Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Etre heureux, mais travailler et surtout vivre à plein temps...

post_it_travailler_web.jpg

 

L’axe de réflexion à la question posée, dès sa naissance, traverse le projet d’un revenu social garanti (RSG).

 

cartoon-20drole-20travail.gifNous sommes brisés par une crise économique qui laisse sur le bord de la route tant et tant de familles démunies. Il y a certains écueils à éviter. D’une part, il faut éviter de concevoir un RSG comme une proposition rendue nécessaire par la raréfaction du travail (euphémisme par les temps qui courent !) dans une société toujours plus bouleversée par la cybernétique et l’informatisation - ce qui transformait de fait le RSG, en une sorte de revenu d’assistance dû aux exclus de cette révolution informatique, c’est-à-dire en réalité en une mesure d’assistanat destinée aux plus faibles.

 

5c2e47c6De là à penser un RSG comme la première étape d’une nouvelle loi sur les pauvres, il n’y avait qu’un pas, et il peut souvent être franchi.

 

D’autre part, le second écueil consistait à penser ce RSG exclusivement comme la réponse ponctuelle à une mauvaise gestion du marché du travail - coupable de ne pas avoir suffisamment réduit le temps de travail pour pouvoir enfin revenir à l’âge d’or du plein-emploi.

 

Tout le travail de définition, d’articulation et de proposition d’un RSG chercherait à se démarquer aussi bien de l’assistantialisme que des nostalgies travaillistes…

 

travail.jpgMais il ne peut être possible que parce qu’il s’enracinerait dans une analyse extrêmement précise des changements enregistrés par les procédés de valorisation libéral et, partant, par le paradigme du travail lui-même.

 

Le devenir-subalterne du salariat, la précarisation de l’emploi, la diminution drastique du besoin d’une force de travail non qualifiée, tout cela ne peut être lu qu’en vertu d’un diagnostic préalable qui serait celui d’un déplacement radical d’un processus de production de la richesse à travers l’intégration toujours plus forte des savoirs vivants et de la coopération sociale, de l’intellectualité diffuse et de la production cognitive.

 

En somme c’est bien parce que la production se placerait tendanciellement de la reproduction matérielle des marchandises à une forme de valorisation intégrant essentiellement la dimension immatérielle, cognitive, humaniste, culturelle, linguistique, affective.

 

travailler_pour_conduire_singer.jpgIl est de plus en plus difficile de distinguer le temps de travail et le temps de vie, et la création d’un RSG serait conçue comme une nouvelle forme de rémunération sociale de la productivité de la vie dans son ensemble.

 

Une rémunération pensée en ces termes ne serait précisément plus ceux du travail salarié.

 

Parce que la productivité sociale est infiniment plus large que ce qu’en représente ce dernier, et parce qu’aujourd’hui la précarité qui guette les hommes et les femmes est moins celle du travail stricto sensu que celle de la vie tout entière.

 

NOIR.jpgLa voyoucratie des banlieues, la délocalisation du travail vers des pays dits  « émergents » et, quelques mois plus tard, les mouvements sociaux, puis la généralisation de comportements de désobéissance sociale afin de protéger et de cacher des enfants (et des adultes) sans papiers, ont marqueraient profondément les années actuelles !

Parfois, il ne faut pas grand-chose pour que les évidences autour desquelles nous tournons nous sautent au visage - un peu comme une figure dans le tapis qui choisirait enfin de se livrer aux aveugles qui prétendraient voir.

 

L’évidence amène la très grande majorité des français à revendiquer une protection et des garanties pour la vie - matérielle, mais aussi sociale, politique, affective, linguistique, coopérative - en tant qu’instance productive, contre la précarisation forcée et la captation violente de celle-ci.

 

travailler-plus-pour-gagner-plus.jpgDe l’autre, ce « droit à la vie » procédait à un double décrochement, dans un mécanisme de rupture très net par rapport aux discours du pouvoir : la vie n’est pas réductible à sa biologisation, de même que la revendication de « droits » ne serait plus réductible aux termes dans lesquels s’exprime traditionnellement la souveraineté.

 

_Les_20Temps_20modernes_m.jpgDe la même manière qu’il faudrait penser un revenu en dehors des cadres du travail salarié, il y a donc à penser une vie arrachée à la seule biologie et rendue à sa puissance politique, et revendiquer pour elle des droits universels indépendamment de l’expression juridique de la souveraineté.

 

pulco.jpgIl y a à construire l’image - et la réalité - d’une citoyenneté déliée de tout ancrage territorial - des frontières invisibles de l’émargination productive et sociale vécue par les différents « quartiers » des banlieues aux frontières déterminées (et trop souvent assassines) qui séparent les uns des autres, les États-Nations de nos cartes géographiques, comme autant de reliquats d’une modernité qui n’en finit pas de vouloir survivre à sa propre mort !

 

plus-bosser_1296558307.jpgUne citoyenneté conçue comme accès universel, le droit au « commun » - c’est-à-dire aussi ce qu’il y a plus de deux siècles les Jacobins appelaient tout simplement le droit au bonheur.

 

C’est à partir de cette thématique - revenu social garanti, citoyenneté inconditionnée et universelle, droit au bonheur - qu’il s’agirait sans doute aujourd’hui de repenser l’horizon d’une politique féconde, non ?

 

Il ne faut pas rêver bien entendu !

La turpitude est omniprésente. Mais j’aime bien à voir les étoiles, ça m’évite d’être bossu.

 

 


Les utopies ont généralement étaient

des réalités perdant leur statut d’impossibilité.

 

 

 

 

COPYRIGHT-copie-1

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M

Article intéressant et fort bien illustré par ces bandes dessinées si humoristiques


Cordialement
Répondre
A


Merci Maurice,


Bonne journée


ANDRE