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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui, coopère avec lui… (Martin Luther King)

La ville est-elle un espace de Liberté ?

 

coloriage-ville.jpgDans son aphorisme célèbre – « l'air de la ville rend libre » - Weber décrivait la ville comme un espace de liberté : le citadin échappe aux pesanteurs sociales et culturelles propres à la ruralité. Il se fait citoyen à mesure qu'il se plonge dans les masses urbaines et relativise ses valeurs ancestrales, il reconstruit son être social selon de nouvelles formes d'allégeances : intégration socioprofessionnelle, conscience de classe, engagement politique et syndical, fidélité à l'Etat et/ou à la nation. Marx voyait dans la métropole industrialisée le laboratoire de l'humanité, le creuset où se forge l'homme nouveau des sociétés industrielles et démocratiques.

 

La ville s'avèrerait donc le vecteur privilégié de la modernité. Mais si le « discours de Marx » en son temps avait des décibels en nombre, aujourd’hui, ses propos sont allégés du poids d’un nouveau monde…

 

201008191063_w350.jpgC'est pour échapper à la sauvagerie d'une confrontation constante avec l'animalité que l'homme bâtit les remparts de la cité, l'obligeant à trouver les voies d'une concertation stratégique, ébauche de politique.

 

L'étymologie grecque de ce dernier vocable nous permet d'ailleurs de conjuguer citoyenneté et urbanité. La politique apparaît donc ici comme l'art de subordonner les intérêts particuliers en vue du bien commun, ce qui suppose un art consommé de la conciliation et de la persuasion.

La ville apparaît comme des îlots de civilisation au sein d'une ruralité encore "ensauvagée et aujourd’hui désertée", ouMR_FR_85_484a.jpg encore soumise pour les paysans qui en vivent (?), qu'il fallut, progressivement, dompter, coloniser et intégrer.

Tel est le décor d'une modernité marquée du sceau de l'urbanité triomphante : les métropoles du monde industriel - capitales des nations - sont les vecteurs obligés de la modernité politique.

 

Les territoires de la ségrégation 

 

L'utopie de la cité intégrationniste et libératrice s'effondre face à une réalité plus douloureuse. La « civilisation » est avant tout une rupture, une ségrégation, un rejet hors de l'humanité de tout ce qui ne procède pas de la « cité » et c'est ensuite une entreprise de conquête et d'asservissement d'une inhumanité « sauvage » au nom d'un progrès civilisateur sinon conquérant. La métropole édifiée sur les ruines des campagnes devient les pôles d'attraction de l'exode rural. 

 

ville1.jpgEn strates successives, les populations s'agglutinent dans les zones industrielles, échappant aux servitudes féodales pour trouver d'autres formes d'assujettissement… ce qui était patiemment construit au cours des siècles de culture paysanne se voit déstructuré dans l'anonymat prolétarien où, l'individu, rouage interchangeable d'une machinerie dont la fonction et le devenir lui échappent.

 

On attendait tout de l'utopie d'une cité réconciliée dans la collectivisation des moyens de production, mais les aléas de l'Histoire en ont décidé autrement. En fait d'utopie, la transformation de la lutte de classes en un combat sans merci pour la maîtrise de l'Etat, au prix de la liquidation de toute opposition dite « bourgeoise ».

 

Tentative d'échapper aux conséquences funestes (pour les libéraux) de la lutte de classes, la social-démocratie cherche à faire du prolétariat un vivier de consommateurs inféodés au jeu économique et politique de ce siècle.

 

Sous l'emprise de la raison économique marchande, la ville devient un territoire de ségrégation qui s'opère dans les champs économique, sociétal et culturel.

 

cc5fd281869ead6fddaaf754225d42aa.jpgEn l'absence de régulation étatique, les classes privilégiées établissent leur propres frontières recourant au gardiennage privé pour protéger leur lieux d'habitat et de convivialité de la « sauvagerie » des classes dangereuses agglutinées dans les « banlieues », les « ghettos », les « cités » ou, comme il advient parfois, dans les poches en décomposition urbaine des villes historiques. Les mécanismes du marché conduisent à une répartition qualitativement hétérogène des habitats et à une ségrégation effective des populations.

