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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Des lendemains qui chantent trop fort pour chanter juste !

morosite.jpgSoit dit sans vouloir accentuer la morosité générale, il faut bien reconnaître que depuis quelques années, il y a comme qui dirait une sensible raréfaction des œuvres de science-fiction dans le paysage éditorial.

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C’est entendu, tout le monde n’est pas amateur de science-fiction, et il est probable que ladite raréfaction n’assombrit qu’un petit nombre de lecteurs, mais, objectivement, cette progressive évaporation n’en est pas moins regrettable ; car la science-fiction permet assez splendidement de déchiffrer les cauchemars secrets de notre réalité commune, de rendre visibles les lignes de force qui travaillent notre présent et risquent d’être notre avenir.

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Désolation, c’est la fantasy qui aujourd’hui séduit, toute une médiévalerie souvent désespérément simplette, donjons et dragons, sorciers et châteaux, qui raconte la plupart du temps la belle histoire émouvante d’un jeune garçon sur le chemin de l’âge adulte. On patauge fréquemment dans la niaiserie, on s’épanouit parfois dans le récit initiatique prenant comme une légende, mais, dans tous les cas, c’est à l’individu intemporel qu’on est censé s’intéresser. Eternité sans âge des complications de l’humain…

Evidemment, ce genre, impeccablement anglo-saxon, ne pouvait que merveilleusement convenir à un monde qui n’en finit pas de vouloir nous faire croire que l’individu est au cœur de l’Histoire et de son histoire : l’essentiel, pour chacun, est d’affronter ses peurs intimes, pour, douloureusement, vaillamment, s’en libérer, et devenir homme parmi les hommes. Chacun peut alors s’imaginer être le héros de sa propre vie, bataillant contre les monstres du dedans et du dehors, et s’assumant enfin, lucide, altruiste, et mesuré. C’est épatant. C’est réconfortant. Et le pire, évidemment, c’est que, dans tout ce fatras fantastico-gothico-psychologique, il y a quelques chefs d’œuvre.

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Quant à la science-fiction, elle continue à avoir sa (mauvaise) réputation de pourvoyeuse de gamineries intergalactiques, où frétillent des Martiens verdâtres et où glissent des soucoupes volantes. Sacré malentendu. La SF propose rarement l’évasion. Elle inquiète. Elle rend soupçonneux. Elle est de salubrité publique. En nos temps perturbants, il est clair qu’il convient d’avoir de l’imagination pour pouvoir déplier, déployer, toutes les potentialités contemporaines. Que va-t-il se passer si… si, au hasard et entre autres, on peut créer des clones ; si les Intelligences Artificielles deviennent autonomes ; si on peut choisir sur catalogue le type d’enfant qu’on souhaite faire naître, etc. — liste non exhaustive, il va sans dire.

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On entend quasiment tous les mois célébrer une découverte ébouriffante : le médicament pour calmer les enfants agités, le gène de la schizophrénie, le perfectionnement des consoles de jeux, les téléphones mobiles avec accès Internet, GPS et autres raffinements high-tech, on vit une époque formidable. Et les lendemains, ils seront faits de quoi ? Quelles peuvent être les conséquences de l’identification supposée du gène de la schizophrénie, ou du développement de l’Internet sur toutes sortes de supports ? Le passeport biométrique, que peut engendrer son utilisation ? Dans un univers où l’image est information, qu’en est-il de la vérité ? C’était la SF qui pouvait nous raconter ces histoires-là en les portant à incandescence...

 

 


 

 

 

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