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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

L'amour à l'épreuve du cancer

  La maladie transforme le corps mais aussi, souvent, les rapports de couple. Comment passer, à deux, l’épreuve de l’opération, des traitements et de l’hormonothérapie. Témoignages et conseils.  

NATHALIE VALLEZ

 

dyn005_original_418_300_jpeg_12527_ea00e0039bd6c0e3393ae5d5.jpg"Et sexchwuellement, comment ça va ?"

 

Cécile se souvient encore de la question balbutiante et embarrassée de son oncologue, regard fuyant et teint rouge tomate, lors de la consultation clôturant huit mois de chimiothérapie. "Un sein et 18 kilos en moins, des semaines branchée à une perf, une voisine de chambre à l’hosto…

 

Qui peut faire l’amour dans ces conditions ? Pour me marrer, j’ai failli mentir et lui répondre que, oui, je m’étais éclatée et que j’avais emballé tous les internes du service ! » Trois ans après, la jeune femme en rit encore. Pourtant, peu de malades prennent le sujet à la plaisanterie. Selon une enquête menée en 2010*, près de 30 % des femmes soignées à l’institut Curie pour un cancer du sein non métastatique n’ont toujours pas, entre six mois et cinq ans après l’arrêt des traitements, retrouvé d’activité sexuelle. Raisons invoquées : manque d’intérêt, problèmes physiques ou grande fatigue. Sur les 70 % qui témoignent d’une activité, 58 % se plaignent d’une altération du désir et 51 % de difcultés à atteindre l’orgasme.

 

Clairement, « sexchwuellement », ça va mal.

 

Cancer-du-poumon-les-femmes-en-meurent-de-plus-en-plus_mode.jpgComment, à une époque qui prône le plaisir érotique comme objectif ultime de réalisation personnelle, en est-on là ? Élodie, ravissante trentenaire rescapée d’un cancer du col de l’utérus, a sa petite idée. « On a "le" cancer, on est donc censées être reconnaissantes de simplement rester en vie. On parle du sexe des vieux, des ados, des handicapés, des gros, des maigres. Tout le monde a droit à sa tournée, sauf les cancéreux, quoi ! Moi, quand j’ai évoqué d’éventuelles relations durant les traitements, l’onco m’a répondu sèchement qu’on s’y intéresserait "après". Après quoi ? J’avais 24 ans. Après les traitements ? La rémission ? La guérison ? Et si je ne guérissais pas ? Ceinture en attendant le cercueil ? » Six ans plus tard, guérie, la jeune femme ne cache pas son incompréhension. Mais combien de (saines) colères exprimées pour des milliers de silences résignés ?

 

La maladie, un redoutable “tue l’amour”

« Au moins un patient sur deux aimerait qu’on lui parle de sexualité. Et les trois quarts des soignants ne l’abordent pas spontanément, analyse Sarah Dauchy, psychiatre et oncologue à l’institut Gustave-Roussy. Pendant les traitements, de nombreuses patientes s’en accommodent, anticipent une baisse de la libido. Mais il ne faut pas attendre l’après-cancer pour soulever la question, car les dégâts au sein du couple peuvent s’avérer irréversibles. »

Comme « tue l’amour », le cancer n’a en effet pas son pareil.

 

Épuisement (notamment dans le cadre de chimiothérapies), peur de la mort, « désérotisation » du corps dans le cadre de l’hôpital…

 

Avec en plus, dans le cas des cancers féminins qui restent les plus fréquents (sein-utérus-ovaires), perte des symboles de la séduction ou de la reproduction, assortie (souvent) d’un traitement inhibiteur des hormones « Ce sont, nalement, les facteurs psychologiques qui ont le plus d’impact sur la sexualité, explique Anne Brédart, psycho-oncologue à l’institut Curie, qui a dirigé l’étude auprès des femmes en rémission d’un cancer. le-cancer-du-col-de-l-uterus-tue-pres-de-1-000-femmes-chaqu.jpgLes malades ont une perception altérée de leur corps, mais n’arrivent pas à en parler à leur conjoint. Elles se dévalorisent et se mettent elles-mêmes souvent "hors-jeu" sexuel. D’ailleurs, 25 % des ex-patientes interrogées ont le sentiment que c’est leur partenaire qui craint le rapport sexuel. » L’enjeu essentiel devient donc de préserver la communication au sein du couple.

 

Une consultation de sexologie préalable aux traitements ?

Annie, quinquagénaire libertine, témoigne de ce bouleversement : « Quand on m’a enlevé un sein, c’est comme si on m’avait volé ma féminité. Jouer la séduction, monter des scénarios coquins, me mettre de la lingerie hot pour une soirée, je ne peux plus. Je me sens "décalée" et, pour tout dire, un peu ridicule.