 

Parce que l'habitat n'échappe pas à l'économie de marché, parce que la spéculation - le logement – est un bien rare, la question urbaine fait partie intégrante de la problématique d'une société de classe où pouvoir et avoir se conjuguent.

 

ghetto.jpgLa précarisation de l'emploi, la réduction au chômage, l'exclusion sociale de catégories de plus en plus larges, où les jeunes rejoignent les quinquagénaires sans avenir, les délocalisations des entreprises, la décomposition du tissu industriel, l'appauvrissement du commerce et la multiplication des faillites, bref, ce qui est convenu d'appeler « la crise économique » n'est pas sans incidence sur l'habitat. Le délabrement de quartiers entiers, la spéculation effrénée, l'étalage éhonté de la violence symbolique de l'architecture de prestige et de pouvoir sont autant de défis à la convivialité urbaine. La ville, espace quadrillé, vidéo-surveillé, hyper-contrôlé - aussi bien par les pouvoirs publics que par les innombrables services privés de gardiennage - est-elle encore un espace de liberté ? Lieu de refuge, parfois, lieu d'exil certainement.

 

Exil intérieur de ceux qui, faute de revenu, ne trouvent d'autres logements que la froideur des halls de gare, la dureté du ciment et au mieux, la précarité d'un refuge transitoire. Exil extérieur aussi, de ces migrants qui n'accèdent que clandestinement dans notre forteresse européenne, asservis tant par les réseaux mafieux qui organisent la traite humaine que par un patronat (au sens évidemment large du terme) trop heureux de bénéficier d'une main-d'œuvre corvéable à merci. Exil intérieur aussi de ces demandeurs d'asile déboutés de leurs droits et contraints à la clandestinité s'ils ne veulent ou ne peuvent quitter le pays des Droits de l’Homme.

 

653PX--1-copie-1.JPGLes freins imposés à la circulation des personnes, à leur choix de résidence, et à l'accès aux espaces de convivialité, les principaux indicateurs de la désagrégation sociale, de la désintégration des groupes sociaux minorisés ou marginalisés.

En dépit des campagnes en faveur de l'intégration, les pratiques ségrégatives racistes ou crypto racistes révèlent crûment les clivages « multiculturels » auxquels les pouvoirs publics (de droite, du Centre ou de gauche…) sont d'autant plus aveugles qu'ils se refusent, au nom de l'assimilationnisme, à reconnaître le fait multiculturel lorsqu'elle est revendiquée par les groupes minorés.

 

L'acquisition de la citoyenneté nationale ne s'est pas toujours accompagnée d'une réelle intégration sociale, professionnelle, politique et culturelle permettant de relativiser ou de dépasser la conscience identitaire.

 

La persistante propagande xénophobe des partis ultra droitiers table sur l'inquiétude générée par les faits d'insécurité, mettant en relief la supposée délinquance de milieux où la marginalisation sociale coïncide avec une hétéronomie culturelle.

 

crise-economique-copie-3.jpgCependant, la haine d'autrui, exacerbée par les tensions géopolitiques, se manifeste aussi parmi les victimes du racisme ordinaire et l'on peut constater, fait nouveau, une résistance délibérée à l'intégration, comme si le refus de l'acculturation était garant d'une autonomie les préservant des conséquences sociales et politiques de la xénophobie.

Ce qui préoccupe aujourd'hui ? Une crise profonde de cette modernité, crise que nous relions à celui de la globalisation mondiale des enjeux économiques et politiques. Effet de cette crise, ce que j'appellerais le "défi des multi culturalités" - on ne pourra la réduire aux seules conséquences sociologiques des migrations - nous oblige à une reformulation du langage politique et à une restructuration de nos représentations de l'Etat. 

 

La crise de la multi-culturalité

 

la-multi-culturalite.jpgLa question de la multi-culturalité se voit problématisée autour de questions largement médiatisées qui contribuent, à une lecture simplificatrice du problème, dont je voudrais au contraire, en relever la complexité et la pluralité des interprétations pertinentes. Quels sont les faits que l'on évoque aujourd'hui comme révélatrices de la crise du multiculturalisme ?

