Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Où est le temps pour la lecture et la recherche ?

Où est le temps pour apprendre à se documenter ?

Où est le temps pour la réflexion individuelle et collective ?

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Le temps, dit-on parfois, passe de plus en plus en vite… Et cette phrase nous « chiffonne ». Beaucoup.

Pourtant, cette impression de vitesse on la ressent. Comment le temps pourrait-il passer plus vite ? La terre aurait-elle accéléré le rythme de sa rotation ?

Non, bien sûr, il ne s’agit que de notre perception. Or notre vision, occidentale, linéaire, différente de celle, cyclique, des hindouistes et des bouddhistes, a considérablement changé au fil des siècles.

Nos vies, coincées entre le jour de notre naissance et celui de notre mort, sont-elles mêmes insérées dans un laps de temps qui va de la création à l’apocalypse.

Tout est bien délimité et comme nous sommes convaincus que cette éphémère période ne se reproduira plus - hypothèse d’école ! - nous accordons à notre vie une valeur inestimable.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Références orientales :

Les hindous pensent que le Véda est éternel et singulier. Les premiers textes furent écrits vers 1500 avant J.C. en enseignant que l’univers est éternellement soumis à des cycles alternant les périodes de destruction et de renaissance. L’être humain, assuré de se réincarner (?), essaie de faire de son mieux pour revenir sous la forme la plus avantageuse possible et n’accorde pas à sa vie le même attachement exacerbé que l’occidental chrétien ou non, porte à la sienne.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Bref, notre vie à laquelle nous tenons tant, elle s’écoule de jour en jour, sans espoir de retour et à un rythme qui semble trop souvent s’emballer en une valse endiablée et incontrôlable.

On peut imaginer que c’est précisément parce que nous, les humains, nous sommes acharnés à le contrôler, que le temps farceur, nous échappe de plus en plus.

Fragmentée en une kyrielle de petits moments successifs notre existence perd de sa continuité, n’est plus un flux paisible mais une interminable succession de moments collés les uns aux autres.

Nos journées sont ponctuées par des impératifs horaires continuels et nous avons quasiment en permanence devant les yeux l’indication de l’heure : horloge, montres, ordinateurs, panneaux d’affichage, téléphones portables avec lesquels nous pouvons de surcroît joindre nos proches 24 heures sur 24 ce qui provoque chez nous une gamme étendue d’émotions désagréables, allant de l’agacement à la panique si ceux-ci ne réagissent pas immédiatement à notre appel.
 

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

La mesure obsessionnelle du temps qui passe

L’heure est partout, impossible d’y échapper.
Elle nous poursuit, nous traque et nous stress sans cesse.
Elle nous tient en esclavage.

La vitesse fait l’objet d’un véritable et absurde culte, ne va-t-on pas jusqu’à mesurer les exploits des sportifs en dixièmes de secondes !

Mais qu’est-donc qu’un dixième de seconde dans une vie qui peut en compter 2 208 984 820 entières ?

Cet insensé engouement du toujours plus vite se retrouve dans une infinité d’autres domaines dont bien sûr le travail.
L’être humain doit être rapide, efficace, performant, malléable et corvéable à merci.

Il est prié de ne pas plus s’appesantir sur son passé que sur son futur. Ancré dans l’immédiateté on en oublie, ou plutôt on ne lui en laisse pas le temps, de regarder autour de lui.

Par leur rapidité, les avalanches d’images d’actualités à laquelle nous sommes continuellement soumis ne nous permettent pas le moindre recul indispensable à l’analyse.

Nous subissons, inertes et dépassés, les pires scènes d’horreur et d’incivilité, n’en retenant qu’une émotion superficielle, souvent oubliée mais qui fragilise chaque jour un peu plus notre raison.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Coupés de la nature et de ses rythmes nous n’hésitons pas à nous lamenter quand il neige en janvier ou quand il fait chaud en août.

Incapables d’attendre que la terre nous offre les fruits et les légumes de saison nous exigeons des tomates en hiver, sans nous ne soucier ni de la façon dont elles seront cultivées ni de la longueur du parcours qu’elles devront parcourir pour parvenir dans notre cuisine.

Terrorisés à l’idée de perdre un temps dont nous avons de toute façon perdu le sens nous empruntons pour nous déplacer, même pour nos loisirs, les moyens les plus rapides.

Pourtant non seulement on peut très bien vivre sans, mais l’éliminer de notre mode de vie pourrait justement contribuer à la sauver, la vie, la nôtre, celle que nous ne voyons plus passer, celle qui galope et nous emporte…

A l’aube des grands changements que l’humanité devra accomplir pour continuer à exister sur la planète, je crois que nous devons impérativement réapprendre à vivre différemment, en suivant les rythmes naturels des saisons, des cultures.

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.

Nous libérer du temps...

Il n’y a pas d’enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité.

La patience vient à bout de tout. Elle use les cœurs et les volontés, plus sûrement que l’eau et la pierre.

« Si le temps présent est semblable à la boule d’argile, le temps passé est à la poussière de la terre, et le temps futur est à la cruche. »

J’essaie, quant à moi de battre mes records d’apnée ! Je ne sais rien de l’avenir, ni du mien, ni du vôtre.

Ce que je sais, c’est qu’il nous est, à tous et tout de même arrivés à nous dire « je t’aime ».

... L’amour est un terme qui ne devrait jamais s’effacer au motif qu’on le prononce trop de fois !

Au contraire !

La vie humaine se compose de deux parties : on tue le temps, le temps vous tue.
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article