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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Devinette. Qui a écrit les billets récents: "Civilité" et "La liberté et Internet"?

Denis-Olivennes.jpgPeut-on aimer Internet sous la contrainte?

Il faut se pincer pour les attribuer à leurs véritables signataires, respectivement Denis Olivennes (auteur de : La gratuité, c'est le vol) et Jean-François Copé (auteur de : Promis, Jean-Francois-Cope.jpgj'arrête la langue de bois).

Dans les deux cas, il s'agit d'un bel exercice de rétropédalage, après leurs récentes proclmations anti-web, dont l'argumentaire est si simpliste (il y a un bon et un mauvais internet) qu'on a envie de demander à ces brillants esprits pourquoi ils ne s'en sont pas avisés plus tôt.

L'intérêt de ces harangues un peu trop apprêtées pour être honnêtes (la langue qu'emploient ces auteurs quand «la parole est libre» est un peu plus verte) est de témoigner d'une inquiétude nouvelle. On comprend que nos polémistes ont souffert quelques répliques hostiles. Mais de la part de personnages d'habitude aussi arrogants et sûrs de leur fait, de telles chicanes ne suffisent pas à expliquer un revirement si brutal. Tout comme Ségolène Royal avouant dans un souffle la découverte de la puissance du "lobby Internet", il semble que ces responsables aient pris brusquement conscience de l'évolution récente de la perception de l'univers en ligne, que je caractérisais par la formule : "Le web fait désormais partie de la vraie vie". Plutôt que les injures de quelques commentateurs énervés, il est plus probable que les facteurs de ce changement de pied soient la remarque navrée d'un proche, ou le soupir désolé d'un fils. Malgré leur caractère contraint, ces dissertations sont donc bien la confirmation d'un nouvel équilibre des forces, que même les plus retardataires ne peuvent plus se permettre d'ignorer. Mais on aurait tort de se réjouir de cette apparente victoire. Le ton belliqueux et la promesse de mettre de l'ordre font voir au contraire que les puissants n'ont pas changé d'idée. "Civiliser l'Internet" (entendons: le mettre au diapason de la douce harmonie médiatique) reste l'objectif intangible qu'ils n'auront de cesse d'imposer.

1262220754.jpgCe revirement est un peu particulier et marque un changement profond dans la société.
Habituellement, une personnalité politique est dans ses dossiers, travaille des points techniques, et quand on lui adresse des critiques elle peut très bien renvoyer l'expert dans les cordes en disant qu'il est loin de la décision politique et que lui n'est pas élu à l'écoute des attentes du peuple (rentre à la niche, technocrate).
Ou bien elle convoque un expert pour éclairer sa décision, voire appuyer son discours afin de faire passer dans l'opinion publique les messages idoines (pédagogie, historique, comparaisons...).
Là, la différence vient du fait qu'une grande partie de la population y comprend quelque chose, contrairement au personnel politique qui est au premier plan médiatique (niveau de présence) ou politique (fonction).
En bref, il est difficile de dire à tous ces gens qui sont tout de même des électeurs, et qui pour une fois ne sont pas un petit groupe d'experts farfelus (des "gus dans un garage" ?), qu'ils sont idiots. Car d'abord non seulement ils comprennent réellement les enjeux, mais de plus pratiquent le sujet... au quotidien !

65587-relance-fracture-numerique-deception.png

C'est une véritable fracture numérique. Le problème, c'est que l'acquisition de cette connaissance, la pratique demande du temps. Un politicien l'a-t-il ? Peut-il savoir en ne faisant que s'entourer d'experts ou doit-il plonger dans le monde numérique pour comprendre empiriquement, pour sentir ? Ou bien faudra--t-il attendre un renouvellement du personnel politique ?

Il semble que les différentes claques ont fait reculer certaines prises de position ou provoqué un adoucissement, mais il n'est en effet pas évident que les motivations profondes soient abandonnées.



 

 

 

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