Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
ANDREBIO

05/02/2016 15:46

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Patrick Drahi est l'une des principales fortunes de la high-tech française. Parti de rien, il a bâti en toute discrétion un empire réalisant 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Numéricâble était fin 2014 sous le feu des projecteurs en raison de sa prochaine cotation. Mais son homme fort, Patrick Drahi, n’est plus dans l'ombre.
Le jeudi 19 septembre 2014, il n'était présent ni lors de la conférence de presse, ni lors de la présentation aux analystes. Son nom n'apparaît que deux fois, pour indiquer qu'il a fondé Numéricâble, et qu'il en est l'actionnaire indirect, via sa holding Altice. 

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ? Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ? Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Patrick Drahi, 50 ans, est un homme discret et un millionnaire très discret. Aucune notice biographique aux annuaires professionnels et financiers ou sur le site de ses sociétés. A peu près rien dans la presse, aucun titre opérationnel dans les multiples câblo-opérateurs qu'il possède, aucun mandat social non plus. En outre il ne fait pas partie du conseil d'administration de Numéricâble !

Les comptes indiquent que Numericable rémunère Altice pour des prestations de « conseil »  dans beaucoup d’activités (gestion, marketing, communication, technologie), et verse aussi à Altice des managements fees.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Ceux qui l'ont fréquenté décrivent un homme sympathique et brillant, estimé comme un grand génie de la finance. Quand il lit un bilan comptable, il voit instantanément ce qui cloche.
Parti de rien, il a construit donc (ou encore plus ?!!!) un empire réalisant deux milliards d'euros de chiffre d'affaires. Peu d’industriel et patrons ne peuvent en dire autant !!!
Néanmoins sa fortune est difficile à estimer, car on ne sait pas quelle est la part du capital qu'il détient lui-même dans ses multiples sociétés. Il serait ainsi actionnaire à 5% ou 6% de Numericable (affirme Challenges) qui, selon les années, a estimé sa fortune entre 65 et 900 millions d'euros.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Au milieu des fils de bonne famille

Ceux qui ont travaillé avec cette personnalité seule lui reconnaissent aussi une rage de réussite peu commune. D'où vient-elle ? « Cela doit dater de sa jeunesse, lors de son passage à Polytechnique, où ce natif de Casablanca s'est retrouvé au milieu de fils de bonne famille », suppose un témoin.
Diplômé de l'X en 1983, puis de Télécom Paris, il travaille ensuite cinq ans chez Philips sur les récepteurs satellite, puis dans le groupe suédois Kinnevik. Aussi un bref passage chez France Télécom.

La volonté de créer son entreprise est permanente. En 1993, il crée un cabinet de conseil baptisé CMA (Communications Media Associates). Puis il décide de se lancer dans le câble. Il racontait qu'il avait regardé le classement des fortunes de Forbes, et avait jeté son dévolu sur le secteur où il y avait le plus de millionnaires.
En 1994, il crée Sud Cablevision (bientôt rebaptisé SudCâble Services), un câblo-opérateur à Cavaillon, et convainc d'y investir Intercomm, câblo-opérateur américain appartenant à la famille Rifkin. Il racontait à l'époque que le réseau câblé permettrait de créer une bourse électronique du melon, et donc d'en vendre à l'étranger, sourit un ancien collaborateur.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Cinq rachats en moins d'un an

Patrick Drahi quitte SudCâble Services mi-1999. Mais entretemps, il a crée en 1995 son second « câblo », Mediaréseaux, qui raccorde Marne-la-Vallée. Il convainc UPC, un autre géant américain du câble, d'y investir. Il conserve 0,4% du capital, plus des warrants pour monter à 5%, une participation qu'UPC a promis de lui racheter.
Mi-août 1999, UPC lui confie la responsabilité de ses activités pour l'Europe occidentale et méridionale, un poste domicilié à Genève. Patrick Drahi s'installe alors à Cologny près de Genève.
Très riche, UPC avale des câblo-opérateurs à tour de bras. En France, il dépense sous la houlette de Patrick Drahi 330 millions d'euros (plus 100 millions d'euros de reprise de dettes) pour en racheter cinq en moins d'un an (RCF, Time Warner Cable, Rhône Vision Câble, Videopole, Intercomm France), et se hisser au rang de quatrième « câblo » français.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

En 2000, Patrick Drahi rencontre un autre succès. Le régulateur lui accorde une des deux fréquences nationales de boucle locale radio (une technologie de haut débit sans fil), au nez à la barbe de tout le gratin français des télécoms qui était aussi en lice.
Pour y arriver, Patrick Drahi avait trouvé deux alliés de poids : NRJ et Wendel, alors dirigé par Ernest-Antoine Seillière. Ce trio avait promis d'investir 2,7 milliards d'euros pour créer "le quatrième opérateur télécoms français". Le montant est jugé peu crédible, mais permet au trio de l'emporter, car les fréquences sont attribuées en fonction des investissements promis... Une fois la victoire emportée, le trio forme un nouvel opérateur, baptisé Fortel, dont Patrick Drahi est président du directoire.

