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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Fin de vie : L'euthanasie ne sera pas légalisée.

"Quand la médecine ne peut plus guérir, il lui reste le devoir de soulager, de consoler. Les soins palliatifs sont ce qu'il reste à faire, quand il n'y a plus rien à faire", dit Jean Leonetti, Député UMP.


Jean Léonetti, 60 ans. Médecin et député UMP,il avait donné son nom à la loi de 2005 sur la fin de vie. Il dirige, depuis 2009, les travaux de révision de la loi bioéthique.

 

Sept mois d'auditions. Cinquante-huit personnes entendues. Quatre pays visités. Chaque fin de vie est une histoire personnelle très complexe, avec des allers et retours entre désirs de mort et désirs de vie.

Citons cet exemple émouvant d'un homme frappé d'une maladie incurable. Il souhaite mourir vite pour ne pas être une charge pour ses enfants. Il pense au suicide assisté. Il se rend à l'étranger. Ses enfants lui écrivent : « Tu fais ce que tu veux, c'est ta liberté, mais nous avons besoin de toi. » Il a terminé sa vie dans un service de soins palliatifs, entouré des siens. Les gens demandent la mort quand ils sont dans la solitude, la souffrance, quand leur vie ne semble plus avoir de sens.

Les soins palliatifs sont un immense progrès. La médecine triomphante nous a longtemps fait oublier qu'elle est aussi là pour accompagner jusqu'au bout ses malades. Quand elle ne peut plus guérir, il lui reste le devoir de soulager, de consoler. Les soins palliatifs sont ce qu'il reste à faire, quand il n'y a plus rien à faire. Cette médecine-là s'apprend. Ses techniques sont très élaborées. Ce n'est plus du tout une sous-médecine compassionnelle.

Mais précisions ce qu'est la sédation terminale. N'est-ce pas une forme d'euthanasie ?

Quand ils débranchent un patient, les médecins peuvent se dire : il est dans le coma, il ne souffre plus. En réalité, on le laisse ainsi mal mourir. Car il souffre sans doute. Par respect pour le mourant et ses proches, on lui doit une fin de vie apaisée. La sédation en phase terminale, qui plonge le patient dans un sommeil profond, grâce aux antalgiques, est un recours contre cette souffrance. Je ne comprends pas les réticences de certains médecins.

Posons nous la question de savoir si le suicide est un acte de liberté ? Il reste un acte d'une extraordinaire violence vis-à-vis de son entourage. Jean Léonettu répond radicalement qu'il a rarement rencontré dans sa carrière un suicide qui soit un acte de liberté.

Quant à la mort donnée par cocktails lithiques, elle a été beaucoup pratiquée il y a trente ans. À l'époque, les plus humains des médecins pratiquaient cela pour ne pas abandonner leurs patients à des souffrances intolérables.

Mais, désormais, il existe les moyens de les combattre. Aujourd'hui, donner la mort est une preuve d'incompétence médicale.

 

chantal_sebire_euthanasie_tribunal_dijon_refus.jpg

Il y a des cas exceptionnels. Chantal Sébire, entre autres. Ne faut-il pas accepter des euthanasies exceptionnelles ?

Beaucoup de personnes ont travaillé sur l'exception d'euthanasie. Le cas de Chantal Sébire nous a tous interpellés. Mais, lorsque l'on a interrogé le professeur qui l'a examinée, il répond que l'on aurait pu l'opérer avant. Quel paradoxe ! Cette femme a refusé une chirurgie qui aurait pu la sauver, par peur de la mort. Et ensuite, la maladie ayant évolué, elle a réclamé cette mort à la médecine.

kouchner.jpgLa transgression est possible quand la situation est exceptionnelle. Bernard Kouchner a raconté comment un médecin humanitaire a mis fin à la vie d'un homme qui avait les deux jambes arrachées. Il n'avait pas d'autre moyen pour le soulager que de l'achever. La transgression est un choix moral, pour lequel, ensuite, la justice doit, à son tour, se montrer compatissante et compréhensive. Mais il n'y aura pas d'exception d'euthanasie exprimée comme une exception à la loi. Cette loi reste mal connue.

En effet. Les gens ignorent qu'elle permet aux malades de refuser un traitement, d'exiger des soins. L'axe central du texte est : « Pas d'abandon, pas de souffrances. » Elle affirme que la qualité de la fin de vie prime sur la durée de la vie. Il faut souhaiter aussi que les patients puissent donner aux médecins des directives anticipées, sur l'arrêt des traitements, l'accompagnement, le refus d'une vie végétative...

Encore faut-il accéder à un service de soins palliatifs.

Nous disposons en moyenne, en France, de 6,4 lits de tels soins pour 100 000 habitants. C'est toutefois très inégal selon les Régions. Par ailleurs, il faut que cette culture palliative soit partagée par tous les médecins, tous les soignants.


C'est une révolution qui reste à accomplir.

Ou alors ...






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