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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Il subsiste encore des expressions tellement bizarres que vous avez l'impression que c'est la caméra cachée !

 

"C'est la fin des haricots", "Avoir un nom à coucher dehors", "Poireauter 107 ans"... On utilise ces phrases sans jamais se poser la question de leur sens originel. L'Internaute "éclaire votre lanterne".

Arriver à la bourre

Tout le monde sait que cette expression signifie "arriver en retard". Mais que vient faire "la bourre" dans la tournure de phrase ?

Autrefois, "être à la bourre" signifiait que l'on était pauvre, dans la misère. Cette expression serait née d'un jeu de cartes appelé "bourre".

Celui-ci pouvait se jouer à 2, 3 ou 4. Tous les joueurs misaient la même somme, et le tout était ensuite partagé entre eux en fonction du nombre de plis que chacun avait levé. Lorsque l'un d'eux n'avait fait aucune levée, on disait alors qu'il était "bourru".

Au fil des manches, il était possible de ramasser un bon paquet d'argent, si bien que celui qui "bourrait" était celui qui avait perdu toute sa fortune, qui avait pris du retard dans le nombre de plis amassés.

Par extension, "être à la bourre" est entré dans le langage courant pour signifier qu'une personne est en retard.

 

"Bon, tu te dépêches oui ? Je vais pas poireauter 107 ans !"

Cette expression signifie bien sûr attendre très longtemps. Mais pourquoi utilise-t-on le nombre 107, et pas 52 ou 406 ans ?

En fait, il semblerait que la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ait duré 107 ans. C'est de là que viendrait l'expression.

Quant à poireauter ou "faire le poireau", il faut savoir qu'au milieu du XIXe siècle, l'expression était en réalité "planter son poireau".

Elle provenait sans doute de la locution "rester planté", qui sous-entend l'immobilité et l'inactivité. "Faire le poireau" signifie que l'on reste droit et immobile à attendre longuement.

 

Un nom à coucher dehors !

Aujourd'hui, cette expression signifie avoir un nom difficile à prononcer ou à retenir.

Son origine est assez surprenante. Elle provient en effet d'une époque où lorsqu'une personne était perdue et devait demander le gîte à des inconnus, il valait mieux pour elle qu'elle ait un nom à résonance "chrétienne" pour que quelqu'un accepte de lui offrir un endroit où passer la nuit.

Il en était de même dans les auberges où les personnes dont le nom était le plus bourgeois avaient le plus de chances d'obtenir une chambre. En revanche, les autres devaient dormir dehors.

Le sens de l'expression est aujourd'hui différent, même si elle a toujours une valeur assez négative.

L'armée napoléonienne serait une autre origine possible. Elle était composée de nombreux soldats recrutés lors des campagnes à l'étranger.

Lors des stationnements dans des villes, les habitants étaient tenus d'héberger les officiers titulaires d'un billet de logement. Certains de ces officiers avaient des noms de consonance étrangère, ils pouvaient passer pour des ennemis.

On disait qu'ils avaient des "noms à coucher dehors avec un billet de logement".

 

En période de crise (financière ou autre), on dit parfois que "c'est la fin des haricots", la fin de tout en quelque sorte...

D'où vient cette expression ? Au siècle dernier, on distribuait dans les internats des haricots aux élèves quand on ne savait plus quoi leur donner en guise de nourriture. En effet, le haricot était considéré comme un aliment de base, voire médiocre.

Quand il n'y avait même plus de haricots à manger, c'était la fin de tout. C'est de là que provient l'expression, que l'on emploie quand on veut signifier que "c'est la fin du monde", souvent de façon ironique.

 

"T'as la berlue ou quoi ?" Cette remarque est rarement positive...

Le mot "berlue" est issu de "beluga", qui signifie "être ébloui". La "berlue" est également le nom attribué à un problème de vue où l'on voit des choses qui ne sont pas devant nos yeux, telles que des points noirs ou des mouches par exemple.

C'est en référence à cette maladie que l'on dit d'une personne qu'elle a la berlue lorsqu'elle croit voir des choses qui n'existent pas.

 

"Se mettre dans de beaux draps" signifie se retrouver dans une situation compliquée.

Les "draps" ont longtemps désigné les "habits". Autrefois, on disait "être dans de beaux draps blancs". Cette expression décrivait une situation honteuse. En effet, à cette époque, les gens accusés de luxure devaient assister à la messe habillés de blanc, ce qui devait faire ressortir les aspects "noirs" de leur vie.

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, "mettre un homme en beaux draps blancs" signifiait le critiquer. "Etre dans de beaux draps blancs" voulait donc dire que l'on était sujet aux moqueries, que l'on était dans une mauvaise situation.

Aujourd'hui le qualificatif "blanc" a disparu, mais le sens de l'expression n'a pas changé.

 

Voilà une expression très imagée... Pour avoir choisi d'associer l'action de "pisser" au terme de "violon" pour dire "ça ne sert à rien" ? Vaste question !

Il semblerait qu'on ait dit autrefois "souffler" ou "siffler dans un violon" pour signifier que quelque chose était inefficace ou inutile.

En effet, le violon étant un instrument à cordes, il n'en sortira jamais aucun son si l'on souffle ou si l'on siffle dedans. Il semblerait qu'on ait ensuite utilisé le verbe "pisser" pour donner un effet comique à la locution, son sens restant le même.

 

Se mettre en rang d'oignon signifie se placer sur une seule ligne. Mais l'expression n'a pas toujours eu le même sens.

Au début du XVIIe siècle, elle signifiait "prendre place quelque part où l'on n'est pas invité". On a longtemps cru qu'il s'agissait d'une allusion à la façon que les paysans avaient d'attacher les oignons ensemble avec de la paille : du plus gros au plus petit.

Cependant, il ne faut pas lire "rang d'oignons", comme les légumes, mais "rang d'Oignon", comme le maître de cérémonies Artus de la Fontaine Solaro, baron d'Oignon.

Il était chargé d'attitrer des places aux députés sous Henri II et se fit connaître grâce à la sévérité avec laquelle il faisait se serrer les rangs et respecter les places données.

 

Au XVe siècle, il arrivait souvent que des cortèges religieux accompagnent les personnages importants.

En tête se trouvaient des hommes qui portaient la croix et d'autres qui portaient une bannière, celle-ci servant à différencier la paroisse de la confrérie. Ces cortèges demandaient donc beaucoup d'organisation et de rigueur.

C'est pourquoi on emploie depuis la fin du XVe siècle "c'est la croix et la bannière", pour qualifier une situation qui demande beaucoup de méticulosité.

On a également dit aux XVIIe et XVIIIe siècles : "Il faut la croix et de l'eau bénite".

Par extension, l'expression signifie également que quelque chose est difficile et complexe à réaliser.

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