J’espère que les fantasmes, la légèreté, le plaisir reviendront après ma reconstruction. »

 

Tout comme Annie, bien des femmes subissent la mastectomie comme le deuil de leur sex-appeal.

 

Ainsi, une étude Novartis sur l’après-cancer du sein démontre que seulement une femme sur huit se dénit comme attirante, et que moins d’une sur deux (45 %) se sent encore « femme à part entière ».

 

Dès lors, comment accepter les caresses d’un homme, son amour, son désir ?

 

ONCOVI-1.JPGEt pour les cancers des ovaires ou de l’utérus, les peurs ou la méconnaissance des conjoints viennent encore s’ajouter au mal-être des femmes. « L’ignorance de l’appareil génital de la femme peut être lourde de conséquences pour la vie d’un couple : peur d’une cicatrice pas solide, de faire ou d’avoir mal, interrogations sur la plasticité d’un vagin reconstruit… Il est primordial d’informer et de ré-informer les patients, insiste Sarah Dauchy. Il faudrait même intégrer une consultation dès le début du traitement : les patientes et leurs compagnons sauraient qu’ils risquent de se trouver confrontés à des écueils et les aborderaient mieux. »

 

Daniel Habold, sexo-oncologue à Annecy, va plus loin : « C’est l’ensemble du personnel entourant les malades qui devrait être formé : médecins, psychologues et inrmières, mais aussi assistantes sociales, esthéticiennes… »

 

Aucun problème n’est insoluble avec du dialogue, de la sensualité et de l’amour. Anne Lesur, onco-sénologue au centre Alexis-Vautrin de Nancy, prône les vertus du simple bon sens : « Dès la première consultation, j’évoque avec mes patientes les obstacles à venir.

 

Breast-Cancer-walk.jpg

 

La baisse de la libido durant la chimiothérapie est normale. Je les rassure, je leur explique que c’est une période, certes, difficile, mais qu’il faut se laisser du temps. J’explique au mari que leur femme a besoin d’être bichonnée, chouchoutée, et n’a aucune envie de faire des acrobaties devant un porno.

 

Lorsque les hommes et les femmes communiquent, échangent, se caressent, le couple est préservé. Et même, dans bien des cas, contrairement à ce que l’on peut raconter, cette épreuve rapproche les êtres. »

 

 

Il n’y a rien de plus navrant

que de se sentir impuissant

devant une souffrance,

que de se heurter à un mur

lorsqu’on est rempli de volonté.

 

 

 

 

COPYRIGHT-copie-1

 

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S

Les femmes qui souffrent dans leur corps et dans leur féminité sont à plaindre, le problème est identique pour les hommes atteints de problèmes de
prostate et qui en souffrent dans leur virilité ...!!! Les libertines on s'en contrefout !!!, ce ne sont que des PAUVRES FILLES à la recherche de sensations , il n'y a pas qu'elles qui
ont le monopole des dessous sexy et du côté coquin !! et comme dit David on ne les aime pas, on ne les épouse pas !, elles aussi sont VIEILLES (même avant l'âge! ) et USEES !!! Amicalement
Répondre
A


Cher Ami,


Je connais des exmples semblables de combat gagnants et gagnés, mais aussi, plus qu de raison, de combats perdus et patients conduits à la mort hélas...


Espérons très fort qu'enfin - comme pour le Sida - les chercheurs du monde entier trouvent la bonne parade, la molécule de génie, qu'il faut pour
éradiquer cette merde de maladie : Le Cancer !!!


André


 



C

L'annonce d"une telle maladie nous fait perdre notre illusion de notre immortalité. Il est difficile d'exprimer ses sentiments, l'angoisse étreint c'est indéniable On se sent  SEULE au
monde  ...!! LE soutien de tous dans la mesure de leurs moyens, la moindre main tendue, un simple coup de fil, tout geste réchauffe l'âme ... et permet effectivement de remonter la pente du
découragement. Pour ceux qui vivent aux côtés de malades, prenez bien soin d'exprimer vos sentiments, de soutenir au quotidien. Croyez moi, on se sent VRAIMENT seul et proche du dernier voyage,
alors on a vraiment besoin d'aide (matérielle et psychologique ...) Cordialement
Répondre
A


Chère Claire,


Je vous sens encore affaiblié car la mémoire de ces dangers ne peut s'effacer facilement sur une pichenette de
l'hypothalamus... Vous avez modestement mais fortement MON SOUTIEN en tant que de besoin. Et je vou souhaite un itinéraire long, détendu et heureux jusqu'au
denier grand voyage auquel nul ne peut manquer le dernier wagon des déchets... Mais la plus tard possible.


