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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Comment n’aimerait-on pas l’argent ? Il faudrait n’aimer rien, puisque l’argent mène à tout… HELAS !!!

Fotolia 18577662 XSÀ l'heure où la monnaie électronique et la monnaie virtuelle prennent une place de plus en plus importante dans notre société, pourquoi parler d'utopie de la monnaie immatérielle ?

 

Certainement pas pour nier ce phénomène, mais pour poser un nouveau regard sur les formes contemporaines de l'argent, en se détachant de l'idée reçue que la monnaie se transforme depuis son origine pour devenir toujours plus abstraite et immatérielle.

 

Car, comme il a existé dans certaines sociétés traditionnelles des formes immatérielles d'échanges monétaires, il existe toujours aujourd'hui une matérialité de l'argent.

 

708721_cards_2.jpgLes transformations récentes de l'argent ne se traduisent en effet pas seulement par une invisibilité croissante de la monnaie, mais aussi par une métamorphose de sa matérialité.

 

Les nouvelles techniques de l'information et des communications (NTIC) ou les technologies du virtuel, ne font donc pas plus ici que dans l'art, l'économie, la communication, ou la vie quotidienne, disparaître la matérialité, mais elles lui donnent en revanche une nouvelle forme, une nouvelle présence et un nouveau sens. Ainsi, à travers l'étude des formes contemporaines de l'argent, c'est le rapport de notre société à la matière qu'il s'agit de comprendre. Car le lien social que forme la monnaie n'est pas un lien entre des humains qui seraient hors du monde ou hors de la nature. Bien au contraire.

 

La monnaie définit aussi une relation des hommes et de la société à la nature.

 

8dd48d6a2e2cad213179a3992c0be53c-2.jpgC'est ce que nous révèlent les transformations actuelles de l'argent. Changement essentiel cependant car la monnaie n’a pas une forme, elle est une forme à travers laquelle s’exprime la totalité sociale. Peut-être pouvons-nous profiter de cette occasion pour interroger cette fameuse notion de totalité mise en avant.

 

Ainsi, dire que la monnaie, par-delà les ruptures et les métamorphoses, continue de rendre présente la totalité du social, c’est dire qu’elle reste un phénomène social total au sens où son actualisation déploie une pluralité de dimensions. Rendre présente une réalité absente et intangible est une définition du symbolique.

En particulier, la « métamorphose » de la monnaie, initiée à la modernité n’abolit pas la forme, ni même la matière mais donne à « toucher » la représentation d’une matière éthérée tels les chèques, les cartes bancaires ou le transport des signes via le média informatique.

 

arton228.jpgAinsi la dématérialisation de la monnaie ne réalise l’utopie moderniste qu’en la déjouant puisque l’échange passe toujours par la matière, stigmatisant la dimension chimérique d’un projet culturel qui, en tant que tel, ne peut être porté que par des hommes en chair et en os évoluant dans un monde matériel.

 

L’usager de la monnaie nous rappelle avec insistance cette limite intrinsèque à la condition humaine. Parmi de nombreux exemples, celui du passage à l’euro comme prise de conscience « populaire » de l’entité européenne à travers la dimension concrète des pièces (alliage, choix, du nom, présence de l’autre matérialisée par la face nationale de la pièce dans l’échange autochtone, débats sur les emblèmes choisis sur cette même face, etc.…) montre comment la tendance à la dématérialisation pourtant à l’œuvre dans la vision économique présidant aux destinées de l’Europe a dû céder le pas devant cette nécessité qu’une communauté ne saurait se former sans la rencontre des corps et l’intermédiaire d’éléments matériels.

 

L’usager « rend » à la monnaie ce que l’utopie de la dématérialisation semble vouloir lui retirer.

 

cash.jpgAinsi la monnaie ne saurait fonctionner qu’en restant « archaïque » si comme telle est considérée la dimension charnelle et sensible de l’homme en société. En insistant sur la notion de forme et avec elle sur la re-matérialisation contemporaine de la monnaie, nous sommes invités à repenser la dimension archaïque sans enfermer cette dernière dans le mythe de la tradition.

