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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

L’agenda « comprimé » de Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé

Je tape « Bachelot sur Google. La grippe A l’a si bien propulsée sous le feu des sondages et de la presse.

Sur Wikipedia, c’est marqué ça : « Roselyne Bachelot-Narquin a occupé, avant d’entrer dans la politique au début des années 1980, le poste de déléguée à l’information médicale au sein du laboratoire ICI Pharma de 1969 à 1976, puis elle est chargée des relations publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989 ».

Tiens, tiens, on ne nous dit pas tout !

Son CV officiel, sur le site du ministère de la Santé, ne parle pas de ça du tout. On apprend plein de choses passionnantes, que « ses deux parents étaient docteurs en chirurgie dentaire », qu’elle a « approfondi ses recherches en spectrophotométrie infrarouge », qu’elle est même très branchée sur « l’influence des atomes métalliques sur les liaisons carbone-hydrogène dans les molécules complexes », etc. Mais rien sur les douze années qu’elle aurait – conditionnel de rigueur – passé au service de l’industrie pharmaceutique. Alors, qui dit vrai ? Wikipédia ou le Ministère de la Santé ?

C’est son vieux CV, lorsqu’elle était au Parlement européen, en 2004. Tout en haut, juste sous « née le 24 décembre 1946 à Nevers », elle détaille son « activité professionnelle » : « Déléguée à l’information médicale - laboratoires ICI Pharma - de 1969 à 1976. Chargée des Relations Publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989. »

C’était une fierté, apparemment, à l’époque : la preuve qu’elle avait travaillé dans la vraie vie. Celle de l’entreprise... Mais pourquoi, alors, le cacher maintenant ? Pourquoi oublier ces douze années tout de même brillante statutairement et de statutairement, qui pèsent quand même dans une carrière ? Pourquoi cette omission, alors que Roselyne Bachelot promet que « la transparence sera la plus totale, suivie scrupuleusement » ? Pourquoi ce silence, alors que la loi oblige les experts à déclarer leurs « conflits d’intérêts » ?

Le site pharmactua.com (« l’information en ligne pour les décideurs et les acteurs du monde de la santé ») nous informe que « Astra Zeneca développe un nouveau vaccin pour le virus H1N1 : 200 millions de doses achetées, un marché de 2,3 milliards pour le groupe. »

Enfin le grand jour : « A l’occasion de l’ouverture des centres de vaccination, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, visitera le centre de vaccination Auguste Renoir à Paris. Lors de ce déplacement, la ministre se fera vacciner contre la grippe A (H1N1). »

Canal plus, BFM, Europe 1, RTL, M6, tout le monde est là. Caméras, micros, appareils photos sont parqués derrière une barrière en fer, aux premières loges, grimpés sur des chaises, ou se bousculant pour la meilleure prise. De l’autre coté, le théâtre de la future vaccinée est bien régi : petite table d’écolier au fond, avec un médecin qui attend pour connaître le dossier de sa patiente. La scène est préparée, l’héroïne (sic) arrive, et lance sa tirade : « Je veux dire de façon forte à mes concitoyens que nous devons nous faire vacciner. Cette grippe elle présente des formes qui peuvent être très graves, il y a aujourd’hui vingt-cinq personnes qui sont hospitalisées dans les hôpitaux de Paris, avec dix petits enfants qui présentent des formes extrêmement graves », on connaît sa chanson.

La vaccination débute : soulevant sa manche, la ministre fait mine d’entamer un strip-tease – avant de blaguer, pull retroussé : « J’arrêterai là ! ». Vient l’heure des impertinentes questions : « Madame Bachelot, les Français sont méfiants pourquoi ? », « Madame la ministre, Jean François Coppé hésite encore à se faire vacciner : que lui dites-vous pour le convaincre ? », etc. Jusqu’à the question : « Madame Bachelot, est ce que c’est vrai que vous avez été porte-parole pendant douze ans de deux laboratoires pharmaceutiques ? » Son sourire s’efface et Madame la Minsitre rajoute : « Ah, écoutez, c’est absolument, écoutez, vraiment, cette accusation (resic) est absolument répugnante...

Elle se fâche : « Pendant 6 ans j’ai travaillé dans un laboratoire pharmaceutique comme visiteuse médicale à 1 000 francs par mois comme boulot de, comme boulot d’étudiante pendant 6 ans, c’est comme, c’est comme si vous disiez aux jeunes gens qui travaillent chez Mac Do à vendre des... des hamburgers qu’ils sont à la solde de l’industrie agro-alimentaire ! » Roselyne Bachelot s’échappe alors par la porte de derrière.

 

La si souriante et sympathique Roselyne Bachelot aurait-elle travaillé comme « lobbyiste » pour l’industrie pharmaceutique ?


 



 

 

 

 

 

 

 

 

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