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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Chercher le prévisible en chacun, c’est nier l’irrationnel de tous, leur poésie, leur absurdité, leur libre arbitre…

Notre libre arbitre n'est pas de contrôler sa propre volonté

 

seul.pngUne autre volonté ne doit pas contrôler la mienne ! Dans ce sens, le libre-arbitre est valable, avec cependant quelques contre-exemples : la torture, les neuroleptiques... La manipulation ne constitue pas une privation directe du libre-arbitre : manipulation = laisser le sujet se faire librement une opinion à partir d'informations partielles ou erronées (d'où l'impression de libre-arbitre).

 

Ainsi, une décision prise suite à une information mensongère (ou simplement fausse sans préméditation) ne remet pas en cause le libre-arbitre du décideur.

 

Vouloir vouloir =, vouloir !

 

Généralement, on peut vouloir désirer (ou vouloir ne pas désirer un plaisir nuisible ensuite), on peut désirer vouloir (quelqu’un de moral peut désirer être immoral, et désirer vouloir être immoral parce que c'est plus facile à vivre, mais ne veut pas être immoral ! Si on veut vouloir quelque chose, on veut cette chose.

 

sans-titre.pngAinsi la définition du libre-arbitre comme liberté dans ses volontés est contradictoire (ou bien, origine et choix arbitraire des volontés ?

 

Mais en tout cas pas selon une volonté), et la définition comme accord de la volonté avec elle-même est tautologique ou redondante. La liberté (plus ou moins grande) est un accord de notre état avec la volonté que nous en avons.

 

Notre état comprend nos désirs et notre volonté (mais volonté = volonté, POINT !).

 

Patrick EdlingerDoit-on prendre comme définition « quelle que serait notre volonté, état en accord avec volonté », ou « état en accord avec ma volonté actuelle » ? Première solution pas de liberté (car il existe des impossibles, à moins que la volonté ne puisse vouloir l'impossible ?). Celui qui n'a pas de volonté (ou qui ne veut pas plus que ce qu'il a) est libre.

 

Vouloir / désirer : on veut ce qui procurerait le bonheur ou éviterait le malheur, tandis qu'on désire ce qui procure le plaisir ?

 

Ou bien la notion de volonté admet-elle une nuance morale absente du plaisir ?

 

Libre-arbitre et volonté

 

marx_nietzsche_freud_int.jpgLes hommes, selon Nietzsche, sont d’abord des animaux et, comme tous les animaux, ils se distinguent entre eux entre forts et faibles, dominants et dominés, c’est là une loi de la vie et de la nature (sélection naturelle).

 

Or l’homme fort est violent, c’est là l’expression spontanée de son instinct de domination, de sa volonté de puissance.

 

Cette violence provoque la peur de ceux qui la subissent sans pouvoir y résister de par la faiblesse de leur volonté de puissance propre.

 

La morale altruiste-égalitaire, compassionnelle est donc d’abord une tentative pour les faibles de se protéger de la violence des forts en la désignant comme mauvaise, cruelle, afin de la brider en la rendant honteuse, en rendant le fort honteux de sa force.

 

L’homme fort est, du point de vue des faibles, violent donc mauvais, dès lors que ces instincts égoïstes le sont, mais plus généralement toute volonté de vivre, laquelle se confond avec la volonté de puissance, tout désir d’appropriation et de domination génèrent, pour eux, le mal moral.

 

Un problème logico-théologique apparaît aussitôt

 

volonte1.jpgComment un Dieu, supposé parfait et  infiniment bon, a-t-il pu créer les hommes mauvais (violents), non seulement les forts, mais tout homme qui désire affirmer ici-bas sa volonté de puissance (même faible), donc y compris les faibles s’ils n’en étaient empêchés par plus forts qu’eux ? Ce Dieu (bon) serait-il alors responsable du mal moral ?

 

On voit en quoi cette idée est juste théologique dans son origine, sa visée et son essence même : elle tend à sauver la perfection divine de toute accusation qui rendrait Dieu responsable du mal (devant l’homme qui souffre).