 

1.    En premier lieu, une radicalisation de la conscience religieuse au sein des communautés issue de l'aire culturelle islamique.

prierederuenonsensprior.jpgElle exprime une politisation de l'appartenance religieuse et résulterait de l'influence ou de la pénétration d'un militantisme islamiste structuré en réseaux dont certains sont impliqués dans des conflits armés et dans des attentats. revendication publique de comportements jugées contraires aux normes socioculturelles dominantes et constituant une régression de fait sur des acquis culturels ou sociaux consacrant des principes d'égalité et d'équité, notamment sur le statut de la femme, sur les droit familial ou les relations entre genres, ainsi qu'une homophobie explicite.

 

2.  L'émergence d'une intolérance religieuse - intolérance de plusieurs confessions et sectes - qui briserait le consensus laïque ou pluraliste des sociétés occidentales ouvertes et tolérantes. Le recrudescence sur la scène politique européenne de partis confessionnels ou ethniques, visant spécifiquement les milieux islamiques et issus du monde arabe.

 

3.  La multiplication d'actes racistes touchant, soit la communauté musulmane, soit la communauté juive.

img11declarationbd.jpgEpinglée par les médias, inquiète les autorités la résurgence d'un antisémitisme - ou d'une judéo phobie - prétextant le plus souvent du conflit israélo-palestinien. L'antisémitisme imprègne, malgré les efforts d'autorités religieuses ou morales pour calmer le jeu, une partie des milieux islamiques. Inversement, le conflit israélo-palestinien radicalise une partie de la communauté juive dont certaines organisations établies en Europe adoptent un comportement radicalement anti-arabe se traduisant par des actes violents.

 

4.    La persistance et l'extension dans la scène politique européenne de l'extrême-droite organisée qui, même s'il dissimule les visées et les programmes xénophobes sous un discours populiste "de bon sens", affiche néanmoins un racisme culturel, sous sa forme "différentialiste", en présupposant l'impossibilité d'une coexistence pacifique, ou d'une convivialité, interculturelle dans l'espace européen et préconisant à terme la mise à l'écart des ressortissants hétérogènes - migrants ou issus de l'immigration.

 

sans-papiers-manifestation.jpg5.    La question du droit d'asile, de l'immigration dite "clandestine", et des pratiques de contrôle, de surveillance et d'expulsion menées par les pouvoirs publics. Ces pratiques ont donné lieu à des violations parfois graves des droits fondamentaux des migrants et accentuent la relégation, hors du droit social et hors de la citoyenneté, d'une large population de migrants économiques, déboutés d'une demande de statut de réfugiés politiques, privés de statut légal ou ayant accédé au territoire par le biais de filières illégales.

 

Une hiérarchisation supposerait impossible une universalisation des critères éthiques qui ferait l'économie d'une domination culturelle, ce qui contredirait d'emblée l'idée d'égalité comme référent normatif de l'universalisme.

 

Les normes étant de facto contradictoires, il serait impossible, à terme, de réduire ces valeurs pour dégager des droits d'asile permettant l'établissement de normes communes.

 

polygamie-uk-copie-1.jpgCette attitude, adoptée professionnellement par les ethnographes, devrait permettre d'élucider, sur le plan sociologique ou psychosociologique, des comportements radicalement contraires à nos normes et qui peuvent heurter la sensibilité commune : rites cruels, sacrifices humains, cannibalisme, ségrégations de caste ou de sexe, pratiques sexuelles ou matrimoniales etc… Mais cette attitude de suspension de jugement éthique est soigneusement délimitée et n'a nullement empêché des dispositions coercitives visant à abolir les pratiques que la conscience des colonisateurs réprouvait.

 

Il n'empêche que, de nos jours, la question du relativisme culturel dans ses rapports avec l'établissement de normes communes et le respect des principes fondateurs de la culture occidentale mondialisée revient sur les thématiques récurrentes de contradictions entre des normes juridiques : la charia, avec son dispositif d'application de châtiments corporels, est-elle admissible dans un monde pluriculturel ?

 

Peut-on admettre, dans le contexte de la modernité socio-économique, la persistance de rites initiatiques mutilants ? 