Même le mécréant que je suis je fait des prières agnostiques et laïques pour qu'il en soit
ainsi dans votre vie, au quotidien, ce quotidien, jour après, jour bâtisseur d'une longue vie heureuse et reposée. Sans être ni curé, ni imam, ni rabbin,
ni pasteur.


Restez
HEUREUSE D'ETRE ! C'est une bénédiction que vous méritez amplement.


Cordialement et solidairement (euphémisme !), André



D

Savez-vous mesdames la différence entre une femme "normale" et une libertine. ? Les femmes normales, ON LEDS AIME , elles sont natures, saines, attachantes avec une personnalité qui nous
attire fortement, les libertines ne sont que "limite baisables" et encore !!! . Alors laissons-les à leurs fantasmes
jamais assouvis et dans leur pathétique quête de séduction et à leurs frous-frous qu'elles pensent sexy !!!. Laissons les errer dans une voie qui ne les satisfait pas...!!!
Le combat des femmes qui se battent contre cette satanée maladie est plus important. Il faut se battre et faire face mais des progrès ont déjà été faits. Et les chercheurs y travaillent toujours. Alors espérons qu'ils trouvent un jour le remède préventif adéquat . LA surveillance
est aussi fondamentale et le pire peut être évité quand on s'y prend à temps. Cordialement
Répondre
A


Bonjour David,


Que voilà l'un de "mes" rédacteurs en chef adjoint ! Merci de cette contribution bien réfléchie.


J'ajouterai que "l'eternelle erreur" consiste à prendre le libertinage pour la liberté !


Erreur Fatale contre Basic Instinct !!!


Quant au "remède", il est en nous, chacun a sa morale et son curseur, son éducation, quelquefois des circonstances totalement innatendues ni vraiment voulues, un contexte
difficultueux...la dépravation n'est jamais très loin.


Donc, il faut faire gaffe, homme ou femme, à ne pas transgresser l'esentiel : L'AMOUR PROPRE (sans oblitérer
"l'amour-propre" !)


Cordialement, André



E

JE suis bien d'accord avec vous mesdames, les femmes les plus SAINES et NORMALES sont bien plus attachantes , féminines et sexy car on les aime dans leur GLOBALITE et pas
que pour le sexe...  Ne peut comprendre quelqu'un qui a eu un cancer dans sa chair que quelqu'un qui est très proche de soi et qui se met à notre place sinon il y a
incompréhension totale ...LEs psychologues oncologues sont effectivement là pour écouter les malades et les aider à remonter la pente du découragement et de l'effondrement. Cordialement
Répondre
A


Cher Elie,


Je lis que vous avez pris le relais de ce que je répondais à l'instant et je vous en remercie. il est quelquefois patent que le
langage soit source de malentendus.


Et le "malentendu" est le mur porteur des relations humaines !!!


Le débat est vif, raisonné et raisonnable. Le site que j'administre se porte bien en souhaitant que tout le monde se porte bien,
bien entendu !


Merci et cordialement, André



L

Cher André .MARRE d'entendre parler des libertines ...!!! Une femme NORMALE est tout aussi désirable, sexy, tendre, voire coquine. Les libertines n'ont pas
l'apanage du côté sexy et coquin. Une femme NORMALE a tout autant qu'une perverse le droit de craindre pour sa FEMINITE... ! J'ai connu ce problème de cancer dans ma famille,
cela laisse toujours des séquelles ou physiques ou les deux. On pense à SAUVER sa peau pas aux dessous sexy qu'on va porter lors de la prochaine partouze ...!!!
"Décalée"...!!! disait cette libertine ,"je me sens décalée" non elle est DEJANTEE ...!! on ne se sent pas décalée,
on se sent perdue et au 36ème sous-sol dans l'anti-chambre de la mort. Alors pitié André arrêtons de parler de ces femmes déviantes qui n'ont aucun respect pour leur corps... !!!
Cordialement 
Répondre
A


Chère Laeticia,


Je pense que vous faites une petire erreur dans votre commentaire quand vous écrivez : "Alors pitié André arrêtons de parler de ces femmes déviantes qui
n'ont aucun respect pour leur corps... !!!"... Mais ce n'est pas grave de se tromper de "cible". Je veux marquer mon observatiopn que les interlocutions son transversales et non pas horizontales.
Chacun s'exprime, se critique, répond et le plaisir de lire et comprendre le débat sans voyeurisme insipide me fait entendre et comprendre la synthèse de ces débats comme tou un chacun
de la "bande"...


Je vous fais au contraire d'un mauvais "procés", qu JE SUIS TOUT A FAIT D'ACCORD AVEC VOTRE PROPOS ! TOUT A FAIT !


