Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

L’importance des concepts individuels et la nécessité de toujours les prendre ensemble, ici la formulation la plus radicale serait vengeance/pardon.

La vengeance est une réaction émotionnelle qui consiste, à la suite d’une offense, à suivre la colère pour entrer dans le combat pour rendre le mal pour le mal.

Il y a même des traditions sordides dans certains pays : la mort a causé un membre de la famille et devra être rendue par un meurtre un jour où l’autre, même si c’est plusieurs générations après. 

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

Vengeance/pardon sont des réponses et ne peuvent pas apparaître à partir de rien.

Le pardon, à la suite d’une offense, consiste à renoncer à la réaction violente pour appliquer sur l’offense le baume de l'acceptation.

De la même manière, nous l’avons vu, une déception n’existe pas sans qu’en amont il y ait une attente. Au point de départ, il doit y avoir le couperet du jugement de reproche d’une morale grave.

L’accusation de faute que rien ne peut équilibrer engendre la rancune. La rancune maintenue dans la durée devient ressentiment. Le ressentiment en se manifestant produit l’explosion émotionnelle de la haine et la haine conduit tout droit à la vengeance. 

De manière caractéristique, nous disons dans le langage courant que nous pouvons fort bien une erreur, mais qu’il est plus difficile de pardonner une faute. 

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

Les conséquences d’une erreur peuvent être dramatiques, mais nous acceptons qu’il ait pu y avoir une inattention et que celui qui a commis l'erreur l’ait faite de bonne foi. Ce n’est pas du tout le cas avec la faute, car celle-ci par définition présuppose un devoir-être.

Le chauffeur de bus n’aurait jamais dû boire de l’alcool. Des enfants sont morts dans l’accident et pour leurs parents, cela peut être une faute impardonnable et la justice devra peser les torts. 

Celui qui se sent blessé, offensé, humilié, méprisé, dégradé, avili et traité en moins que rien est profondément atteint dans son amour propre et se sent réduit et diminué.

Le schéma conditionnel ordinaire de l’ego dans ce genre de circonstances consiste à réagir contre toute diminution pour sentir à nouveau sa puissance.

L’éclat de la vengeance a un grand pouvoir de séduction, car elle libère la volonté de puissance et procure une augmentation de la force en exprimant le ressentiment.

Dans l’instant, l’ego y parvient en libérant sur le moment un éclat de colère. Dans la durée, il distille de noires pensées pour former le projet d’une vengeance future.

La vengeance est nécessairement portée par le temps psychologique mis en place et entretenu par l’ego. Nous avons vu que l’ego a besoin de nourrir l'image du "moi" et il le fait en se racontant des histoires qui réassure son identité limitée.

Qui est purement mentale. 

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

Le "sens de l'honneur" relève de l'image du moi ?

La vengeance exige, pour que soit évitée l’action du temps sous la forme de l'oubli, que la mémoire soit constamment réaffirmée.

De manière caractéristique, l’ego va donc vivre avec une histoire qu’il se racontera en permanence, une histoire dans laquelle il a été blessé, offensé, humilié etc. voici dix, vingt, trente, quarante ans.

Le feu doit couver et ne pas s’éteindre, d’où la nécessité pour la pensée de verser constamment une onction d’huile, le fiel du ressentiment. Pour ne surtout pas oublier.

Pour ne surtout pas, au grand jamais, pardonner. Il ne peut s'autoriser à être un autre tant que l’affront n’aura pas été lavé. 

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.

Tôt ou tard la vengeance viendra et elle devra exprimer l’équivalent de la charge émotionnelle de la première blessure.

L’ego trouve dans ce processus une identité, une permanence, une définition. Il se sent toujours le « même » moi qui a été un jour humilié et c’est justement en cherchant à rester le même qu’il peut s’affirmer pour ne jamais pardonner.

Ce qui implique bien sûr une lutte constante pour maintenir le passé à l’identique contre toute velléité de changement, contre le changement lui-même.

 

L'homme de la Vengeance et des honneurs ne vit qu'au passé.

Son identité s'est pétrifiée dans le ressentiment

et son sens de l'honneur.

 

 

 

Possible ou impossible, le pardon nous tourne vers le passé. Il y a aussi de l'à-venir dans le pardon.
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article