 

Cette idée est profondément irréelle, voire irrationnelle et incompréhensible : rien dans la nature ne manifeste une telle causalité, et l’idée d’un vouloir qui serait sa propre cause est insaisissable par le raison, qui ne peut atteindre l’absolu, vu qu’elle ne peut exprimer et expliquer que des relations (phénomènes relatifs) par des relations (lois générales).


Selon les théologiens, magiciens menteurs et illusionnistes, être libre c’est être cause de soi, donc pouvoir répondre devant les autres

 

jean-francois-cope-et-francois-fillon-l-homme-fort-de_88685.jpgRépondre d’un acte que l’on a commis et s’il est cruel et violent, s’il fait souffrir autrui, s’affirmer comme l’auteur (la seule cause première) et non seulement l’acteur (cause ayant une autre cause) du choix que l’on a fait de la commettre le mal en le sachant. Dès lors que l’on accuse le destin ou la fatalité, on n’a pas à répondre de ses actes : il est innocent, en deçà du bien et du mal.

 

Au contraire de Socrate qui affirmait que nul n’était méchant volontairement, mais que le méchant commettait une erreur en se trompant de bien, les théologiens prétendent que l’homme méchant sait toujours qu’il est méchant, et que, par conséquent, il a choisi délibérément le mal contre le bien.

 

0214.jpgDe plus, pour eux, le mal a sa source dans le désir de vivre même, égoïste et violent. Dès lors que ce désir de vivre est naturel tout homme se sait mauvais par nature et sait qu’il hérite en cela du péché supposé originel.

 

Tout est puissance affirmative ou négative selon la volonté forte ou faible qui l’exprime et chaque être est pluralité de désirs et d’instinct plus ou moins forts et faibles

 

Le résultat à tel ou tel moment est innocent, c’est à dire sans rapport avec l’idée du bien ou du mal. Il s’agit plutôt d’agréer ces idées (fausses) du Bien et du mal qui sont le résultat d’un rapport de force négatif : le faible juge mauvais un acte à cause de sa faiblesse, s’il l’avait emporté il le jugerait bon (juste).

 

7882c76a.jpgDu reste le fort ne se juge pas et ne juge pas les autres : tout ce que produit sa volonté de puissance est bon par définition, il affirme sa volonté de puissance comme un fait qui n’a pas à se justifier.

 

Si seul le faible peut être jugé mauvais et se juger lui-même responsable du mal, qui juge et pourquoi ?

 

Juger c’est, pour celui qui juge, attribuer une qualité morale (mauvaise) à celui qui est jugé et s’attribuer une qualité morale (bonne) qu’ils n’ont ni l’un, ni l’autre, dans le seul but d’affirmer le pouvoir faussement supérieur de celui qui juge, cherche et qu’il cherche à justifier sur celui qui est jugé pour le soumettre à sa volonté de puissance affaiblie.

 

Ainsi punir celui qui est jugé responsable du mal, c’est répondre au mal (la faute) par le mal (la punition) et celui de faire souffrir, pour jouir de sa souffrance, celui que l’on accuse à tort d’être responsable (cause première) du mal.

 

liberte.jpgAinsi jouir de la souffrance de l’autre est un comportement réactif de faible qui a besoin de se croire supérieur moralement pour être assuré de son pouvoir, qui a besoin de la caution divine et du ressentiment contre celui qui est puni pour maintenir l’illusion de sa pseudo-supériorité. La prêtrise est l’ultime tentative pour certains faibles de maintenir, vis-à-vis de presque aussi faibles qu’eux et par comparaison à eux, le sentiment problématique de leur valeur.

 

Aux royaumes des aveugles les borgnes sont rois. Le fort, non encore affaibli par la morale, n’a pas à justifier moralement l’usage de sa force : elle s’impose d’elle-même comme une évidence.

 

En cela l’idée de libre-arbitre est l’instrument de domination utilisé par certains faibles sur l’humanité pour se maintenir en position de force relative, sous l’autorité d’une puissance irréelle: « Dieu » !