Bon week-end de sérénité, et cordiale amitié, André



C

Oui je peux en témoigner pour l'avoir vécu.... Le CANCER peut transformer sa vie et permettre de prendre des décisions que l'on ne
prenait pas avant ...! On a envie du meilleur et on ne se contente pas d'une vie qui ne nous paraît plus adéquate.  Le cancer transforme le corps mais aussi les rapports de couple
. Personnellement j'ai fait une psychothérapie avec un psychologue oncologue qui m'a aidée à y voir clair et à me déculpabiliser notamment. Mon
chirurgien oncologue m'avait dit au sujet des rapports de couple suite à un cancer "CA PASSE ou CA CASSE" ...Et bien moi ça a cassé...! Je n'ai pas eu le soutien que j'espérais,
j'attendais pas de la compassion bien sûr mais du partage, de la communion, de la compréhension profonde mais mon conjoint n'a même pas pris un jour de congé pour m'aider dans la vie quotidienne.
Et après avoir tourné la page du couple, on se pose mille questions, vais-je plaire à quelqu'un d'autre si j'ai une cicatrice ( même sans ablation du
sein)


Quant aux libertines qui craignent de ne plus être sexy je suis d'accord avec vous Mamy78 , ON S'EN
FOUT. Il y a AUSSI  des mères de famille non DEVIANTES NI PERVERSES qui craignent pour leur féminité pour elle-même ou dans leur couple même si
elles n'ont pas à se promener dans des tenues sexy prêtes à une partie de jambes en l'air avec d'illustres inconnus . COURAGE à toutes les femmes qui me lisent et qui
vivent cette redoutable épreuve en ce moment dans leur chair. Cordialement   
Répondre
A


Chère Amie,


Je vous félicite du succès de vos combats et de vos décisions ainsi que de votre
pugnacité. Cette maladie le plus souvent encore hélas m’a enlevé deux de mes frères il y a si peu de temps…


Je hais autant et même beaucoup
plus cette maladie dégueulasse que les fascistes et néo-nazis, c’est dire !!!


Il était sans doute temps dans votre vie cahotée et assiégée que vous trouviez un
compagnon de fortune et/ou d’infortune invariablement amoureux de vous et réciproquement. Le « reste » est sans importance.


Juste pour vous donner un sourire humblement, ce que disait Coluche :
« Le cancer, au prix que ça coûte, on n’est pas sûr de mourir guéri ! »


Cordialement et plus,
André



M

L'exemple de la quinquangénaire libertine a qui on a enlevé un sein et qui ne pense qu'à ses parties de jambes en l'air, à ses scenarios coquins, à sa
lingerie fine et à ses fantasmes est DE TROP dans ce magnifique article
..."Je me sens déclarée" dit-elle ...!!! On ne se sent pas "décalée" quand on a eu un cancer du sein, on est DETRUITE , au fond du trou, au creux de la vague ..et personne ne peut comprendre s'il ne l'a pas
vécu ..;On pense à sauver sa peau, à effacer sa fatigue, à remonter la
pente, à reprendre des forces , à regarder les autres et à "subir" y compris la compassion des autres mal exprimée ...  Le rapprochement du couple dans cette épreuve il n'y a que ça de vrai , pouvoir compter sur l'autre
qui VOUS aime et qui n'aime pas seulement une certaine plastique est FONDAMENTAL . Les pratiques perverses (libertinage et autres triolisme,
bisexualité ...) sont malheureusement entrées dans certaines moeurs et
font partie d'un certain paysage culturel, ceux qui défendent le PLAISIR
avant tout en excluant les sentiments profonds. Les perversions sont abjectes et PATHOLOGIQUES. C'est SE PERDRE et S'ENFONCER dans la dépravation. Les praticiens
savent que dans ces cas il y a un renforcement PATHOLOGIQUE de la pulsion sexuelle réduite à l'état bestial. Le corps est SACRE, on
n'en a qu'un pour toute notre vie. On doit le respecter et pas l'avilir.Le cancer est une lourde épreuve, on ne pense pas à sa sexualité quand on est proche de la mort ...
!!! On pense à sauver sa peau. Cordialement 
Répondre
A


Chère « Mamy78 »


Une personne que je connais très bien a eu trois cancers dans sa vie, depuis
l’âge vers 20 ans jusqu’à son âge proche du votre probablement. Je comprends et je sais la valeur et les valeurs que vous évoquez et la clarté non compassionnelle que votre propos désigne. Le
combat pour la vie, « quantitativement » et qualitativement EST FONDAMENTAL !


Toutes les perversions et autres chemins de traverse sont minables eu égard aux
souffrances des personnes touchées par cette pourriture de maladie.


Je vous souhaite de tout cœur des tonnes de BONHEUR mérité, de RECONSTRUCTION
de tous les équilibres FONDAMENTAUX et une VIE longue de plaisirs SAINS…


Bien à vous et solidairement au maximum, André