Période délicate !

Toutefois, cette belle époque touche à sa fin. Au printemps 2000, la bulle internet explose. Les télécoms et le câble rentrent dans une longue période glaciaire. Début 2001, UPC jette l'éponge dans la boucle locale radio.

Fortel doit être revendu à la casse, et ne construira jamais le réseau promis. En janvier 2002, UPC cesse de payer ses créanciers, puis se met en faillite en septembre 2002.

De tout ceci, Patrick Drahi ne se soucie guère. En effet, il a revendu à temps ses 5% dans UPC France, apparemment en 2000. Le montant du chèque n'a pas été connu. Mais on sait que début 2000, lors du rachat d'Intercomm France, et UC était valorisé pour 800 millions d’euros !

Fortel doit être revendu à la casse, et ne construira jamais le réseau promis. En janvier 2002, UPC cesse de payer ses créanciers, puis se met en faillite en septembre 2002.

De tout ceci, Patrick Drahi ne se soucie guère. En effet, il a revendu à temps ses 5% dans UPC France, apparemment en 2000. Le montant du chèque n'a pas été connu. Mais on sait que début 2000, lors du rachat d'Intercomm France, et UC était valorisé pour 800 millions d’euros !

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Patrick Drahi quitte UPC peu après. En mai 2001, il crée sa propre société, Altice.

En moins de quatre ans, Patrick Drahi rachète 99% du câble français: Numericable, Noos, France Télécom Câble, TDF Câble et UPC France. "C'était le seul à croire au câble quand personne n'y croyait plus", résume un ancien salarié. L'addition se monte à environ 2 milliards d'euros (hors reprise de dettes). Patrick Drahi vient se faire épauler par deux fonds: le britannique Cinven puis l'américain Carlyle.

En 2002, il rachète un premier câblo-opérateur, l'alsacien Est Vidéocommunication. L'opération passe inaperçue, mais elle marque le coup d'envoi de la consolidation du câble en France.

Lorsque, début 2008, Carlyle prend 38% du capital de l'ensemble, c'est le jackpot. Altice et Cinven reçoivent un milliard d'euros, de quoi rembourser leur mise de départ. Avec environ un tiers du capital, Altice aurait touché près de 300 millions d'euros.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Le roi du câble

Patrick Drahi est devenu le roi du câble français, mais le plus dur l'attend. En effet, il a hérité d'un patchwork de réseaux hétérogènes où tout est différent: la technologie, les offres, le logiciel de facturation...
Commence alors un colossal travail d'intégration, qui épuisera quatre directeurs généraux en deux ans... Surtout, la qualité du service en pâtit. Les clients furieux vont se plaindre en boutique, et des vigiles doivent alors être embauchés pour protéger les vendeurs...

Le taux de désabonnement grimpe jusqu'à 30% des clients par an -il est redescendu depuis à 18%. Finalement, en 2007, la marque Noos, trop « abîmée » est abandonnée, pour conserver uniquement Numericable.

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Nouvelle vie en Israël

Patrick Drahi est déjà passé à l'étape suivante. Il se lance dans le rachat de câblo-opérateurs hors de France: au Portugal, au Bénélux, en Afrique de l’Est, et surtout en Israël, où il rachète le câblo-opérateur Hot puis l'opérateur mobile Mirs.

Selon la presse locale, il s’installe à Tel Aviv et prend la nationalité israélienne - la législation l'impose à tout actionnaire détenant plus de 20% d'un opérateur. Il déclare assure vouloir  investir en Israël parce qu'il est sioniste.
Parallèlement, il se lance dans les contenus. En 2007, il crée un autre fonds, Altice IV, détenu par la société panaméenne Jenville SA. Ce fonds prend des participations dans plusieurs chaînes thématiques: Ma Chaîne Sport, Vivolta, Shorts TV et Newslux. Cette dernière société, immatriculée au Luxembourg, édite la chaîne d'information en continu i24news, qui a pour objectif déclaré d'améliorer l'image d'Israël.

 

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Le quotidien Libération a été racheté par le milliardaire franco-israélien Patrick Drahi et il  a aussi la main sur les magazines les plus importants du groupe Roularta en France : L’Express, L’Expansion, Studio Ciné live, Lire, Mieux vivre votre argent, Classico …

Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?
Patrick Drahi, l'homme qui se cache derrière Numéricable, SFR et ceatera ?

Patrick Drahi est désormais à la tête du troisième plus important groupe de presse de France, après celui qui regroupe le groupe Le Monde et L’Obs sous la férule de Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Xavier Niel, et bien sûr Dassault, propriétaire du groupe Figaro.

C’est encore lui qui détient Virgin Mobile. C’est aussi lui qui possède Portugal Telecom.

Patrick Drahi est considéré comme la 12ème fortune de France et la 106ème fortune mondiale. Il vit officiellement à Genève.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article