

Il n'est donc pas nécessaire, ni physiquement ni éthiquement, de se méfier de l'amour.

Tout amour n'est pas nuisible à l'homme au sens où il mènerait nécessairement à la mort, à la souffrance, et au vice.

On dira même qu'il est dangereux de se méfier de l'amour, puisque alors, on dit qu'il faut s'en débarrasser; or, nous en avons besoin pour vivre, et pour vivre "avec douceur".

L'amour Passion sans réflexion est souvent porteur de « germes » néfastes. C'est de cet amour qu'il convient donc de savoir s'il faut s'en méfier.

L’amour au sens de passion excessive, est nécessairement source de vices, et ne peut mener au bien. Il ne serait que synonyme de mal, de souffrance, de malheur.

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Mais est-on sûr que l'amour ne nous mène à rien de valable, à rien de grand et de louable ? Demandons-nous donc si l'on pourrait agir sans amour.

L'amour, c'est ce qui fait qu'on va se polariser sur un objet unique, ou une personne unique. On ne voit plus que lui, ou qu'elle.

Exemple : le scientifique; le peintre; l'amoureux fou.

La vie sera-t-elle nécessairement insupportable ?

L'amour mènera-t-il à la destruction, soit de moi-même, soit de quelqu'un d'autre, soit même de l'humanité entière ?

Sans amour, nous ne ferions jamais rien, nous ne créerions rien, nous ne prendrions pas goût à la vie, parce que rien n'aurait d'intérêt pour nous. Aimer, c'est des passions en général dans La raison dans l'histoire, prendre intérêt à quelque chose.

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Grâce à l'amour, de grandes choses vont pouvoir être accomplies. Pas d'amour, pas d'histoire, pas d'art, de science, etc. 

Ainsi, pourquoi se méfier de l'amour-passion ?

Il n'a pas seulement des effets néfastes puisqu'il réalise le progrès de l'humanité. De plus, il n'est nullement illusion, puisqu'il réalise l'histoire, et mieux le Futur. Réaliser, c'est ici rendre plus réel. L'amour ne me trompe donc pas, puisqu'il réalise le bien le plus grand qui soit... 

Conclusion.

L'histoire va vers une fin rationnelle et elle est gouvernée par une raison puissante  assez rusée pour pouvoir transformer les passions en bien. Sans ce présupposé, tout s'écroule.

Si l'amour, quand on le modère, ou quand il est accompagné de réflexion, n'est pas nécessairement néfaste mais peut nous apporter bonheur et vertu, « l'amour-passion » excessive, paraît alors bien être néfaste à l'homme.

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M

Oh la la ces philosophes ...!


Pour moi l'amour n'est pas une illusion ...


Cela me soude à la réalité.


Cordialement
Répondre
A


Cher Maurice,


Il nous faut bien admettre que "le philosophe" n'est que le "spécialiste" des généralistes en tout état de cause...et de publications sur un blog
!


Reste effectivement que l'amour est une réalité solide mais souvent à la marge des rêves et des illusions frustrées ! Mais pas toujours...


Bon week-end et cordialement.


André