 

Ni résidu historique voué à disparaître et faisant obstacle aux bénéfices du progrès comme la langue commune en fait usage, ni seulement soubassement mystérieux agissant à notre insu. L’archaïque en nous est ce qui rend possible tout échange monétaire et, au-delà, toute relation.

 

Si l’utopie économique comme l’utopie de la communication semblent vouloir abolir la matérialité et, à travers elle, la dimension « physique » du lien social, elles ne peuvent se réaliser qu’en donnant naissance à une nouvelle métamorphose.

 

Que la monnaie soit une forme qui symbolise la totalité sociale est nécessaire à ce qui est au cœur de la monnaie : la confiance !

 

labymoney.jpgEn ce sens, si servitude il y a, celle à laquelle nous soumet l’économie est bien volontaire car la monnaie reste toujours tributaire de notre confiance. Comme si, pour eux, le « symbole monétaire » n’était plus capable de représenter autre chose qu’un avenir tout tracé barrant cette dimension de l’attente à laquelle les langues latines laissent plus de place que celles saxonnes : l’espérance.

 

Car si l’attente collective est au cœur de la cohésion sociale, c’est peut-être à condition d’être en attente de l’inattendu autant que de l’attendu, ce qui renvoie à la capacité d’une société à ménager une place à l’imprévisible, à l’inopiné, à l’incertitude inhérents à l’action humaine. Si les moyens électroniques ou virtuels de paiement sont censés pacifier, et donc dépassionner, la relation et l’achat, bien des pratiques souvent secrétées par ces mêmes moyens résistent à cet idéal. Le dit « dépensier compulsif » ne saurait s’adonner à sa passion avec une telle ferveur sans la carte de crédit qui, dans l’imaginaire, matérialise une possibilité d’achats illimités dans l’instant.

 

Escroc

 

pmu.jpgeuromillions-vendredi-5-fevrier-2010.jpgEt comment ne pas évoquer le « pari » et le « jeu » (sans réduire ce dernier à un ensemble de règles), qui restent le support privilégié d’un « état de présupposition magique qui conduit à penser que tout peut arriver ».

 

Et que ces pratiques communes soient socialement traitées dans leurs manifestations les plus extrêmes comme des formes de dérèglement psychique n’infirment en rien leur caractère de résistance, sociale sinon concertée, à l’ordre réglé.

 

Dans le monde des hommes, le lien s’établit à travers des objets dont la forme toujours produite, concrétise et pérennise notre vision du monde.

 

money-tree.jpgEt les formes « immatérielles » de la monnaie comme de la plupart des techniques de communication renvoient à l’institution moderne d’une culture qui se fait contre la nature, d’un sujet coupé de l’objet. Car la nature à laquelle les cultures ont toujours emprunté la matière de leur durabilité et à qui les hommes continuent de confier leurs idées, leurs désirs et leurs rêves n’est sans doute pas celle, maîtrisée et dominée, de la science moderne mais une nature qui résiste, rebelle à notre emprise et dont l’inachèvement est le garant de la possibilité de prochaines métamorphoses.

 

« L'irréalisme » de l'utopie 

 

Les monnaies virtuelles et électroniques prennent une place croissante dans nos règlements.

 

vision_google_wallet.jpgL'argent immatériel domine largement les flux monétaires puisque la monnaie scripturale représente aujourd'hui en valeur l'écrasante majorité des transactions (plus de 80 %).

 

L'argent devient donc invisible, intangible, nous échappe puisqu'il ne passe plus d'une personne à l'autre mais d'un compte à l'autre. Et plus encore, même les instruments permettant le transfert de la monnaie scripturale se dématérialisent et ne circulent plus entre nos mains : le chèque, le titre interbancaire de paiement (TIP), l'effet de commerce sont par exemple maintenant fréquemment remplacés par des instruments automatisés, comme le prélèvement automatique, le télérèglement ou le paiement par carte.

 

Alors pourquoi parler d'utopie en ce qui concerne la dématérialisation de l'argent si la monnaie se numérise tous les jours un peu plus ?

Est-ce pour dire qu'elle ne sera jamais totalement immatérielle ? Non, car l'objet n'est pas ici de se prononcer sur l'avenir de l'argent.