 

Doit-on tolérer la polygamie au sein des populations migrantes ? Cette problématique ne concerne pas seulement les pays européens ou de cultures occidentales confrontées aux revendications culturalistes de minorités migrantes ou d'implantation récente, il concerne aussi et surtout les Etats postcoloniaux, de modernisation récente, ayant acquis leur indépendance au 20e siècle.

 

humaniste-copie-1.jpgLa modernité, en dépit des nationalismes romantiques (on oublie trop que ces dernières exprimaient aussi une solidarité à l'égard des peuples soucieux d'autonomie), consacre ce cosmopolitisme à travers les conventions internationales de sauvegarde des droits humains. Cependant ce souci humaniste n'est pas sans paradoxe, car si on présuppose la conscience morale comme universellement attachée à une conception commune du bien par-delà les us et coutumes locales, nous ne pouvons que relativiser nos propres usages et admettre en droit la légitimité d'usages différents, et donc tolérer la pluralité culturelle.

 

Du côté ultra-droitier, la différence des cultures serait telle qu'une convivialité au sein d'une nation moderne devient impossible, ce qui justifierait, fut-ce par le biais rhétorique d'un appel au droit à la différence, l'exclusion des minorités culturelles du droit commun, des droits politiques, du droit social… l'idéologie de l'apartheid sud-africain s'est partiellement du moins construit, surtout à partir des années 65-70, sur cette notion de « développement séparé » présupposant une incompatibilité culturelles entre les communautés noires et les communautés blanches.

 

Multiculturalisme-440x322.jpgUn différencialisme mené à son terme logique aboutirait à une non communication totale, à un rejet d'autrui du champ même de l'humanité : ce processus s'est dramatiquement concrétisé dans les génocides du 20e siècle : l'extermination des juifs fut accompagnée d'une politique d'exclusion et d'une négation de leur humanité, les assimilant à des parasites animaux. Une telle animalisation des Tutsi par l'usage de métaphores et de caricatures fut aussi observée au Rwanda avant le génocide. 

Certes, la guerre est la résultante d'une rupture, une schizogenèse, et semble accroître le fossé culturel, mais le plus souvent la confrontation est l'occasion d'une prise de connaissance réciproque : les américains s'attachèrent à étudier la culture japonaise lors de la seconde guerre mondiale, pour "mieux comprendre l'ennemi". Inversement, les Japonais surent assimiler les composantes de la culture occidentale utiles à leur relance économique.

 

Ce constat ne doit pas être compris comme un plaidoyer belliciste : la confrontation peut s'opérer de manière non-violente et recourir aux armes de la parole. La possibilité d'une communication interculturelle - y compris dans la reconnaissance mutuelle du droit à la différence - est d'ailleurs la faille du discours différencialiste, car elle n'est réellement possible que si l'on partage un « logo commun » qui fonde en fait une position d’équanimité.

 

Dénouer ou trancher ?

 

attentats-islamiques.jpgLa conjoncture internationale, qui nous met face aux attentats islamiques, et à la crise proche-orientale, problématise nos rapports avec le monde musulman. L'Europe vit une radicalisation des revendications religieuses, conjointement à la séduction obscurantiste et sectaire. Le mouvement féministe fait face à un retour du rigorisme moral tandis que sa radicalisation occidentalocentrée arme peu les femmes du tiers-monde en butte à de réels asservissements ; les pouvoirs publics se confrontent à l'organisation planétaire d'un trafic d'êtres humains créant une nouvelle forme d'esclavagisme exploitant les « clandestins ».

 

Les politiques libérales dérégulatrices paupérisent les classes populaires et moyennes, accentuant le sentiment de précarité et déstructurant les liens de solidarité… nous voyons donc s'entrelacer diverses problématiques - culturelles, religieuses, géopolitiques, sociales - autour d'événements, d'attitudes ou d'actes fortement médiatisés et chargés de signification symboliques dont les acteurs n'ont peut-être même pas conscience.

 

Une économie informelle se reconstruit, souvent en marge de la légalité, obligeant à une re-socialisation identitaire et accentuant les fractures politico-sociales.

