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ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Nous pensons tous inconsciemment à une calamité

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Nous vivons dans une l’ébriété permanente du consommateur, dans une incroyable insouciance, tout en disposant par ailleurs, au sein des entreprises, de moyens d’actions techniques prodigieux. La toile de fond du drame postmodernité, c’est cette hébétude hilare dans laquelle nous vivons petitement, sans conscience de ce que représente notre incarnation sur cette Terre. C’est aussi notre indifférence aux fins de l'humanité et du peu de souci de l’importance de notre legs en direction du futur. Or, ce qui est remarquable c’est que les catastrophes naturelles provoquent justement cet éveil au sein de notre torpeur. Sous la forme d’un choc brutal. Cet éveil qui est en même temps la conscience tout à la fois de notre responsabilité à l’égard de l’humanité et du sens de notre liberté.

 

Il est des hommes qui, au soir de leur existence, n’auront de souvenir d’avoir vécu que dans ces moments d’extrême mobilisation du danger au cœur d’une catastrophe ; des hommes qui auront tout au long de leur existence le sentiment d’avoir vivoté, pour s’être un jour éveillé à une grande solidarité humaine…  le temps d’une catastrophe. Quand il faut nuit et jour courir pour soigner des blessés, réconforter ceux qui ont tout perdu, donner asile, partager un foyer, se mettre tous ensemble pour renverser des tôles, sortir des gravats des victimes etc., l’homme sent qu’il existe au-delà de son individualité propre, qu’il existe dans le corps de l’humanité et dans le corps à corps avec la Terre. Alors seulement, dans un élan de compassion, il comprend le sens du mot solidarité, car jusque là, justement, il ne s’agissait que d’un mot flottant dans la rhétorique de l’actualité et de la politique. Quand on vit dans l’illusion, on ne sait plus ce que les mots veulent dire. On ne fait que jouer avec ou bavarder. Ce qui veut dire aussi vivre sa vie par inadvertance.

 


Là, au cœur de la catastrophe, se réveille une humanité, ou mieux, l'humanité en chacun est mise au pied du mur.

Si les catastrophes naturelles fascinent, ce n’est pas parce qu’elles sont spectaculaires, ni parce qu’elle nous mettent brutalement aux prises avec des forces gigantesques, c’est parce que nous sentons bien que dans ces moments là nous pourrons abandonner les petits intérêts de notre ego personnel pour respirer dans un souffle de vie plus grand et plus large, en communion avec toute l’humanité. Ce qui est notre aspiration la plus haute et la plus vraie, même si elle est aussi celle qui est la plus méconnue.

Ce qui est, de manière assez contradictoire, aussi une situation très périlleuse, parce qu’elle peut devenir une attente qui précisément appelle son propre danger. Nous sommes aujourd’hui dans une telle crise des valeurs, la frustration des hommes est telle qu’ils en viennent à penser que rien ne pourra changer de leur condition, que par une conflagration brutale. Et il faut prendre garde à ce fait que les pensées collectives attirent aussi en quelque sorte les événements.

 


C’est toute l’ambiguïté de la catastrophe naturelle : à la fois redoutée, mais aussi quelque part secrètement espérée. Et quand des millions d’hommes entretiennent inconsciemment le désir de la catastrophe naturelle : à la fois redoutée, mais aussi quelque part secrètement espérée. Et quand des millions d’hommes entretiennent inconsciemment le désir d’une calamité, il ne faut pas s’étonner qu’elle puisse finalement se produire.

Nous cherchons parfois l’éveil dans la tourmente de l’exceptionnel, au milieu de la folie et de la mort, parce que nous ne savons pas le trouver dans l’urgence et l’implication de chaque instant de la vie ordinaire.


C’est toute l’ambiguïté de la catastrophe naturelle : à la fois redoutée, mais aussi quelque part secrètement espérée. Et quand des millions d’hommes entretiennent inconsciemment le désir de la catastrophe naturelle : à la fois redoutée, mais aussi quelque part secrètement espérée. Et quand des millions d’hommes entretiennent inconsciemment le désir d’une calamité, il ne faut pas s’étonner qu’elle puisse finalement se produire. Nous cherchons parfois l’éveil dans la tourmente de l’exceptionnel, au milieu de la folie et de la mort, parce que nous ne savons pas le trouver dans l’urgence et l’implication de chaque instant de la vie ordinaire.

 

 


 

 


 

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