 

L'utopie n'a pas qu'une connotation négative.

 

Elle ne renvoie pas seulement à l'idée d'un « irréalisme » ou d'un « irréalisable », mais aussi à l'idée de puissance. R. Redeker parle de sa « puissance transformatrice » et, interprétant E. Bloch, nous dit que « l'esprit de l'utopie » n'est autre que sa puissance. Une utopie n'est donc pas hors de la réalité mais en fait partie et la transforme.

 

porte-monnaie-electronique-356565.pngL'utopie de l'argent immatériel est ainsi celle d'un projet qui transforme la monnaie, même si elle ne crée pas ce qu'elle dit ou ce qu'elle croit.

 

« La véritable force de l'utopie réside dans sa capacité à exercer une influence sur la réalité qui ne soit pas de l'ordre de la réalisation programmatique ».

Ph. Breton définit l'utopie (lorsqu'il parle d'utopie de la communication) comme un modèle idéal vers lequel tend l'action. Il exprime ainsi que l'on est bien en présence d'une représentation simplifiée, réduite de la réalité (l'utopie étant un modèle), qui porte un projet (un idéal) et qui se manifeste par son action, par sa force de transformation de la réalité. En tant que modèle, son objet ne serait d'ailleurs même pas d'être réaliste.

 

La puissance de transformation de la dématérialisation est bien sûr visible par la numérisation de l'argent, qui a considérablement réduit la part de la monnaie matérielle dans les échanges en valeur.

 

internet_shopping-copie-1.jpgCe n'est toutefois pas là sa plus grande force. Il faut nous interroger sur le « modèle idéal », et donc sur la part « d'irréalisme », sur laquelle s'élève le projet de dématérialisation. Le terme de dématérialisation, de par son ambiguïté et le processus qu'il sous-entend, exprime à lui seul « l'irréalisme » de l'utopie. On peut parler d'ambiguïté parce que derrière ce terme se cachent plusieurs réalités qui se trouvent ainsi indifférenciées, ou plutôt ramenées à un même phénomène (la dématérialisation).

 

Ainsi, on parle de dématérialisation lorsque la monnaie n'est plus (ou est de moins en moins) matérielle et tangible dans les échanges. Mais la dématérialisation c'est aussi la substitution de la monnaie matérielle (métallique ou, comme aujourd'hui papier sous la forme de billets) à une monnaie scripturale. Aujourd'hui, ces deux dématérialisations paraissent indissociablement liées : plus les technologies de l'information et de la communication (TIC) permettent de multiplier les possibilités de transfert de la monnaie scripturale (dans l'échange), plus cette dernière peut s'étendre.

 

porte-monnaie-de-serveur-pic-img_6732.jpgEt plus la monnaie est scripturale, moins elle sera matérielle dans les échanges. Mais c'est oublier que la monnaie matérielle peut très bien quitter la sphère des échanges et donc ne plus passer physiquement entre les personnes tout en restant matérielle (sans devenir scripturale), comme lorsque l'or ou les métaux précieux étaient déposés dans les coffres des banques et représentés dans l'échange par des récépissés transférables.

Ces derniers n'étaient pas la monnaie mais ce qui circulait à la place de celle-ci (et qu'ils soient eux matériels ou non est un autre problème).

 

C'est donc dans ce cas une dématérialisation de l'échange monétaire mais pas à proprement parler de la monnaie.

 

380630.jpgMais par dématérialisation on peut enfin entendre un troisième phénomène : l'autonomisation de la monnaie par rapport au métal, comme cela s'est produit de façon radicale en 1971 avec la fin de la convertibilité-or des billets.

 

Les trois phénomènes sont, aujourd'hui, liés et s'amplifient, s'alimentent mutuellement.

 

Et dans chacun de ces cas on a bien « dématérialisation » si on entend par là que la monnaie se sépare (provisoirement ou définitivement, totalement ou partiellement) de la matière.

 

Bien sûr, on peut qualifier différemment ces phénomènes. Ainsi, on parlera de déréalisation lorsque la monnaie n'est plus matérielle dans les échanges et de déréférentialisation lorsqu'elle se détache de son référent matériel. Mais ces termes sont en général employés dans les approches critiques se concentrant sur l'un ou l'autre de ces aspects.