 

economie-informelle.jpgConséquence et facteur de la marginalisation, la multiplication des "incivilités" agressives associées à une petite délinquance complète le tableau d'une désagrégation sociale dont le simple constat quotidien suffit à conforter la position politique des populismes droitiers qui séduisent même une partie du " néo-électorat " issu de l'immigration.

 

A la thématique xénophobe classique opposant nationaux " de souche " aux groupes sociaux allogènes sur la base d'un racisme différencialiste, se substitue une thématique sécuritaire évoquant l'inintégration culturelle comme facteur criminogène.

 

Nous devrions souligner l'importance et la nécessité d'une intégration politique des migrants comme facteur de socialisation et d'émancipation des groupes sociaux hétérogènes. Et reconnaître par-là la légitimité du réquisit assimilationniste.

 

zville12-copie-2.jpgCe qui n'empêche pas de relever cependant que l'une et l'autre politiques, assimilationniste ou communautariste, est paradoxale en ce qu'elles comportent à la fois une dimension émancipatrice/intégrative et une soumission à un pouvoir dominant.

Ce qui nous oblige à nous interroger sur le caractère universalisable d'une politique assimilationniste, réduite à l'intégration nationale, dans un monde à la fois globalisé et fragmenté. La question ici est le paradoxe de l'unité nationale et de la diversité des nations à l'échelle planétaire qui oblige à un report, à l'échelle méta nationale, de la problématique interculturelle.

 

Le dépassement des particularismes multiculturels entrecroise une approche plurielle :

 

1. La reconnaissance de l'altérité à travers une lecture de la conflictualité interculturelle comme lutte pour la reconnaissance

2.    La reconnaissance de l'unicité de la condition humaine

3. Le dépassement des conflits ou des disparités à travers la formulation de normesmétaculturelles qui reposerait sur une réaffirmation des droits (et légitimité) commune à toute l'espèce humaine et sur une procédure (théorique) de résolution de conflits de norme.

4.    Un recentrage de la conflictualité sociale sur l'enjeu, historiquement indépassable, de la lutte de classe et de la maîtrise collective des biens économiques

 

graph_extreme_droite.jpgLa multi-culturalité altermondialiste comme dépassement du nationalisme et du communautarisme

L'utopie onusienne rencontre cependant dans sa propre constitution l'écueil qui fait échouer l'entreprise : la garantie de souveraineté nationale et le droit à l'autodéfense est un obstacle au désarmement des nations, qui relève jusqu'à présent du vœu pieu ou du résultat précaire de négociations entre Etats. Est douteuse en outre la possibilité matérielle d'une autorité supranationale qui ne serait pas le masque de la domination économique des superpuissances s'auto instituant comme garants de la sécurité internationale. 

 

Le national-extrémisme devient en toute logique une idéologie de repli, de régression morale et sociale, d'exclusion de l'autre, de soupçon à l'égard des communautés hétérogènes accusées de servir des intérêts étrangers ou « cosmopolites ».

 

marine-le-pen-heinz-christian-strache-vienne-extreme-droite.jpgLe nationalisme ne représente qu'une réponse imparfaite aux identitarismes méta nationaux et aux universalismes hétérogènes, soit qu'elles relèvent de la religion, soit qu'elles ressortent d'une trop importante somme de différence culturelle, et / ou culturelle.

 

Certes, l'Etat et la nation peuvent se prévaloir d'une fonction civique et intégratrice, affirmant l'égalité des citoyens devant la loi et valorisant les thématiques de la fraternité et de la loyauté, mais ce discours ne peut que s'enliser dans une théâtralisation creuse du pouvoir dès lors que l'on constate le déficit de l'Etat dans la régulation de la fracture sociale.

 

Tapis-20Rouge-20021.jpgPlus que jamais, l'Etat n'apparaît plus que comme le masque d'intérêts particuliers, servis par une caste néo-aristocratique prompte à détourner à son avantage exclusif les pouvoirs qui leur ont été confiés par les électeurs.

Contre la subversion régressive post-nationale, attaques conjointes des obscurantismes religieux ou communautaristes et des puissances financières et économiques supranationales, la nation n'apparaît plus que comme une bulle désuète inadéquate à la guérilla idéologique postmoderne.

 


 

Quelles est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n’en ont pas ?

Cette différence a un nom : c’est la vie !

 

 

 

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