Les hommes ont été considérés comme « libres », pour pouvoir être jugés et punis, pour pouvoir être coupables : par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l'origine de toute action comme se trouvant dans la conscience.


homme-fort.jpgLe fort n’a nul besoin du droit pour affirmer sa puissance : elle est de fait et s’impose en tant que telle, or le faible qu’est le prêtre-théologien, chef de la communauté des croyants, ne dispose pas d’une puissance telle qu’elle produise par elle-même l’effet de domination qu’elle recherche, il a donc besoin d’un doit supérieur surhumain (divin) pour faire reconnaître son pouvoir de domination comme bénéfique à celui qui le subit :

arton347il a besoin de faire croire que son pouvoir est l’expression même du désir de celui qui est puni d’être délivré de la faute dont le prétendu libre-arbitre de celui-ci lui est présentée comme la cause première.

 

Le puni est alors convaincu qu’il doit être puni pour son bien, qu’il doit souffrir par ordre de Dieu et des prêtres pour être sauvé du péché.

 

Sa liberté est à la fois la raison de sa punition (en droit) et l’expression imaginaire de son désir d’être sauvé du mal pour lequel il est condamnable (menacé par au le diable et l’enfer).

 

Si l’action libre est reportée faussement à la conscience de soi comme cause du mal, l’individu se sent alors mauvais (mauvaise conscience) et réclame la souffrance de la punition pour « redevenir bon ».

 

La culpabilité générée par l’illusion du libre arbitre, inventée par les théologiens, induit, chez les faibles (la majorité des humains), le sentiment intériorisé d’être l’origine absolu de son propre mal (coupable par soi) et le désir de ne pouvoir se réhabiliter qu’en se soumettant sans condition, librement, à l’autorité divine.

 

Stamp_Germany-Friedrich_Nietzsche.jpgUn pouvoir n’est jamais aussi efficace que lorsqu’il crée les conditions d’une servitude consentie. L’illusion de la liberté métaphysique est la condition et l’expression ultime de toute servitude : elle produit des individus qui croient vouloir librement être dominés, alors que ce désir n’est que l’expression de leur volonté de puissance affaiblie.

 

Si l’origine du mal est en eux, ils ne peuvent croire être sauvés qu’en en se soumettant à un bien dont l’origine est posée hors d’eux, dans la puissance fantasmatique irrésistible de Dieu et ses prêtres.

 

L’illusion du libre-arbitre est l’illusion (religieuse) la plus aboutie pour assurer la domination de la faiblesse sur la force, du pouvoir corrosif de la maladie sur la santé vitale.  

 

La morale et le libre-arbitre ne sont que des mensonges mortifères indissociables


medium_evolution-singe.jpgCes croyances visent à assurer le triomphe des valeurs de la faiblesse et du pouvoir des faibles contre les forts : la morale de la liberté absolue est l’expression la plus achevée de la domination désirée par les faibles pour se protéger des forts et garantir leur survie et leur salut.

 

Reste à savoir ce qu’il peut advenir de cette morale dans une société largement déchristianisée qui, sans plus croire en dieu et sans reconnaître la légitimité d’un pouvoir théocratique, administre la justice pénale et le droit au nom du libre-arbitre, dont la croyance, si l’on peut dire, flotte, sans fondement théologique, sur un tissus d’ignorance en lambeaux, de plus en plus déchiré par les coup de ciseaux des sciences biologiques et humaines.

 

Mais si dieu est politiquement mort et si la croyance dans le libre-arbitre se dissipe, tout ne devient-il pas possible ?

 

C’est à dire permis, au-delà du bien et du mal dans l’innocence d’un devenir où la violence sans fard et une nouvelle barbarie scientifique se substituerait à la domination religieuse ?

 

 

Au-delà de la critique provocante

et stimulante, une morale sans illusion

théologique est-elle possible ?

Oui.

 

 

COPYRIGHT-copie-1

 

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