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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.

La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.

On utilise parfois le mot "souffrance", mais parfois aussi le mot "douleur".

Y a-t-il une distinction essentielle entre les deux ? Le première réaction, c'est de penser que la douleur est physique et que la souffrance est morale. La meilleure définition est celle-ci :
La douleur est ce qui fait dire "j’ai mal", la souffrance est ce qui fait dire "je suis mal". Je ne m'étendrai pas sur ce sujet. Je choisis d'utiliser le mot "souffrance".

Quand j’éprouve de la souffrance, que celle-ci soit d’origine physique, psychologique, affective ou spirituelle, ce qui souffre ce n’est pas mon corps, ni mon esprit, ni mon coeur, ni ma psyché pris isolément .

En réalité ni la douleur ni la souffrance n’existent, ce sont là des abstractions. "Ce" qui souffre, c’est moi. Ce qui est dramatique, c'est qu'en elle-même la souffrance n’a pas de sens. Elle a uniquement le sens que je lui donne dans ma façon de la vivre.

La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.

Un des sens de la souffrance, serait-ce de la traverser ?
Ne serait-ce pas aussi la souffrance qui casse mon orgueil et me rappelle que je ne suis pas invincible ?

Lorsque je souffre, deux possibilités s'offrent à moi :
- soit je me laisse écraser et même, le cas échéant, détruire par cette souffrance,
- soit je m’en sers comme tremplin pour passer à une nouvelle étape de croissance, physique, psychologique, affective ou spirituelle.

L’étymologie du mot "souffrance" est d'ailleurs très intéressante. Le mot souffrance vient de deux mots latins : le préfixe "sub" qui signifie "en dessous" et le verbe "ferre", qui signifie "porter".

Le mot représente donc l’image d’un support, qui porte tout ce qui se trouve dessus.

La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.

Une chose importante, c'est d'accepter et d'accueillir sa souffrance (ne pas la nier ni vouloir la chasser), car c'est cela qui nous donne le droit d'être soulagé.

Celle-ci peut alors devenir féconde, elle devient sensibilité à la vie, sensibilité aux autres, elle devient compassion.

Aussi curieux que cela paraisse, faire face à mes souffrances, petites ou grandes, chroniques ou éphémères, la transforme et peut me transformer.

Malheureusement, je trouve que mon seuil de douleur physique est trop souvent dépassé. Vivre sans douleur est alors ma seule préoccupation. Et c'est une vie de l'esprit...

On peut donc considérer dans ce cas que je suis "écrasé" par ma souffrance.

Mais si la souffrance reste en-dessous de ce seuil, il peut se passer des choses étonnantes et très belles : je suis alors capable d'avoir un contact, une écoute, une ouverture vers autrui, une véritable compassion pour l'autre ...

La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.
La souffrance est une île de certitude dans un océan d'incertitude.
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