 

Si la notion de dématérialisation englobe aujourd'hui les différentes réalités décrites, c'est parce qu'elle les inscrit dans un même mouvement : celui de l'abstraction progressive de l'argent.

 

La monnaie suivrait en cela un mouvement général d'abstraction qui caractériserait notre société et  qui serait impulsé par les technologies du virtuel. Qu'on le déplore et le vive comme une fatalité, ou qu'on affirme là la marche du progrès, la monnaie suivrait une tendance générale à l'abstraction visible aussi aujourd'hui dans l'art, la littérature ou la linguistique.

 

porte_monnaie_ouvert_monnaie.jpgIl se passerait la même chose pour les signes monétaires et les signes linguistiques dit J.J. Goux (1984, p. 10), serait ainsi de croire, comme le discours qui accompagne la dématérialisation le laisse entendre, que ces trois phénomènes s'inscrivent nécessairement dans un même processus qui devrait à chaque fois conduire à séparer un peu plus la monnaie de son existence matérielle.

 

Ce que nous distinguons comme trois phénomènes ne sont plus ici que des étapes d'un même processus : la monnaie matérielle disparaît d'abord des échanges, puis devient scripturale et peut enfin, lorsque la confiance est gagnée, se détacher définitivement de son référent métallique.

 

flickr-1581876858-original.jpgAu-delà du fait qu'il n'y a aucune nécessité à cela, comme nous le montreront différents exemples dans l'histoire de la monnaie, la première chose est qu'on ne peut pas parler de processus d'abstraction de la monnaie dans la mesure où cette dernière est par définition déjà abstraite.

C'est d'ailleurs ce qui conduit J.M. Servet à refuser l'idée de dématérialisation. La monnaie est en effet d'abord un symbole (ce qui est d'emblée abstrait) puisqu'elle rend présent entre les hommes ce qui est absent ou insaisissable : la collectivité, communauté, ou totalité sociale diraient M. Aglietta et A. Orléan.

 

Et c'est bien parce qu'elle est, et a toujours été, abstraite qu'elle est, et a toujours été, issue de la confiance collective.

 

Penser que la monnaie suit un processus d'abstraction suppose donc qu'on ne la voie pas comme symbole mais avant tout comme valeur.

 

Monnaie-dollars-euros-argent-cochon.jpgL'abstraction consisterait alors à séparer (à abstraire précisément) la valeur (sous-entendu la monnaie) de la chose qui circule comme monnaie. Ainsi, moins la chose qui représente la monnaie dans la circulation a elle-même de valeur, plus on aurait une monnaie abstraite, c'est-à-dire une valeur abstraite de la chose. Dans ce contexte, une monnaie totalement immatérielle serait bien sûr totalement abstraite.

 

La matérialité de l'argent ne serait donc qu'un support de la valeur, qu'on entende celle-ci comme utilité, rareté relative ou travail (cristallisé ou incorporé). C'est d'ailleurs bien cette matérialité-là, ainsi définie, que la « dématérialisation » évince. On peut effectivement considérer qu'en ce sens la monnaie est déjà « dématérialisée » puisque la valeur de la monnaie est aujourd'hui totalement indépendante de la valeur intrinsèque du signe électronique ou du billet de banque (qui n'ont de valeur ni l'un ni l'autre).

 

billetpapier.jpgDématérialisation veut d'ailleurs dire, selon le dictionnaire, « suppression du support matériel tangible ».

 

La matérialité de la monnaie ne serait donc que de l'ordre du support, du substrat, dont la technologie moderne devrait pouvoir nous débarrasser tout à fait.

 

C'est sans doute pourquoi la matérialité de l'argent, telle qu'elle apparaît aujourd'hui sous la forme de pièces et billets sans aucune valeur intrinsèque, est présentée comme un résidu, un vestige ou un archaïsme qui n'a plus vraiment de raison d'être. Elle serait une forme transitoire (pour se déshabituer peut-être du geste de transférer physiquement l'argent) vers une élimination de toute expression matérielle de l'argent dans l'échange.

 

Pourtant, un exemple récent étaye plutôt la thèse inverse. 

 

Le passage à l'euro, en effet, ne s'est réalisé dans les esprits et dans les faits que par l'argent matériel (manuel). L'euro a même connu un processus tout à fait inédit et totalement inverse à celui que nous suggère le discours sur la dématérialisation : il s'est d'abord mis en place sous une forme immatérielle (une unité de compte et un moyen de paiement) en janvier 1999.

 

C'était une monnaie scripturale qui prenait existence par conversion des monnaies scripturales nationales.

 

118576.jpgCette monnaie n'existait d'ailleurs pour ainsi dire pas puisque personne ou presque ne l'utilisait: sur toute la période (jusqu'en janvier 2001) seuls 0,5 % des échanges se sont faits en euros. Ce n'est qu'ensuite, lorsque l'euro est passé d'une existence immatérielle (tout à fait théorique pour le public) à une existence matérielle qu'il est devenu monnaie.

Il y avait pourtant là une opportunité sans précédent pour « achever » (ou presque) ce que l'on appelle la dématérialisation de l'argent.

 

Passer à l'euro en même temps qu'à la monnaie totalement immatérielle, aurait pu être perçu comme une triple avancée de l'histoire moderne : politique, économique et technologique. De plus, le coût et les difficultés liés au passage à l'euro en auraient été réduits.

 

Alors pourquoi, dans cette « grande étape de l'histoire », conserver cet « archaïsme » que représente la monnaie matérielle ?

 

Que l'on songe seulement par exemple au volume que formeraient les containers de pièces et de billets qui transitent par la mer entre la métropole et les départements d'outre-mer. Il semble que la réponse soit dans la force du symbole que représente la matérialité de l'argent.

 

bombe-economie-magazine-347931Celle-ci serait justement apparue au grand jour avec l'euro.

 

Cette force du symbole était en effet bien insoupçonnée par la plupart des observateurs puisque de fortes « résistances » et difficultés d'adaptation étaient attendues pour janvier 2001 (sur la base de l'absence d'intérêt et de désir qui était manifestée à l'égard de l'euro virtuel). Or, si le passage à l'euro n'a pas posé les problèmes anticipés, ce n'est pas en raison d'une soumission docile des populations concernées, mais grâce à une curiosité et un désir de recevoir, de toucher, donner ces pièces et billets, que l’on n’avait pas pu prévoir.

 

C'est par la matérialité, et l'engagement corporel qu'il suppose, que l'euro a pu exister, c'est-à-dire être reconnu comme monnaie.

 

euro-brezinys ec1Il y a aussi eu une conscience d'appartenance à une communauté (qui devenait concrète par les pièces et billets) car « l'euro c'est la présence de l'Europe dans le corps à corps (entre les corps) », dit J. Birouste. Les pièces et billets rendaient présente la communauté entre les hommes concrets. Ils en étaient le symbole. Si la matérialité de l'argent est un symbole, ce n'est pas pour cela qu'elle est le « support » de la monnaie, mais parce que les deux se confondent.

 

En effet, une chose ne peut pas être le support d'un symbole (qui existerait par lui-même), elle est symbole, tout comme le corps n'est pas le support (ce sur quoi) le sujet existe (il est le sujet). La monnaie est ici indissociable de sa matérialité, quelle que soit celle-ci, comme le corps est indissociable de la personne.

 

 

A quoi sert l’argent si l’on doit mourir ?

Il est bien rare que l’argent à lui-seul

puisse sauver de la mort…

 

 

 

 

COPYRIGHT-copie-1

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Jean-Michel 19/10/2012 01:38


Very interesting my dear ...


Cordialement

AD 19/10/2012 07:17



Ce n'est jamais simple d'examiner avec simplicité les ravins des tendances fortes qui brûment l'esprit au quotidien. L'argent, dématérialisé ou non, reste un
supoort et rien de plus, nécessaire pratiquement aux echanges et de relations monétaires certes, mais sociales aussi. Mais à la marge tout de même quand ce support est corrupteur, quelqu'en soit
sa forme...moderne ou archaïque !


Bonne journée, André